‹ Drames philosophiquesChapitre 288 sur 319 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

JULIE, se tordant et se cachant la tête dans les rnains.

L'abbesse de Jouarre devenue la risée des autres femmes!

l'abbé clément.

Voyez comme l'orgueil vous a pervertie. Vous eussiez ce matin affronté la mort avec joie, et pourtant la faute que vous eussiez portée au tribunal suprême aurait été la même. Maintenant, il faut subir les conséquences, avouer devant les hommes que vous avez connu les faiblesses ordinaires, et vous choisissez la mort en stoïcienne. Votre courage, qui en doute? C'est d'humilité qu'il s'agit. Acceptez la vie, si elle vous est prolongée. Soumettez-vous aux règles communes. Votre esprit et votre grand cœur vous désignent pour relever un monde qui s'est imprudemment laissé choir. Vous vous êtes mise au rang de toutes les femmes, n'en soyez pas honteuse ; Dieu vous pardonnera si vous savez être simple femme. Vivez, soyez mère, soyez

486 L'ABBESSE DE JOUAHRE.

épouse. Il y aura dans le ciel des trésors de pitié pour ceux qui ont traversé ces jours sombres, où toutes les distinctions du juste et de l'injuste ont été confondues. Martyre ce matin, vous auriez payé pour beaucoup d'autres ; d'autres martyrs payeront pour vous.

IIJLIB.

Vos paroles me vont à l'âme. Oui, je crois maintenant que je serai capable de tout souffrir.

GUILLAUMIN, entit'ottVTant la porte de sa loge.

Monsieur, je suis fâché... Les accusés de votre catégorie vont partir dans un quart d'heure pour le tribunal révolutionnaire. Il faut vous hâter.

l'abbé clément, debout

Que Dieu vous absolve, ma fille ! Le pardon final dépendra de votre courage à supporter la vie.

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