ACTE TROISIEME
ner avec le devoir. L'aspiration transcendante est mauvaise en tout; oh ! vous devez maintenant le voir ; heureux les simples ! Je suis un trop humble prêtre pour que vous m'ayez jamais remarqué; mais qui ne connaissait l'abbesse de Jouarre? Votre noblesse, votre grandeur frappaient tout le monde ; la princesse perçait en tous vos actes ; vos hautes études , vos relations avec les premiers esprits du temps vous avaient fait croire que les grands n'ont pas besoin des soutiens nécessaires aux petits Vous aviez depuis longtemps cessé de prier; vous laissiez aux simples les sacrements et les pratiques que l'Eglise a établis pour tous. Vous êtes punie de votre orgueil. Mais la miséricorde divine a laissé place au pardon. Vous avez un moyen de réparer vos deux fautes : c'est de vivre.
JULIE
Non, je ne vivrai pas ; ce châtiment est au-dessus de mes fautes. Je veux mourir.
L*ABBÉ CLÉMENT
Vous vivrez ; vous verrez ce que c'est que Texîstence humaine dans les conditions de tous. C'est rude, allez î Ces institutions fastueuses, du côté desquelles l'Église avait trop versé, vont cesser d'être. L'abbesse de Jouarre survivra, simple femme, à forgueilleuse fondation qui Ta perdue. Acceptez ce sort comme votre pénitence. Votre expiation sera de subir la loi générale. Résignez-vous à gagner votre vie dans les âpres conditions de l'heure présente. Peut-être serez-vous mère...
JULIE
0 Dieu!
l'abbé clément.
En ce moment, vous n'êtes ni sage ni chrétienne. C'est votre aveu qui m'autorise à vous le dire : oui, vous serez peut-être mère dans neuf mois. Vos devoirs seront durs. Dans dix mois peut-être, vous mendierez pour votre enfant.