‹ Drames philosophiquesChapitre 58 sur 319 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

penser. Toute sa pensée a été employée à rêver ma perte. Il ne fut jamais chrétien ; il pratiquait les cérémonies de la religion comme un singe ; au fond, il resta toujours le serviteur de Sétébos. Ordure, il n'était sensible qu'aux coups. Les fatigues que je me suis données pour faire quelque chose avec de la boue, pour mettre la raison dans une lourde fange, il ne m'en sait aucun gré. Oh ! que j'eus tort de donner l'éducation à la brute qui devait se faire une arme contre moi de ce que je lui avais appris.

GONZALO

Caliban, c'est le peuple. Toute civilisation est d'origine aristocratique. Civilisé par les nobles, le peuple se tourne d'ordinaire contre eux. Quand on regarde de trop près le détail du progrès de la nature, on risque de voir de vilaines choses.

BONACCORSO.

Il ne faut jamais dire: « cette créature a été

laide, donc elle le sera toujours. » Les jugements absolus sont faux, Dfiême quand il s'agit de Galiban. Gàliban est vaniteux, mais, qui sait? sa vanité deviendra peut-être de la vertu. Sa victoire, qui dépasse ses espérances, doit l'avoir satisfait. Bas, haineux, jaloux tant qu'il fut humble, maintenant qu'il est maître, il sera généreux. 11 oubliera sa haine contre les livres, dès que les livres seront pour lui des vaincus. Il n'y pensera guère dès qu'il ne les verra plus dans les mains de son maître comme des instruments de domination.

PROSPERO reste quelque temps pensif et silencieux.

La continuation de mes recherches sur Veuthanasie me tient à cœur, je l'avoue.

La porte s'caTr».

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