‹ Drames françaisChapitre 10 sur 137 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Les Mêmes, moins CHRAMNE

REMI Oui, la réponse est là ; la réponse vivante. Dans les nuits de tempête et les soirs d'épouvante, Quand, auvent de l'erreur, pâliront les flambeaux, "Quand les cœurs déchirés, la patrie en lambeaux, Iront cherchant en vain des sauveurs et des guides, Quand la peur courbera tous les fronts intrépides, Et que les voix, parlant pour le Verbe divin, Se tairont, ou plutôt retentiront en vain, Comme en un camp désert crierait la sentinelle, Venez, là, demander la réponse éternelle.

C'est là, race des Francs, que ton sort est écrit : Tu pars de là, portant le sceau de Jésus-Christ ; Et pour te retrouver, unie, heureuse, entière, C'est là ton rendez-vous, ta borne milliaire.

Plus tard, quand des savants rédigeront tes lois, Quand des historiens conteront tes exploits, A la première page, et pour premier chapitre, Ils ne mettront qu'un mot, ils n'écriront qu'un titre,

Le seul digne de toi, le seul qui soit le tien : Baptême ! Car les Francs sont le peuple chrétien.

Si des peuples rivaux, jaloux de tes victoires, Montrent, pour t'éblouir, leurs vastes territoires, Disant : « A nous les monts, à nous les océans, Tout un monde enlacé dans nos bras de géants ; Notre empire est sans fin, notre richesse immense.... » Toi, montre Reims, et dis : « C'est là que je commence ! » {Un temps. — Chramne rentre, la foule s'écarte devant lui.)

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