DIDEROT
Oui, grand maître ; nous eûmes raison. J'aimais la vérité jusqu'à la fièvre; la grande paix de ces lieux m'a calmé. Nos fautes furent celles de l'âge de fer que nous avons traversé. J'entrevois pour l'esprit d'admirables revanches. Ce qu'il y a de clair, c'est qu'un siècle étrange se prépare. Gomme je vais l'aimer ! Je ne sais s'il réussira dans toutes
ses ambitions ; mais je suis pour ceux qui osent. Audacieux de toute sorte qui remplirez le siècle qui va venir, salut à vous ! Du cliquetis de vos hardiesses, je vois jaillir mille vérités. Qu'il va nous être doux de contempler ces grandes luttes du sein de notre paix. C'est nous qui agirons dans ce monde; il vivra de nous et par nous. Si vos vœux s'accomplissaient, je vois quatre poètes qui éclaireraient ce siècle de rayons fort divers : le poète sublime que veut Corneille, le poète de la pitié que veut Racine, le génie large et profond que rêve Despréaux, le patriarche ami des hommes qu'imagine Voltaire. Quatre poètes de premier ordre en un siècle, c'est beaucoup...
RACINE
Il n'y a pas de limite aux miracles de l'esprit. Les destinées de la terre sont peut-être réglées par les désirs du ciel.
Camillus entre en hâte.