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sage, reprit le père Gabriel Ds. d'ici lors, les chemins vont se restau- LE SPP T
—Combien demandez-vous pour le trajet ? reprit Mathilde...
—Ah ben ! voyez-vous, la saison est avancée ; il va falloir passer par le Sud, peut-être en plein lac, car je n'aime pas la traversée de Berthier à Sorel, et ia débâcle !...….. La débâcle, ajouta ‘le bonhouwnme, d'un air inquiet et convaincu, vous savez, il ne faut pas s’y frotter .....…., ‘
Il ajouta : Elle est terrible, à Sorel, la débâche du Richelieu, suivie de celle du St-Laurent, et si vous restez quelques jours là, vous en serez, j'cré ben, témoin et c’est affreux pour ces pauvres gens-là... H allait encore continuer son verbiage lorsque Mathilde le rappela au positif... Bref, le père convint de quatre louis, bonne voiture couverte, bonnes robes... deux chevaux en tandem, s’il vous plait, et les deux meilleurs de son écurie, sous la garde de son meilleur homme, son gendre, par dessus le marché... Ces conventions faites, on convint, à la grande satisfaction de Sophie, qu'on ne partirait que le surlendemain après déjeûner, vers dix heures, avec la presque certitude d'arriver comme le disait le père Gabriel D au fort de Sorel, avant la brunante, car ce bourg ne portait pas alors le titre pompeux de la cité de Sorel, mais était désigné et connu sous celui plus loyal de William Henry. Et cela, sans doute, pour l2 bonheur ainsi accompli des royalistes du temps qui habitaient alors ce pittoresque endroit que le Duc de Kent, le père de Notre Gracieuse Souveraine, n'avait pas dédaigné, les ruines de sa résidence champêtre existant encore, sur les bords du Richelieu, à quelques pas de l'endroit où sont aujourd’hui construites les bâtisses de l’Aqueduc.
Tel qe convenu, entre nos personnages, le jeudi, 1er avril 188... par un soleil radieux, une bonne gelée rendant le chemin avantageux et le trajet agréable, nos héroïnes partirent, et après de sincères et réciproques adieux à la sympathique Mile Sophie et accompagnées des souhaits d’un bon voyage de la part du père Gabriel D... s'appliquant surtout à l’attelage et à son gendre qui en avait la garde (charité bien ordonnée commençant par soi-même, existant de toute éternité en ce bas monde), le fouet aidant, les deux vigoureux chevaux enlevèrent d’un trait la carriole couverte avec l’ênorme bagage de ces dames, fort bien attaché par de solides courroies en arrière, que suivit l’œil intéressé du père Gabriel D... aussi longtemps qu’il put entendre le gai son des énormes grelots dont le concert bruyant. avait on l’aurait dit, encore plus que le claquement du fouet, l'effet d’exciter l'allure des chevaux, solidement attelés en fandem - L'extra du père Gabriel D... ainsi qu’on appelait alors les voitures de relai, autres que la diligence de Sa Majesté, filait bon train sur la glace vive du St-Laurent, le conducteur ayant l'intention de passer en plein
lac, lorsque arrivé à la traverse du pont St-François, ne voyant plus de
balises indiquant le chemin régulier nulle part, il prit ia sage résolution de passer par Nicolet et d'arriver ainsi au fort de Sorel, sans autre risque que celui de la traverse en bac des petites rivières, ce qui se fit heureusement, au seul inconvénient de dételer les chevaux pour effectuer les passages.
Au village sauvage, arjourd’hui la florissante paroisse de St-Thomas
de Pier-eville, de laquelle s’est même détachée une nouvelle paroisse, Stposèrent pendant que les chevaux
Elphège, on fit relâche. Ces dames ce re dévoraient leur gallon d’avoine. 2 Après en avoir conféré avec Mathilde, particulièrement, et s’être en-
ro PAC,
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minuit continuer l'œuvre de la vieille ménagère. On fit ensuite la si
quis d'un vieil Abénaquis, 1l fut résolu qu’on abrégerait la distance en traversant en plein milieu de la Baie Lavallière, le danger étant comparaane nul à celui que le père Gabriel avait prévu en passant en plein ac.
Lorequ’on laissa le village Sauvage, le soleil avait disparu et le crépuscule s'annonçait lentement. Mais l'obscurité n'était pas à redouter, car la pleine lune apparaissait déjà ronde et blanche à l’horison pour jeter sa pleine lumière juste au moment où .la carriole prenait la route conduisant à la Baïe de la Vallière. Peu après, le ciel étoilé étincelait comme chargé de diamants. (C'est ainsi que, grand train, nos voyageuses étaient agréablement sonduites, passant au milier les toujours coquettes, même en hiver, Isles de Sorel, encore si bien appreciées des sportsmen et qui devaient être, plus tard, le théâtre de l’un des drames que nous aurons à ra-
conter.
Il était près de neuf heures du soir, lorsque nos voyageuses arrivèrent saines et sauves, au fort de Sorel où elles mirent pied à terre au Presbytère, le gendre du père Gabriel D . les ayant poliment remerciées en recevant les £4 de Mathilde et leur ayant annoncé qu’il partirait au petit jour, le lendemain matin.
En enterndant le bruit des grelots et, peu après, les t. is coups de rigueur du marteau en cuivre à la porte principale du presbytère, une ancienne maison en pierre, dont le corps principal existe encore, bien que perdu dans les améliorations indispensables qu'on y a faites depuis ; en entendant, avons-nous dit, le bruit inusité et le choc des valises déposées sur le perron, le Rév. M. K...…. alors curé du bourg de William Henry, ne se rendit, pas bien compte des visiteurs qui lui arrivaient à cette heure tardive de la journée.
It s'empressa, toutefois, de prendre une des deux bougies sur sa table de travail et d’auvrir la porte.
Quelle ne fut pas sa surprise de voir deux femmes entrer sans cérémonie, et de reconnaître Julie ! et Mathilde /—Arriver ainsi sans me prévenir, s'exclama le vieillard, en tendant ses deux mains à Julie, mais pour toute réponse, Julie lui passa ses deux bras autour du cou, d'un mouvement gracieux, puis ses deux petites mains en plein visage, le tout accom-
. pagné de deux ba sers retentissants, sur chacune des joues, comme le
ferait un enfant sautant au cou de son père, ce dont le vénérable prêtre parut ravi, tant il est vrai de dire que les effusions de la jeunesse sont angéliques ! La réception faite à Mathilde, bien que plus réservée, fut aussi cordiale. :
La vieille servante du curé apparut alors, mais comme elle connaissait
ces dames, elle gronda mains fort, en vue des nombreux préparatifs pour leur réception.
Orgueil légitime dont tous ceux qui profitent de nos bonnes ménagères, canadiennes ne se plaindront pas !|
La bonne femme conduisit ces dames à leur chambre et descendit précipitamment pour, au moins, marmottait-elle, préparer quelques chose de suite et quelqu'autre chose, en temps pour le réveillon, lequel, consta:
- tons-le pour l’acquit de la conscience de tous les intéressés, ne laissa rien
à désirer, les presbytères, en tous temps et et tous lieux, étant, d’ailleurs, des maisons hospitalières Un excellent bouillon à la reine qu’on ne goûte plus hélas ! comme beaucoup de bonnes choses du passé. étant venu vers