‹ Drames polonais d'Adam MickiewiczChapitre 8 sur 35 · LE PORTE-GLAIVE · texte numérisé non relu

LE PORTE-GLAIVE

Elle ne fera rien pour tous. Je viens de chez le Palatin. On l'y a mal Teçue. Le Palatin, son père, ne lui a pas seulement adressé la parole. Les dames polonaises lui tournaient le dos , faisaient des grimaces. Elle a eu des spasmes. Le Général en est furieux> et moi j'en suis enchanté, moi.

LA STAROSTINE.

Mon Dieu ! ces seigneurs, ils la fâchent; et nous^ nous en souffrirons. Ils la frappent sur notre joue.

LE GENTILHOllME.

Cher monsieur le Porte -Glaive de Lithuanie, les Russes ' vous ont déjà coupé une main, je ne vois pas qu'il en repousse une autre à sa place. Vous n'êtes pas de bois de saule. La Comtesse vous a sauvé une fois votre tête, mais. . . chut! ON LAQUAIS {enfrant par la porte de côté).

Mesdames, messieurs ! Madame la Comtesse me charge de vous demander mille excuses. Elle ne peut recevoir personne aujourd'hui. Elle est désolée ; elle est indisposée.

LE STAROSTE

Indisposée ! Mais dites-lui qu'il s'agit de braves gens sur la vie desquels le Général va prononcer aujourd'hui. Indisposée!

LE LAQUAIS

Si vous avez à remettre des suppliques, des notes, je m'en charge . [Le Staroste et tovt le monde accourt vers le laquais. On lui remet des papiers. On lui parle.)

LE STAROSTE

Plus d'espoir ! On le fusille dans vingt-quatre heures.

^oy^ —

— -o^il

Page 1