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SCENE VIII

LE MAUVAIS ANGE, setd.

Va vêtir tes habits de fête,

Et toi ton funèbre linceul ;

Mais, à voire hymen qui s'apprête.

Je ne dois pas assister seul !

Il vous faut de joyeux convives,

II vous faut des lumières vives :

Allumez- vous donc, feux d'enfer ! . . .

Et vous, morts, reprenez la vie

Qui vous fut lâchement ravie.

Par l'eau, le poison, ou le fer.

Mais laissez, dans vos tombes vides, Vos suaires aux plis mouvants, Et couvrez vos membres livides Delà parure des vivants; Faites briller à vos fronts pâles.

Depuis la couronne d'opale, Jusqu'à la couronne de fleurs :

Et, noble dame ou bachelette.

Couvrez vos faces de squelette De masques joyeux et menteurs.

Satan permet que, pour une heure, Vos fantômes peuplent la nuit.

Et que cette sombre demeure S'emplisse de joie et de bruit.

DON JUAN Dr. 1l/'.^/»^'^. IG

186 UON JCAIV DE M\RA!NA.

Sa voix vous parle par ma bouche :

Levez-vous de la froide couche Où le ver du cercueil vous mord.

Et le cœur éteint, l'œil atone, . Venez, pâles feuilles d'automne Que roule le vent de la mort.

( A ce dernier vers les fantômes apparaissent lentement par les deux corridors latéraux , dont les grilles s'ouvrent toutes seules, et par la porte du fond; puis lorsqu'ils se sont joints sur le devant de la scène, don Juan sort de la porte par laquelle il était entré. Il est magnifiquement habillé.)

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