SCÈNE PREMIÈRE
FASIO, seul, poussant une porte latérale, à droite, peinte comme le mur dans lequel elle est cachée. Il tient une torche à la main, et examine la serrure que le plâtre enlevé par l'explosion a découverte.
Oui, la commotion a retenti si forte Qu'elle a de mon côté démasqué cette porte. Sans doute qu'autrefois un seul maître creusa Ce souterrain qu'ensuite un autre divisa; Puis, un jour, supprimant cette commune entrée, Par un troisième enfin la porte fut murée.
ÔO l'alchimiste.
Et, de ce moment-là jusqu'à cette heure-ci, Resta pour tous les yeux masquée et close aiusi. Oh ! de quelles terreurs il eût été la proie, Si notre vieux voisin eût connu cette voie, Et s'il eût su qu'un jour un coup inattendu Devait me révéler ce passage perdu!
Je suis pour une fois curieux, sur mou âme. D'entrer secrètement dans ce repaire infâme. Où, filtrant goutte à goutte et se changeant en or. Les pleurs de l'indigent font au riche un trésor; Où chaque objet divers accuse, en son langage, L'antre de l'usurier et du prêteur sur gage. Ici vient la noblesse, ainsi qu'en ses tombeaux. De sa splendeur éteinte enterrer les lambeaux. Voici de vieux portraits et de nobles armures, Des instruments plaintifs dont les tristes murmures S'éveillent chaque fois que la porte en grinçant Donne passage au maître avare qui descend. Comme une ombre vouée à ces voûtes funèbres, Compter furtivement son or dans les ténèbres. .\u reste, pour la chose on a choisi le lieu; Le sanctuaire en tout est digne de son dieu ! C'est un cercle qui mène à l'infernal empire, Et l'air qu'en haletant la poitrine y respire Semble cet air que Dante, au séjour des tourments. Trouva plein de sanglots et de gémissements. Pourquoi, dans certains lieux, les mauvaises pensées Viennent-elles au cœur se heurter plus pressées Qu'au voyageur perdu dans un sombre réduit Ne viennent se heurter les oiseaux de la nuit?
{Il écoute.) Pourquoi dans ces caveaux est-ce que je frissonne ? N'ai-je point entendu...? non, ce n'était personne;