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bataillon. D'un coup de pied je ferai sortir du sein de ces rochers des torrents de guerriers. Et vous^ père Marc^ vous èles une armée à vous seul. Faites seulement retentir à Cracovie votre voix de cloche d'alarme qui secoue les populations en^ tières.
LE PÈRE MARC
Si nous repassions la Vistule ? Si nous pouvions encore faire insurger la Litlmanie, l'Ukraine? Nous y avons des partisans.
PUL4WSKI.
Au lieu d'y aller, envoyons-y un courrier et deux mots : Cracovie est prise ; ces deux mots portés d'écho en écho feront insurger tout ce qu'il y a d'insurgeable. Quant aux Cracoviens, ils ont pour vous un véritable culte : d'un mot, vous pouvez soulever...
LE pèi;e marc.
Soulever Cracovie où il y a tant de Russes ? Après notre dernière défaite, les bourgeois sont encore effrayés.
PULAWSKI.
Le Palatin le veut absolument.
LE PÈRE MARC'
Le Palatin? où est-il?
PULAWSRI.
Il chasse près d'ici, dans la vallée des ossements tatars. Zbroy, allez dire à Monseigneur que nous sommes ici. (Ztyroy sort.)
LE PÈRE MARC
Je connais le Palatin. Il est patriote, mais il met les intérêts de son orgueil avant ceux de sa patrie. Je me défie de lui.
PULAWSKI.
Vous avez confiance en moi. Je pense, d'accord avec le Pa-
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latin, que, pour relever notre cause, il faut prendre Cracovîe le plus tôt possible. Je l'aurais fdit il y a longtemps, si ces chefs jaloux. . . et puis ce biave de Choisy avec ses maudits calculs stratégiques...
LE PÈRE MABC.
D*où vous est venue une idée si subite ?
PULAWSKI.
Mon Dieu, c'est mon idée la plus fixe, la plus intime ! J'ai passé ici ma jeunesse. Que voyais-je chaque jour d'ici? Cette ville. Regardez les fenêtres de la cathédrale qui brillent là, rouges, étincelantes. C'est sous l'influence de cette constellation couleur de sang que je suis né. Oui, je me sens destiné à être le libérateur de cette capitale.
' LE PÈRE MARC
*■ Et si je pense que, dans l'intérêt de notre cause, vous devez abandonner pour le moment. . .
PULAWSKI.
L'abandonner? Père Marc, je ne vous reconnais pas. Vous, grand aumônier de la Pologne militante! Le découragement gagne enfin jusqu'à vous. Je ne vous reconnais pas. L'abandonner! Regardez-la donc, cette malheureuse ville. La voyezvous étendant sur la Vistule ses grands faubourgs comme des ailes d'aigle? Elle ressemble bien d'ici à notre aigle blanc blessé, étendu à terre, expirant! Noble cité! Berceau de notre vieille république, tombeau de nos héros ! Rome slave ! Te voilà depuis six ans aux pieds de l'étranger, enchaînée, foulée. Et nous en sommes si près ! Père Marc, quelle gloire pour nous, si nous la relevons, si nous effaçons de son front cette marque d'ignominie, ce drapeau noir qui flotte là-bas
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MDune un drap mortuaire à la porte de la maison d'un trépassé. Si demain^ nos vieilles connaissances^ nos amis nous saluaient! *. .
LE PÈBE HARC.
Pulawski^ calme-toi, au nom du ciel! Nous avons besoin de toute notre présence d'esprit, de tout notre sang-froid. ne s'agit pas de notre gloire, il s*agit de notre cause.
PULAWSKI.
Me voilà froid comme la source de la Vistule.
LE PÈRE MARC
Plût au ciel que ta conscience fût aussi pure que cette source!
PUIAWSKI.
Que voulez- vous dire?
LE PÈRE MARC
Casimir! Nous n'avons d'espoir qu'en Dieu. Dieu ne protège que des intentions pures. Mon fils, dis-moi franchement, je t'en conjure au nom du Seigneur, dis-moi, aimes-tu encore cette femme là-bas? L'idée de la revoir, de la saluer en vainqueur, de la conquérir, cette idée vaniteuse entre-t-elle pour rien dans tes projets patriotiques?
PUIJLWSKI.
Qui? Que dites-vous? La Comtesse?
LE PÈRE MARC
Tu rougis!
PUIAWSKI.
De honte! L'aimer, moi? Elle m'a refusé, lorsqu'elle était innocente et pure, et... par Dieu! je n'en suis pas mort, je m'en
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