SCENE PREMIÈRE
TITIUS, VOLTINIUS.
TITIDS.
Dire que cette infernale petite colline là-bas, à Fhorizon, troublera le Latium, et, s'il fallait croire les oracles de Garmenta, peut-être le monde entier!
VOLTINIUS.
Laissons Garmenta et ses rêves. Ge qu'il y a
de sûr, c'est que ces bandits sont d'étranges gaillards, un mélange de malfaiteurs et d'hommes d'ordre, de juristes et de sacripants. Chaque jour avance leur œuvre. Non contents d'avoir battu Albe, leur mère, ils organisent leur cité d'unt façon qui, en effet, ferait .croire par moments qu'ils travaillent pour l'humanité. Dans cette bicoque, on parle de droit d'une manière absolue, comme si ceux qui l'habitent étaient chargés de donner un code au monde entier. Voyez, à côté des pans coupés du Palatin, sur la colline, s'élève un temple, et les échos fatidiques du Vatican ont dit que ce temple serait le centre du genre humain.
TITIDS.
Encore des oracles! Je n'y crois pas; mais cela est de peu de conséquence ; le monde y croit Ce que je ne conçois pas, c'est que ces brigands, qui se sont mis en dehors des lois divines et humaines, ne se dévorent pas entre eux.