‹ Drames philosophiquesChapitre 127 sur 319 · LÉS DISCIPLES · texte numérisé non relu

LÉS DISCIPLES

Attention ! Venez, maître ! l'heure est mûre.

PROSPERO

Oui, c'est l'heure de voir si nos expériences précédentes ont été une illusion. Ce qui prouve qu'une expérience est bonne, c'est que, refaite dans les

mêmes circonstances, elle donne le même résultat. Regardez.

Il ouvre le robinet. Une liqueur claire et ambrée s'en échappe. Il la recueille dans une grande fiole en verre.

PROSPERO

Victoire! Jamais nous n'avons eu un si beau résultat. La quantité de liquide est en proportion des forces employées : il y a parfaite équivalence dans l'équation. Nous tenons la nature; elle se livre, elle travaille avec nous.

Tous regardent ayidement le bocal qui contient l'eau de vie. LÉOLIN.

Celui qui la boit retrouve tous ses rêves; j'en boirai, dût-il m'en coûter la vie.

TROSSULUS.

L'imprudent ! il montre son procédé à tous, sans avoir pris de brevet d'invention.

SIFFROI'

Cette eau de feu appartient à l'empereur, mon maître. Sur toute invention, il a un droit primer-

202 L'EAtJ DE JOUVENCE.

dial. (Ses yeux s'enHamment.) Mais je voudrais bieii d'abord en boire.

Il tire son épée, s'empare de la fiole, en boit les trois quarts d'un seul trait. Léolin s'élance en même temps, lui arrache la fiole, boit le reste. Tou!« deuj tombent à terre comme anéantis. On fait cercle autour d'eux.

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