‹ Drames philosophiquesChapitre 132 sur 319 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

femmes, le bombardement serait déjà commencé ! Ah ! que ne suis-je le maître ! Je ne craindrais pas d'être dur. Deux millions d'hommes mourant de faim ; eh bien, ils l'ont voulu !

Voilà des gens qui ramassent des pommes de terre. On ne tire pas dessus!... Oh! les militaires humains ! Il y a des gens qui gâtent tout, parce qu'ils veulent être loués pour leur humanité.

Et dire que ces farceurs, en nous voyant chez eux, n'ont pas l'air content! Ah! les poseurs!

Les Français sont une nation de barbares, avec un vernis insuffisant de civilisation. Nous sommes les hommes; ils sont les femmes. Des femmes! ah ! fi donc ! « La bienveillance envers tout le monde, c'est la justice », a dit un de leurs ni gauds. Oui-da ! Dans le monde que j'ai vu, la malveillance, c'est la justice. Hermann de..., un bas intrigant! Henri de..., un méchant homme! Gauthier de..., un ignorant, un sot, un drôle! et l'empereur, mon maître?... Vieux...; mais non, chut ! J'ai trop d'esprit.

PROSPERO

Le sang lui monte terriblement à la tête. Les veines de son cou et de ses tempes se gonflent. Mettez-le un peu à l'air, (oniemporte.)

Chacun puise en cette eau ce qu'il porte en luimême. La source de Jouvence est dans notre cœur; c'est l'idéal qui ne laisse pas vieillir. La force qui ressuscite, c'est la pureté de notre âme.

GOTESCALG, rentrant effaré.

Chers seigneurs ! voilà une triste nouvelle ! Le seigneur SifTroi...; eh bien, oui, le seigneur Siffroi, comme il est dit dans TEcriture, crepuit médius. Cela devait arriver; le quart de ce qu'il avait bu tue un homme.

I PROSPERO

Nos fins et dangereux produits doivent être pris du bout des lèvres. Est-ce notre faute si, en se les ingurgitant avec le goulot, certaines gens crèvent tandis que nous vivons ?

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