SCÈNE xiir
LÉO\
Et vous l'adoptez?
M. DE VERTPRÉ
Je ne l'adoplc pas.
LÉON
Monsieur!...
M. DE VERTPRÉ
Écoutez : que voulons-nous tous les deux? Réussir, n'est-ce pas? Eh bien! si l'un de nous deux
peut arriver à son but sans tuer l'autre Il me
semble qu'être éconduit et recevoir un coup d'épée par-dessus le marché, ce serait du luxe.
LÉON
Ainsi, nous allons, chacun de notre côté?...
ÎI.
DE VERTPRÉ
Faisons mieux.
LÉON
J'écoute.
DE VERTPRÉ
Une proposition.
LÉON
Dites, dites.
M. DE VERTPRÉ
Que celui de nous deux qui est le moins avancé dans les bonnes grâces de madame de Vertpré... C'est de madame de Vertpré que vous êtes amoureux, n'est-ce pas?...
LÉON
Oui. monsieur !
M. DE VERTPRÉ
Très-bien! très-bien!... que le moins avance, dis-je... cède la place à l'autre.
LÉOIV.
Mais qui fera foi ?
M. DE VERTPRÉ
Vous êtes homme d'honneur, je m'en rapporte à votre parole.
LÉON
Je vous remercie de votre conGance; mais j'avoue...
M. DE VERTPRÉ
Que vous ne m'accordez pas la vôtre. Soit. Je donnerai des preuves, moi.
LÉON
Pardicu ! c'est trop fort.
M. DE VERTPRÉ
Acceptez-vous?
LÉON
J'accepte.
M. DE VERTPRÉ
Et vous me direz tout ?
LÉON, tendant la main.
Parole d'honneur.
M. DE VERTPRÉ, lui donnant une poignée de main. Allons, dites, et dites tout,
LÉON, à part.
Voilà un monsieur passablement fat !
M. DE VERTPRÉ
Eh bien ?