‹ Drames philosophiquesChapitre 239 sur 319 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

DEUXIÈME BOURGEOIS

Oui, c'est une grande consolation. Pour moi, je ne respire que depuis une heure. Un faux prêtre, c'est la dernière des calamités.

PREMIER BOURGEOIS

Dès ce moment, je regarde Rome comme vaincue. Fausse ville, faux culte, faux prêtre, voilà Rome. Ah! que l'occasion serait bonne de faire revenir Priscus de chez les Herniques !

DEUXIÈME BOURGEOIS

Attendons encore. Ce serait trop bien. Priscus ne peut revenir s'asseoir que sur un trône préparé, pour régner sur un peuple digne de lui. Préparons le peuple d'abord, et puis nous ramènerons Priscus.

PREMIER BOURGEOIS

Ce pourra être long.

394 LE PRETKii Dh NEMl.

AUTRE

Tous les bons usages vont être rétablis. Servis comme ils le désirent, les dieux seront contents. La vie du monde n'est qu'un usage longtemps cTontinué.

AUTRE

Oui, nous allons revoir les sacrifices à Jupiter Latiaris.

AUTRE

Quelle joie! Les dieux, la famille, la propriété sauvée du même coup! La religion va refleurir. Toutes les traces du libéralisme vont bientôt être effacées On va pouvoir observer h perpétuité les bonnes coutumes du roi Latinus.

AUTRE

Journée sainte et douce, heureux qui l'a vue! Et dire que tout cela tenait à la vie d'un ignoble fou. Enfin, morte la bête, mort est le venin.

Les tables se dressent et se chargent des viandes immolées. Joie uniTer* •elle.

Page 1