‹ Drames françaisChapitre 124 sur 137 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

(Le rideau se relève. — Les prisonniers sont debout, groupés au fond. — A l'avant-scène, Hector et Henri ; celui-ci tenant le futur drapeau de Patay, avec le Sacré-Cœur brodé au centre.)

(Symphonie de l'orchestre; — après quoi, Hector dit les strophes à la France chrétienne.)

O France, tu vivras; lève-toi! Dieu t'appelle, Pour te rendre ton nom, tes droits, ton rang, ta foi ; Aveugle, ouvre les yeux, et courbe-toi, rebelle : Mais tu ne mourras point, puisque l'on meurt pour toi.

O France, tu vivras, même après tes défaites: Dieu ressuscitera ce qu'il fit immortel ; N'écoute plus la voix de tes lâches prophètes, Qui prennent l'échafaud pour trépied, pour autel.

O France, tu vivras; sors de ta léthargie. Du long sommeil sanglant où s'endort ta fierté : Fille des Saints et des Croisés, sors de l'orgie, Où l'on t'enchaîne, au cri menteur de Liberté!

loc'h maria 3i I

O France, tu vivras : treize siècles d'histoire Ne s'effaceront point dans la boue et le sang ; Celui-là vit, de qui te venait la victoire, Et Celui-là s'appelle encor le Tout-Puissant.

France, dont le nom seul éblouissait le monde, Le monde te regarde et passe avec mépris : Comme un arbre, qu'un fou, dans sa démence, émonde, Tu n'étends plus au ciel que des rameaux flétris. Mais tu refleuriras ; comme aux jours de ta gloire, Lève tes bras en haut vers Dieu, lève ton front : Et du Rhône à l'Adour, de la Seine à la Loire, Des chrétiens, des vaillants, tes fils, se lèveront. Debout! lave ta honte et renonce au blasphème; Réapprends ton langage; hélas! oublie aussi! Tiens la croix, ceins l'épée et redeviens toi-même Et dis aux nations jalouses : « Me voici! »

Et tu vivras : tes doigts sur des pages divines Récriront de ces mots qui font les siècles grands : Tolbiac et Vouillé, Taillebourg et Bouvines, Commeaux tempsoù ton Roi, le Christ, aimaitles Francs-

Tu vivras! car ce Christ qui t'aimait, et qui t'aime, N'est pas un étranger sans droits, qu'on peut bannir : Tu portes à ton front son signe, son baptême ; France, à ton front ses mains ont écrit : Avenir.

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