LES MÊMES, FRERE AUGUSTIN DE FERRARE
FRÈRE \UGUSTIN DE FERRARE entre portant un rouleau de parchemim. On s'écarte de lui; il se place devant !• doc et lit.
« La très- sainte inquisition, pour Tintégrité de la foi et la poursuite de la perversité hérétique, agissant par délégation spéciale du Saint-Siège apostolique, informée des erreurs que tu professes, insinues et sèmes méchamment contre Dieu, la création, Tincarnation, la résurrection de la chair et autres dogmes fondamentaux de la foi chrétienne, te réclame et t'appelle à son tribunal, auquel tu n'as échappé perfidement jusqu'ici que grâce à une puissance temporelle, ou plutôt à une tyrannie que Dieu t'a ôtée. Tes erreurs sont les plus graves qu'un chrétien puisse commettre; elles vont même jusqu'à l'infidélité : erreurs de physique et de métaphysique, de morale et de
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foi. Tu as insinué, en effet, par les voies les plus diverses et avec une perfidie qui ne saurait venir que du père de tout mensonge, que l'homme peut quelque chose sur la nature et par la nature, ce qui ferait l'homme participant de la puissance créatrice, puisque modifier ce qui a été créé équivaut à créer. Or il est écrit : « Dieu a créé le ciel » et la terre. » Dieu seul, entendez-vous ? Dieu, par conséquent, n'admet personne à retoucher son œuvre ni à la perfectionner. Tu as donc pensé et parlé méchamment en prétendant changer la nature des corps, laquelle est fixe et limitée par Dieu en la mesure et quantité qu'il a voulue. Car, s'il eût jugé à propos qu'il y eût plus de corps ou autrement mixtures, il les eût faits. D'où il suit que, si ta damnée science de la composition et de la décomposition des corps était vraie, l'homme serait Dieu et renouvellerait le crime de Satan, qui voulut s'égaler à Dieu.
« Et ce qui prouve, en outre, que chaque corps asa nature, qui ne peut changer, c'est le dogme de