‹ Drames philosophiquesChapitre 106 sur 319 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

qui se fait maintenant par les prêtres ! L'aurais- tu jamais pensé? Autrefois, les papes n'étaient entourés que de moines et de saintes personnes ; maintenant, on va voir leur oour formée de nécromanciens, d'alchimistes, de e:ens suspects de toutes les nouveautés.

AGRICOL

Ajoute : et de femmes charmantes. La cause de tout cela, c'est que le pape est un homme comme un autre. Le pape est malade, il veut guérir, il s'adresse au médecin le plus célèbre par ses cures. Il n'y a rien là que de très naturel. Grois-tu donc qu'il va s'enquérir si ce médecin est hérétique ou catholique? Il le prendrait mahométan, au besoin. La maladie égalise tous les hommes, toutes les rehgions.

MAIFFREDI.

G est pour cela que je pense quelquefois qu'il n'y aura pas toujours de pape. Il faudrait pour cette institution des anges et une ville dans les

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nuages. Un ange n'aurait pas tant de faiblesses pour Brunissende.

DURANTI

Ma foi, tant pis pour les anges! G*est un bijou d'or et de diamant que cette femme ! Vit-on jamais un pareil miracle d'élégance, d'amabilité et de grâce. Elle réunit les dons extrêmes, les deux charmes de la femme, la force et la langueur. Par moment, c'est un souffle ; elle a toutes les faiblesses. Puis elle éclate ; sa raillerie est comme une prise de possession de l'univers.

AGRICOL

Je l'ai vue l'autre jour en sa toilette du matin. Un léger col plissé embrassait son menton et ses joues comme le calice d'une fleur. On entrevoyait son cou, entouré d'un rang de perles, et la naissance de son sein, d'une blancheur de lait. Un simple ruban d'écarlate, s'élargissant un peu sur son front, retenait ses cheveux.

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