ACTE V, SCÈNE VU
singulièrement manque de jugement pour le choix de l'auberge. — Tu dois être écrasée de fatigue et mourir de faim, pauvre enfant!... puis, il fautque nous changions de costume, nous ne passerons pas toujours par des montagnes nues et des landes désertes, et si nous ne voulons pas être reconnus ou arrêtés, il faut changer ces habits religieux contre d'autres, quels qu'ils soient. Ce diable de château n'a l'air d'être habité que par les chouettes et les orfraies!... Holà ! quelqu'un! Il y a un trèsbel écho, mais voilà tout... Ecuyers!.... camérières!... Personne... Allons, décidément, je crois que le mieux est de remonter sur le dos d'Ali, et de chercher quelque autre gîte.
MARTHE, étendant la main.
Attendez !
{Des femmes entrent par la porte à droite, et des valets par la porte à gauche. )
DON JCAN.
Ah ! il paraît que vous avez tout pouvoir en ces lieux, ma belle châtelaine?
MARTHE
C'est un vieux manoir de famille qui appartenait à ma sœur Inès.
DON JL'AN.
Charmante propriété ! et dont le châtelain actuel me parait faire les honneurs avec une merveilleuse courtoisie.
MARTHE
Don Juan, vous pouvez suivre ces écuyers avec
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la même confiance que je vais suivre ces femmes ; vous me retrouverez ici.
DON JUAIV.
Vous me le promettez, Marthe ?...
Je vijus le jure.
DON JCAN, s' éloignant, à gauche , avec les écuyers.
Allons, mes maîtres!.... à moi vos plus riches et vos plus élégants habits!
MARTHE, s'éloignant, à droite, avec les femmes.
Allons, mes sœurs à moi la plus simple et la
dernière parure !
( Tandis que don Juan sort d'un côté et Marthe de
l'autre, le mauvais Ange sort lentement de terre,
au milieu du théâtre. )