ACTE TROISIÈME
diction. Souvent vous reprochez au peuple de n'avoir pas Tesprit militaire. Gomment le supposez-vous en même temps assez amoureux de la guerre pour y entraîner ses chefs, qui ne la veulent pas?
METIUS
Les deux propositions sOiu vraies à la fois. Les masses démagogiques, incapables de comprendre l'avantage que donne l'organisation militaire, et toujours inquiètes de l'ascendant que peut prendre un général victorieux, poussent cependant à la guerre, car elles en profitent. La guerre suspend le travail; on ne fait rien pendant ce temps-là; on est nourri pour un service dérisoire, et on a la satisfaction de se dire qu'on veille au salut de la patrie. Quel bonheur d'être héros sans rien risquer, à tant par jour! De la sorte, le temps de guerre est un temos de liesse pour ceux qui n'ont rien à perdre, et qui souvent profitent d'une manière indirecte du pillage avec l'ennemi. Après la défaite, ces héros malheureux ont le verbe haut et
se répandent en récriminations contre leurs chefs, qui, disent-ils, les ont trahis,
CN VALET entre.
Vos Seigneuries savent-elles qu'à Bovilles, ce matin, une bande de jeunes Albains qui célébraient une fête de famille, la tête couverte de chapeaux de fleurs, a cherché querelle à une compagnie de Romains qui passaient. On s'est battu ; cinq ou six des nôtres ont été tués.
Metius regarde Yoltinius d'nn air narqaois. VOLTINIUS.
Il faudrait savoir qui a eu les premiers torts. Une bonne enquête l'établira. Il n'y a nulle honte à reconnaître les torts qu'on a eus.