ACTE PREMIER
sagesse que répandait autour d'elle cette grande âme, tendre et bonne, sincère et droite, qui était une dénionstration vivante de la vertu. A l'ombre de ces mêmes arbres, sous ces mêmes portiques, alors si paisibles, nous discutions avec des maîtres éclairés les hauts problèmes qui sont la noblesse de la vie et la consolation de la mort. Nous arrivâmes à penser qu'entre tous ceux qui croient à l'idéal, quelles que soient leurs apparentes divergences, il n'y a qu'une différence dans la manière de parler. Là-bas, ce petit prêtre se console avec son christ. Moi, j'ai la certitude que mon existence entrera comme un élément dans une œuvre éternelle. Je suis moins éloigné de lui que de l'épicurien qui se lamente sur la perte de la vie.
LA FERTÉ
Merci pour ces paroles, ami très cher. Demain, dans la charrette fatale, je me mettrai à côté de toi. Tu seras mon prêtre. Je renonce à la haine ; grâce à toi, je vais pouvoir pleurer.
D*ARGY.
Oui, la planète Terre est une douce patrie ; on ne saurait la quitter sans regrets. Te dirai-je la folie qui me traverse l'esprit? Je voudrais revivre en une heure toute ma vie. Je voudrais voir auprès de moi tous les êtres que j'ai aimés, pour les embrasser une dernière fois. Chères images du passé, dois-je vous accueillir? dois-je vous repousser? Non ; venez toutes me procurer un dernier songe.
Il ferme les yeux, et 11 se rejette en arrière.