ACTE V, SCÈNE III. loi
toute notre vie... Puis, qui sait? par pitié peut-être jettera-t-oii nos corps dans le même tombeau.
ADÈLE
Oh oui! cette mort avec toi, l'éternité dans tes bras.... Oh! ce serait le ciel, si ma mémoire pouvait mourir avec moi... Mais, comprends-tu, Antony?... cette mémoire, elle restera vivante aux cœurs de tous ceux qui nous ont connus... on demandera compte à ma fille ce ma vie et de ma mort... On lui dira : Ta mère... elle a cru qu'un nom taché se lavait avec du sang... enfant, ta mère s'est trompée, son nom est à jamais déshonoré, flétri! et toi , toi... tu portes le nom de ta mère... On lui dira : elle a cru fuir la honte en
mourant et elle est morte dans les bras de
l'homme à qui elle devait sa honte ; et, si elle veut nier, on lèvera la pierre de notre tombeau, et l'on dira : Regarde... les voilà !
ANTONY
Oh ! nous sommes donc maudits ! ni vivre ni mourir enfin !
ADÈLE
Oui... oui, je dois mourir seule... tu le vois, tu me perds ici sans espoir de me sauver... tu ne peux plus qu'une chose pour moi... va-t'en, au nom du ciel, va-t'en !
AMONY.
M'en aller... le quitter... quand il va venir, lui... T'avoir reprise et te reperdre... enfer!... et s'il ne te tuait pas?... s'il te pardonnait?... Avoir commis
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pour te posséder... rapt, violence et adultère, et pour te conserver, hésiter devant un nouveau crime... perdre mon âme pour si peu, Satan en rirait; tu es folle... non... non, tu es à moi comme l'homme est au malheur... — {La prenant dans ses bras.) Il faut que tu vives pour moi. ..je t'emporte... malheur à qui m'arrête ! . . .
Oh! oh!
ANTOIVY.
Cris et pleurs... qu'importe?...
ADÈLE
Ma fille ! ma fille !