‹ Drames polonais d'Adam MickiewiczChapitre 20 sur 35 · SCÈNE II PULAWSKI; LE PÈRE MARC; ZBROY · texte numérisé non relu

SCÈNE II PULAWSKI; LE PÈRE MARC; ZBROY

PULAWSKI.

Père Marc, où êtes-vous resté si longtemps?

LE PÈRE MARC (en ftoc de capwcin).

Jeune homme, tu oublies que je traîne la charge de mes soixante-dix ans, et que ces pieds portent encore l'empreinte des fers russes qui font vieillir de quelques années dans une seule nuit.

PULAWSKI.

Reposez-vous; nous sommes au rendez-vous. Voilà les montagnes dont je vous ai tant parlé! N'est-ce pas beau? Que ne puis-je m'élancer dans les airs comme ce jet d'eau, voler de pic en pic comme cet aigle, m'étendre là-haut comme ce gla-

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cier, et delà, d'en haut. . . Père Marc, voyez-vous cette tache noire?

LE PÈRB MARC.

Où?

ZBROT.

C'est un aigle.

PDLAWSKI.

Le vieux a vu juste. Voyez ce reflet de soleil sur ce plumage blanc. De par le ciel, c'est un aigle blanc, l'aigle de nos drapeaux! Père Marc, qu'en dites-vous, vous qui êtes prophète? Quel bon augure est-ce là ?

ZBHOY [tristement).

L'aigle tire à gauche.

PULAWSKI.

C'est ce qu'il y a de plus heureux. Il nous mène droit à Cracovie.

LE PÈRE MARC

La ville est donc par là?

PULAWSKI.

Ne reconnaissez-vous pas la chapelle de Notre-Dame de Pologne que vous montriez à nos soldats. C'est delà, disiez-vous, que la Vierge, notre reine, nous regardait combattre. LE PÈRE MARC (en s^incHnant, fait un signe de croix).

Puisse-t-elle éclairer nos conseils ! Pulawski, je connais vos projets. Vous tentez une entreprise difficile et nous voilà restés seuls de toute notre armée.

PULAWSKI.

Les Russes ont estimé ma tète trente mille ducats. C'est le prix d'un millier de leurs serfs. 'D'après leur tarif, je vaux un

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