‹ DramesChapitre 92 sur 308 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

F kSlO, caché, GRUlkLBl, fermant sa cachette,hÉllO, ouvrant doucement la porte du fond.

Commençons tout d'abord par fermer cette porte. Bon ! le chêne est épais et la serrure est forte.

FAsio, l'apercevant.

Que va-t-il se passer? j'ai le cœur plein d'effroi !

LÉLio, de la porte.

Ne vous dérangez pas, mou cher oncle ; c'est moi.

GRI51ALDI, se retournant avec effroi.

Malheureux ! malheureux! ici que viens-tu faire?

LÉLIO

Mon Dieu, n'ayez pas peur, je viens parler d'affaire !

GRIMALDI

Remontons alors !

LÉLio, le retenant.

Point!... Nous sommes bien ici!...

GRIMALDI

Que veux-tu donc alors? parle vite.

LÉLIO

Voici !

Mon oncle, vous avez été jeune peut-être?

GRIMALDI

Jamais! monsieur, jamais!

LÉLIO

Ah ! vous auriez pu l'être !

Pardon, si mon erreur vous a désobligé ;

AO l'alchimiste.

Mais je suis jeune, moi, c'est un mallieur que j'ai. Or, quoique l'ignorant par votre expérience , Mon oncle, vous savez, tout au moins par science. Que cet âge qu'il faut, las! que nous subissions! Est pour nous malheureux celui des passions! Donc en ces passions aux chances hasardeuses. J'ai choisi, par bonheur pour moi, les plus coûteuses! Les femmes et le jeu!... Si bien. Dieu soit loué, Que j'ai, depuis un mois, tant aimé, tant joué, Tant rencontré de cœurs et de tapis avides. Que de nos usuriers tous les coffres sont vides. Et qu'il faut bien enfin que je m'adresse à vous. Mon oncle, le plus riche et le plus dur de tous! Car vous êtes le seul, voyez la préférence ! Qui ne m'ayez jamais rien prêté dans Florence! Exécutez-vous donc, mon oncle, noblement; Il faut que toute chose ait son commencement.

GRIMALDI

Malheureux! peux-tu bien me parler de la sorte?

LÉLIO

D'autant plus que vraiment la somme n'est pas forte ! Et que pour m'obliger en ce douloureux cas, Je vous en tiendrai quitte avec mille ducats.

GRIMALDI

Où veux-tu que je prenne une pareille somme?

LÉLIO

Tenez, mon oncle, au fond, vous êtes un brave homme

GRIMALDI

Jamais je n'eus tant d'or en mes mains, je te dis!

LÉLIO

Écoutez! je paierai les intérêts à dix!

GRIMALDI

Mais, hélas! je suis pauvre.

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