ACTE I, SCÈNE I. la
Lorsque la femme éprouve un sentiment vainqueur,
Elle aime, elle!... avec tous les délires du cœur;
Celui qui de son sein souffle la flamme ardente.
Ce n'est plus un enfant de la terre...; imprudente,
Elle en fait un héros, un ange, un immortel,
Et l'adore à genoux comme un Dieu sur l'autel!...
Mais vous, qui, pour tromper, avez reçu deux âmes,
Salamandres d'amour qui vivez dans les flammes,
Et dont le cœur, du feu dont il est animé
Brûlant incessamment, n'est jamais consumé;
Oh! comment voulez-vous que nous, femmes chétives,
Pliant au moindre choc comme un roseau des rives,
Lorsque passe sur lui le souffle souverain ,
Nous luttions avec vous, hommes au cœur d'airain !
Il faut donc, me traitant comme on traite une femme,
Avoir pitié de moi.
C'est convenu, madame.
Qu'on soit pauvre à jamais, ou riche quelque jour. On n'aura de regards que pour vous, mon amour. Au revoir...
{Il r embrasse.) FRANCESCA, le reconduisant jusqu'à l'escalier.
A bientôt...
{Fasio descend, Francesca le suit des yeux.)