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Drames religieux;

Le théâtre sacré de Calderón, quoiqu'il forme une partie considérable — presque la moitié — de son œuvre, est très peu connu en France. Sous cette dénomination de théâtre sacré, ]q comprends : l°les autos ^ au nombre de quatre-vingts environ; 2° une quinzaine de comedias ayant pour sujet des épisodes bibliques, des légendes pieuses, des vies de saints, etc. (1).

De ces cent pièces, quatre, pas davantage, ont été traduites en notre langue : un auto, Le festin de

1. Il n'est pas rare de voir nos compatriotes confondre les autoî, avec les drames religieux. Toute confusion est cependant impossible. Les autos sacramentales, ou représentations en l'honneur du Saint-Sacrement, étaient des pièces jouées sur les places publiques, le jour de la Fête-Dieu {Corpus), et consacrées à l'exposition et au développement de tel article de foi; de tel dogme de la doctrine catholique, relatifs plus ou moins au mystère de l'Eucharistie. Les autos, par leur forme et leurs personnages allégoriques, ne sont pas sans quelque rapport avec nos vieilles moralités', mais ils en diffèrent complètement par leur fond théologique. Les drames religieux, au contraire, se représentaient dans les salles de spectacle (corrales) devant un public payant, et leurs personnages, qu'ils fussent d'origine humaine ou divine, n'en étaient pas moins des êtres réels, et nullement des entités.

VI INTRODÜCTÍON

BaltJiazar (par M. Sandret), et trois drames religieux, Le prince constmit^ Le magicien prodigieux et La dévotion à la Croix (par MM. Damas Hinard, Antoine de Latour, etc.).

Cette proportion est évidemment insuffisante. Il faut — pour permettre au lecteur d'apprécier par lui-même l'ensemble et la variété du génie calderonien, — lui faciliter la connaissance des formes diverses sous lesquelles se manifesta ce génie.

Tel est le but que je me propose. Le présent volume y contribuera pour sa part, en attendant une collection d'autos^ qui paraîtra en son temps.

Les trois drames que l'on va lire me semblent être des plus beaux parmi ceux du même genre et du même auteur qui n'ont pas encore pénétré jusque chez nous. J'aurais voulu y joindre Les deux amants du ciel. Mais cette œuvre, d'une conception si élevée, si riche en détails poétiques et sublimes, est malheureusement entachée de défaillances et de longueurs qui en rendent par endroits la lecture fastidieuse. J'ai craint qu'une traduction n'accentuât encore ces défauts.

On me reprochera peut-être d'avoir sacrifié trop de place aux notices qui précèdent chaque pièce. Telles quelles, ces notices ont pourtant leur raison d'être et je ne crois pas me tromper en voyant en elles le complément indispensable de ma traduction.

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