ACTE DEUXIEME
LE CLERC continue.
Ils soutiennent en outre follement que toutes les religions ont été fondées par des imposteurs et reposent sur des fables ; que la théologie n'est pas la science des sciences, qu'elle est en grande partie chimérique, que la faculté des arts seule a un objet sérieux.
Le pape tousse légèrement LE CLERC continue.
D'autres émettent des erreurs contre la sainte Église et sa divine autorité. Voici les fraticelles qui soutiennent que les sacrements administrés par des clercs fornicateurs ne sont pas valables, que les prélats ne doivent pas être riches et que les biens de l'Église doivent servir à une fin spirituelle. Voici les apostohques qui prétendent tenir directement leurs pouvoirs de Jésus-Christ. Les bizoques vont jusqu'à soutenir qu'il ne devrait pas y avoir de riches. Les turlupins prétendent
qu'il ne faudrait donner les places qu'à des hommes de mérite.
Le pape éclate de rire.
LE CLERC continue.
Les pauvres de Lyon sont intolérables : ils prétendent que chaque homme doit avoir à manger selon sa faim. Les humiliés disent que tous les gens d'Eglise devraient observer la règle des mœurs. Ils nient le purgatoire et les indulgences.
LE PAPE
Ceux-là sont les plus dangereux. Qu'on les brûle sans miséricorde !
LE CLERC
Peut-être Votre Sainteté trouvera-t-elle plus grave encore la collection d'erreurs que voici, qui nous est arrivée aujourd'hui. Elle vient de la grande fontaine de foi, la sacrée faculté de théolosfie de Paris.