‹ Drames philosophiquesChapitre 107 sur 319 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

DURANTI

Jusqu'ici, nous n'avons pas encore vu de telles femmes, et certes il faut qu'il y en ait. On dit qu'elle dispose des bénéfices; ma foi, il n'en fut jamais fait meilleur usage. La beauté de la femme est un art, un art qui coûte cher; il faut bien en payer les frais. Ne croyez- vous pas qu'il vaut mieux réaliser un tel prodige que d'avoir la consolation de penser qu'il y a quelques moines de plus à la portion congrue, assommant le ciel de leurs patenôtres?

AGRICOL

Oui, les revenus ecclésiastiques devraient tous être employés à défrayer la toilette de jolies femmes et à pensionner des gens d'esprit.

MAIFFREDI.

Mais cet Arnaud, que fait-il en tout cela?

AGRICOL

Dieu sait. On dit qu'il sert au pape pour ses expériences sur l'immortalité de l'âme.

MAIFFREDI.

11 n'y croit donc pas?

AGRICOL

Oh! c'est comme toutes les choses qu'on croit; un n'en est pas bien sûr.

MAIFFREDI.

Je vous demande ce que cela lui fait.

AGRICOL

Pardon! s'il y a un enfer, comme il est simoniaque au premier degré, gare à lui!

MAIFFREDI.

Voilà des choses qu'il ne faut pas savoir. Moi, je n'y pense jamais. Les prêtres sont chargés de cela.

Les deux groupes se rapprochenL SOEUR DOUCELINE.

C'est un scandale comme on n'en vit jamais. Cette femme perdra la chrétienté. Les évêchés se

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