‹ Drames philosophiquesChapitre 84 sur 319 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PROSPERO

Tout fidèle à droit que je lui série la main. Les devoirs politiques peuvent changer, les devoirs d*homDfie à homme ne changent jamais. Vous serez toujours reçus dans cette retraite comme vous l'étiez dans mon palais de Milan. Quant à des ordres, je n'en ai plus à donner. Désirez-vous réellement savoir comment vous vous conformerez à mes intentions?

TOUS ëNSëMBLB»

Oui, seigneur.

PROSPERO

Eh bien, je vous le dis, c'est en ne faisant rien du tout.

SERVADIO.

Mais vous êtes notre chef pour combattre Galiban. Quoi! vous pactisez avec Caliban?

PROSPERO

Moi? nullement. Je sui$ le eurvivs^nt, ^ lu vie

et à la mort, de ceux qui fondèrent par leur épée le duché de Milan. J'ai maintenu mon droit historique; le peuple Ta brisé. Vous m'offrez le irône de Milan; mais, vraiment, Tavez-vous à donner? et votre don serait-il bien solide? J'attends donc. Le temps a pour coutume de varier sans cesse. Il est peu probable que, dans vingt ans, la girouette du monde n'ait pas changé plus d'une fois. Mais il est deux choses qui ne changent pas : l'intérêt du peuple et mon titre, qui n'est qu'une forme de l'intérêt du peuple. Si, comme l'expérience semble le prouver, la république de Milan a besoin d'un prince pour subsister, moi et ma race nous sommes là. Si la république de Milan, fondée par ma race, peut se passer de nous, eh bien, j'ai d'autres devoirs et d'autres plaisirs. Le duché de Milan est peu de chose dans l'ensemble de l'humanité,

BALDUGGI.

Mais nous qui combattons, il nous faut un chef.

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