LE PAPE, LE CLERC, L'OUVRIER
Tous les trois regardent en silence le cercueil debout sur lequel est fixée «ne plaque do plomb portant ces mots : GwUiherus Brngensis.
. LE PAPE, àrouvrîer.
Ouvre, emploie tes tenailles, ôte les clous, je veux voir.
L'ouvrier force le couvercle. Le squelette de Gauthier de Bruges apparaît ■enaçant. Clément recule de plusieurs pat.
LE PAPE, en lui-même.
La cause a été jugée. Ce qui est jugé est toujours bien. L'arrêt a dû être juste.
Il s'approche lentement du squelette, qui le regarde de ses yeux vides. Un bras s'avance. Autour des doigts, sous l'anneau pastoral, s'enroule une petite bande de parchemin. Le pape regarde ce rouleau, effrayé ; il le touche, puis recule, le touche encore, puis tire le parchemin. La main crispée du cadavre retient la cédule.
LE PAPE
Quoi ! tu résistes? Mais j*ai le droit d'ordonner Ne sais-tu pas que mon pouvoir s'étend à tout chrétien, mort ou vivant. L'obéissance n'est-elle pas le premier devoir de l'homme d'église? Nous allons voir si tu es vraiment un saint, comme on le dit. Obéis, cadavre, obéis !
Le pape tire le parchemin ; tous les os de la main se répandent à terre. LE PAPE lit rapidement.
« Dépouillé indignement, mourant :?.*î faim, pendant que mes spoliateurs dépensent les biens de mon Église en orgies, je t'assigne, pape Clément, avant une année révolue, au trône de celui