ACTE CINQUIÈME
plus inattendu de ce temps, acte destiné à concilier, en ce qui concerne la religion, les besoins anciens et les besoins nouveaux. Les rites sont nécessaires à Thomme en société. C*est la société qui les veut. Supposez deux êtres humains dans une île déserte ; exigeriez-vous les rites ordinaires pour qu'ils pussent rétablir le cours de la vie? C'était un désert entre la vie et la mort que votre situation au Plessis. Il n'y avait plus de subsistant pour vous que la nature et l'éternité. L'incident imprévu qui vous sauva la vie n'a fait que confirmer le sacrement de la nuit. Votre enfant en a été le sceau, la consécration solennelle. Vous avez été mariée, ma chère sœur, mariée une première fois, et, si une seconde union a jamais été légitime, c'est dans le cas dont il s'agit.
Juliette traverse la scène avec son cerceaa .
Avez-vous réfléchi à l'avenir de cet enfant? Son jeune âge prévient toute question indiscrète ; mais sa présence dans notre monde est déjà difficile; dans quelques années, elle sera presque impos-
wble. Cette enfant a droit à une famille, à des frères, à des sœurs. La Fresnais est le plus noble cœur qu*il y ait. Il sent comme nous. Il vous adore.
JULIE
Arrêtez; c'est trop cruel. Vous oubliez que La Fresnais ignore ce qui s'est passé. J'ai mieux aimé deux fois être avec lui absurde, dure, dissimulée ; j'ai mieux aimé paraître coupable et m'exposer au plus grave soupçon d'infamie que de lui révéler un mystère dont vous seul au monde avez le secret.
LE MARQUIS
Il sait tout. Je lui ai tout dit hier.
Bile pousse un eri.
Je le devais. Depuis mon retour de l'émigration, diverses circonstances m'ont mis en rapport avec cet incomparable soldat. Il a bientôt su que vous