‹ Drames philosophiquesChapitre 199 sur 319 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

vaut mourir d'une large blessure reçue par devant que de mourir, dans la vigueur de l'âge, de la mort des vieillards.

VOLTINIUS.

Vous oubliez deux choses : la première, c'est que le parti démocratique, qui maintenant est maître de la direction des affaires dans notre patrie, n'est nullement militaire; la seconde, c'est qu'à l'heure présente (je me garde de préjuger l'avenir), Rome fait preuve avec nous d'une modération surprenante.

METIUS

Tout cela est de peu de conséquence. La démocratie, et c'est peut-être là son principal défaut, ne fait pas ce qu'elle veut. Le parti démocratique est essentiellement pacifique, et il a de bonnes raisons pour cela; et néanmoins c'est le parti qui s'embarque le plus facilement dans la guerre, car c'est un parti qui appelle la surenchère des opinions et

336 LE PRETRE DE NEMl.

OÙ il est très difficile de résister aux entraînements du moment. Voilà, par exemple, Liberalis qui est au pouvoir. Liberalis est le plus pacifique des hommes, oh ! très sincèrement pacifique. Eh bien, je ne suis pas sûr que Liberalis ne serait pas, le cas échéant, le chef d'une guerre qu'il aurait déconseillée. On ne veut pas céder le pouvoir à ses adversaires, et, pour cela, on fait ce qu'on blâme intérieurement.

Rome, je l'avoue, n'est pas en ce moment portée à l'attaque. C'est un jeune tigre qui fait ses dents. Ses murs sont à peine bâtis; la fusion des éléments qui s'y entassent n'est pas encore opérée. Mais la guerre, en général, résulte d'une situation donnée bien plus que de la volonté des hommes. Croyez-moi, nous aurons la guerre avant quelques jours.

VOLTINIUS

Vous la voulez; c'est une grande raison pour que nous l'ayons. Mais expliquez-moi une contra-

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