SCÈNE XI HECTOR, l'abbé QUEYRIAUX, puis DESSENNE
hector, à l'abbé.
Et vous...
l'abbé
Je sais tout ; j'ai compris.
Vous voudriez revoir vos compagnons proscrits ; Dire un adieu suprême à ces nobles victimes, Et mêler à leur sang des pleurs trop légitimes.
HECTOR
Oui, père, tout cela ; mais plus encor.
l'abbé
Comment?
Plus que cela?... mourir?
HECTOR
Je le dois. Un serment...
dessenne, entrant brusquement, porte à droite. Vicomte, il est trop tard. S'il faut qu'on vous l'apprenne,
Le sang de vos héros a rougi la Garenne,
Et de son grand sommeil Sombreuil s'est endormi.
hector, désolé.
Et moi!...
l'abbé, à Hector.
Quel est cet homme ?
HECTOR
Un ami.
DESSENNE
Ton ami? Moi! quelle illusion !... Moi, ton ami, vicomte? Je jouais cette nuit et j'ai gagné ta honte.
HECTOR
Toi, ma honte?
dessenne, ironique.
A l'appel, juste au fatal moment, Un émigré manquait, en dépit d'un serment. Cet émigré, c'est toi.
HECTOR
Vil menteur!
dessenne, tirant un pistolet, et le tenant baissé.
Pas d'outrage !
Les autres sont flétris par toi ; c'est mon ouvrage; Vous nous avez trompés, nous vous trompons aussi, Puisqu'à Loc'h Maria ma ruse a réussi.
HECTOR
Silence!
dessenne, remontant, à reculons.
A toi l'opprobre ; à nous, gloire et victoire. Même aux feuillets obscurs d'une tardive histoire, Ton nom n'obtiendra pas un éloge vantard.
HECTOR
Misérable! au secours!...
loc'h MARIA 2Ô5
DESSENNE
Vicomte, il est trop tard.
Arrête, scélérat et menteur...
dessenne, reculant, et levant le pistolet. Pas d'injures !
(77 sort précipitamment.)