‹ Drames et fantaisiesChapitre 28 sur 56 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LES MÊMES, excepté RATCLIFF et LESLEY.

ROBIN

Goddam! celui-là est ivre, s’il n’est fou.

DICK

Il a toujours été ainsi, je l’ai connu à Londres. Je

le voyais à la taverne Rascal. Il passait souvent de longues heures, le front contracté, assis dans un coin de la salle, et restait là, immobile et muet, regardant la lumière d’un œil fixe. Quelquefois il prenait place au milieu de nous, tout joyeux, et, se mettant à rire, — seulement il riait trop fort, — il racontait des bouffonneries, — seulement des bouffonneries trop lugubres, — et il était joyeux, et il riait aux éclats... Mais tout à coup un mouvement de diabolique ironie tordait sa lèvre supérieure, un cri de douleur sifflait du fond de sa poitrine, il bondissait avec rage, en criant : Jean, mon cheval! Puis, il s’en allait au diable et ne revenait qu’au bout de plusieurs mois. C’est en Écosse, dit-on, qu’il s’en allait de la sorte, galopant jour et nuit.

WILLIAM BATCLIFF

ROBIN

Oh ! cet homme-là est malade.

DICK

Qu’est-ce que cela me fait? Portez-vous bien.

Il sort.

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