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Descripción de la capilla del Sagrario

4. II faut citer aussi, en 1616 : Tomas Tamayo de Vargas, Defensa de la Descención de Nuestra Señora d la Santa Iglesia de Toledo et Francisco Portocarrero, De la Descención de Nuestra SeÍtora á la Santa Iglesia dç Toledo, y vida de S. Ildefonso Arzobispo delta.

5. « Pedro Cebrian fue autor de compañía de las de titulo en el bienio teatral de 1615 « 1617. Su compañía estrenó la comedia de Eu" ciso Los Médicis de Florencia. » Ms. Ff, 3-4 de la Biblioteca Nacional de Madrid.

autos du Maître Joseph de Valdivielso. L'un avait pour sujet la Descente (ou Descensión) de Notre-Dame apportant la chasuble à saint lidefonse; l'autre, la Miraculeuse apparition de la Sainte Image, que l'on croyait perdue depuis si longtemps. Sa Majesté et Leurs Altesses (1) assistèrent, des fenêtres du Cardinal, au spectacle que l'on goiita fort, tant pour son argument* tout à fait de circonstance que pour les intermèdes de danses et de saínetes qui égayèrent la représentation (2). »

De ces deux autos, le dernier est probablement perdu. S'il en subsiste quelque copie, personne que je sache ne l'a jamais signalée. La perte de cette pièce est d'autant plus regrettable que le sujet en était identique à celui de La Vierge du Sagrario (3^ journée), et que l'on pourrait sans doute juger par comparaison si Calderón connut l'œuvre de Valdivielso et s'en inspira directement.

VAuto de la Descensión se trouve mentionné dans le Catálogo del teatro antiguo español, p. 415, d'après un manuscrit de la Bibliothèque du duc d'Osuna, appartenant aujourd'hui à la Biblioteca Nacional de Madrid (Res. 6», 56). C'est au licencié Francisco de Rojas, intelligent copiste des œuvres dramatiques du xvii® siècle et ami particulier de l'auteur, que nous devons ce manuscrit. La Barrera, tout en la signalant, ignora à quelle occasion et, par conséquent, à quelle date la pièce fut représentée. Les critiques ou i^ibliographes qui vinrent après lui n'en disent pas davantage. Les catalogues de la Bibliothèque d'Osuna (3), de La Barrera et de la Biblioteca Nacional (Y y, 448) attribuent à Lanini un Auto de Nuestra Señora y el glorioso S. Ildefonso. Cet auto n'est autre, sous une signature et sous un titre dilïérents, que celui de Valdivielso.

1. Philippe III; le prince, son fils, plus tard Philippe IV; el la princesse Elisabelh de Bourbon, mariée depuis un an environ à ce dernier.

2. « Por la larde, entre las casas del Cardenal, y del Ayuntamiento, la compañía de Cebrian representó dos Autos del Maestro loseph de Valdii/ielso. Vno, de la Descensión de Nuestra Señora a dar la Casulla a. San llefonso : otro, de la milagrosa aparición de la hnagen Santa del Sagrario, después deauer estado escondida como sp ha dicho. Vieronlos su Magestud, y Altezas, de las primeras rejas del Cardenal: fueron de mucho gusto, por el argumento tan destos dias, y por los bayles, y saynètes con que aquella coinpañia regozija sus actos Cómicos. » — Descripción de la capilla del Sagrario, f» 88, verso.

3. Catálogo abreviado de los manuscritos de la biblio'eca del Excmo . Señor Duque de Osuna é hifantado, hecho por el conservador de ella don José Maria Rocamora, Madrid, 1882. — N» 957.

Yoici le titre complet de la copie de Rojas :

Auto famoso, de la Descensión detrra señora, en la / santa yglesia de Toledo, quando trujo la casulla, al / gloriossissimo san ilefonso, su santo Arçobispo, y Patron / nuestro / compuesto, por mi señor y grande Amigo, el M° Joseph, de / Valdiuieso, que aya gloria = y trasladado por mi el licen^^^, ¡ fran^^, de rroxas =■ para mayor honrra y gloria de Dios y d^'. j subenditissima madre = virgen antes del parto, en el parto, / y después del parto, y siempre virgen = virgen, concebid'/, sin / peccado original = apesar de los erejes traydores. A la fin : en, 21, de marco; sábado, cerca de la / vna del m°, dia; Año, de 1643, años -f- dia del glorioso san Benito -f le acabe / -r de trashidar -f- Plus bas : -^ sub cori"^, sst.^-^

Le sujet de la pièce correspond au premier acte de La Vierge du 'Sagrario\\\ est donc inutile d'en donner une analyse détaillée. Les hérétiques mis en scène par Valdivielso sont au nombre de trois : Pelage, qui s'engloutit, foudroyé par l'Ange de la Justice, et ses deux disciples, Florindo et Braulio ou Braulion, qui finissent par se convertir. Sainte Léocadie récite en sortant du tombeau un romance qui, nonobstant sa [valeur littéraire, est une paraphrase trop longue des simples mots que lui attribue la iégende. La scène de la chasuble est beaucoup plus discrète. La Vierge, conformément à la tradition, embrasse son image avant de remonter au ciel. De beaux vers prononcés par Ildefonso terminent la représentation : « Après vous avoir vue, beauté divine, que me reste-t-il avoir ici-bas? Jusqu'à ce queje vous revoie, rien pourra-t-il consoler mes yeux, apaiser mon âme?... » Notons que la reine ne figure pas au nombre des personnages et qu'il n'est question ni des origines de Tolède, ni de celles de Notre-Dame du Sagrario. D'ailleurs l'élément historique ou légendaire est loin d'avoir ici autant d'importance que dans le drame de Calderón. Valdivielso a choisi trois ou quatre faits principaux qu'il s'est contenté de lier ensemble par une série de scènes divertissantes, picaresques parfois, toujours pleines de mouvement, de vie, de réalité. Entrent d'abord les gamins de Tolède qui, sous les ordres de leur capitaine, parcourent les rues en acclamant le nom de Marie. Quiconque ne partage pas leur enthousiasme a fort à craindre les bâtons et les pierres dont ils sont armés. Cet* épisode, tout d'actualité, avait certainement pour but de remémorer aux spectateurs les récentes agitations de Séville, et plus d'un dut se surprendre à fredonner instinctivement le cantique de Miguel Cid. Plus loin ce sont des hallebardiers, qui, placés en sentinelle à la porte de l'église, en interdisent l'accès aux confréries, aux croix, aux bannières, et ne

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cèdent que devant le roi et l'archevêque. Voici encore des mendiants qui attendentraumône quotidienne d'IIdefonse: aveugles, muets, manchots, une vraie cour des Miracles. Ce sont tous gens experts en leur métier, qui savent — et s'cnvanlent — estropier les enfants, imiter au naturel plaies et ulcères. A peine la dalle du tombeau est-elle retombée sur sainte Léocadie que l'aveugle a déjà mis en complainte la merveilleuse apparition.

Un dernier incident, d'une touchante poésie, mêle, par un heureux contraste^, les humbles d'ici-bas aux saints personnages du ciel. Transie, mal éclairée par le lumignon de sa lanterne, une vieille femme se rend dans la nuit à matines. L'église est sombre et silencieuse; elle s'endort en priant. Tout à coup, éveillée par une clarté surnaturelle, elle voit la Vierge, rayonnante de gloire, remettre la chasuble à son chapelain. Un ange distribue aux chœurs célestes des cierges allumés. La bonne vieille, interdite, reçoit aussi le sien. Et, lorsque tout a disparu, lorsque l'ange veut le lui reprendre, elle refuse de s'en dessaisir et supplie qu'on le lui laisse pour le voir brûler à l'heure de sa mort.

Où et comment se forma celle douce légende? Quel écrivain lut le premier à la recueillir? En France, elle apparaît déjà dans une composition dramatique duxiv^ siècle : Cy commence un Miracle de Nostj^e-Dame, comment elle garda une femme d'entre arse (1)» Dame Guil)our, que la médisance publique accuse à tort de partager la couche de son gendre, prend le parti de le faire assassiner. Son crime est bientôt découvert, et on la condamne à mourir sur le bûcher. Mais la Vierge, pour qui elle eut toujours la plus fervente dévotion, permet qu'elle échappe aux flammes sans éprouver aucun mal. La justice pardonne. Tous les personnages, en l'honneur du miracle, vont entendre une messe d'action de gr¿ices. Dieu officie en personne. Saint Jean distribue à l'assemblée des cierges pour l'oiîrande. Lorsque c'est à Guibour de donner le sien, elle s'y refuse. L'ange Gabriel, ne pouvant la convaincre, cherche à le lui arracher. Le cierge se rompt. L'ange en emporte un morceau; dame Guibour gardera l'autre. (( Et^ conclut Dieu,

« il ne fault point doubter

Que ce qu'elle en a vraiement

Gardera précieusement

Et par tres grant devoción. »

1. Théâtre français au Moyen-Age, publié par M.M. Monmerqué et Francisque-Michel, Paris, Firmin-Didot, 1885, p. 327.

Il est étonnant que cet épisode, si Calderón l'a connu, n'ait pas trouvé place dans sa comédie. Lope de Vega n'a eu garde de l'oublier, au troisième acte de son Capellán de la Virgen. ?a vieille femme s'appelle Ana. Le poète, par un artifice superñu, à mon avis, a pris soin de la rattacher à l'action en faisant d'elle la mère du gracioso Mendo et une protégée d'Ildefonse. Beaucoup plus émouvante me semble la petite vieille de Valdivielso, si humble, si effacée ; cette première venue, digne par sa foi naïve d'assister au divin miracle. On dirait cju'elle cherche à passer inaperçue et à se faire pardonner sa présence en cette légende où elle s'est glissée après coup. Combien pourtant elle mérite d'y figurer, Murillo l'a compris, lui qui l'a représentée à genoux, son cierge à la main, dissimulée à demi derrière Ildefonse qui s'incline devant la Reine desCieux (1).

L'Auto de la Descensión (iQ\6) îut, comme je crois l'avoir démontré, la première en date des œuvres dramatiques relatives à saint Ildefonse (2). El capellán de la Virgen n'est postérieur que de quelques années à la représentation de Tolède (3). Lope était-il au nombre des spectateurs? On pourrait. le supposer. Au commencement de septembre 1616, nous apprend La Barrera (4), il revenait de Valence à Madrid, et, dans les derniers mois de cette année, il obtenait, par l'entremise du duc de Sessa, la charge de procurador fiscal de la Cámara apostôlicn en et Arzobispado de Toledo, — avocat général de la Chambre apostolique près l'archevêché de Tolède. Il était donc de son intérêt autant, sans

1. tatalof/o de ¿os cuadros del museo del Prado de Madrid, por D. Pedro de Madrazzo, Madrid, 18S9, 6^ édition. N° 869, — Ce tablean se trouve actuellement dans la grande galerie du musée du Prado.

2. Il faut noter toutefois que Lope, dans la comédie Vida y muerte de Bamba, publiée en 1604, relate incidemment le miracle de la chasuble et la mort de Récesvinthe.

3. Lorsqu'il s'agit de déterminer la date d'une pièce écrite par Lope, il faut tout d'abord consulter les listes de ses œuvres dramatiques, dressées par lui-même en tête de deux éditions de son livre El peregrino en su patria. El capellán de la Virgen, ne figurant ni dans la liste de 1604, ni dans celle de 1618, est évidemment postérieure à celte dernière date. La pièce tut imprimée dans la Parte XF/// de Lope, dont les licences furent signées en juin 1622. Mais l'auteur, dans sa dédicace à D^i Catalina de Aviles, déclare « qu'il a été heureux de retrouver cette comédie dans ses papiers » — preuve qu'elle y dormait oubliée depuis un certain temps. De cet ensemble de faits on peut déduire que El capellán de la Virgen a été composé entre 1618 et 1620 ou 1621 environ.

4. Nueva biografía, p. 241. — Cet ouvrage forme le tome I des Obras de Lape de Vega publicadas por la Real Academia española.

doute, que de son cfoût de se montrer à ces fêtes. On sait, d'ailleurs, quelle ailection le liait à Valdivielso, qui l'assista à ses derniers moments. Lope, on peut l'affirmer, connut soit à la scène, soit par la lecture, Y Auto de la Descensión. A défaut d'autre preuve, il suffirait de comparer à cette dernière pièce le troisième acte de Et capellán de la Virgen. Quant aux deux premiers, ils retracent, avec plus de détails, la vie de saint Ildefonse, telle que je l'ai résumée précédemment.

La Virgen del Sagrario fut publiée, comme nous l'avons déjà dit, en 1637, du vivant de Calderón. On ignore en quelle année il l'écrivit. Etait-ce une pièce de circonstance? Rien, jusqu'à ce jour, n'autorise cette opinion. Une réminiscence des œuvres de Valdivielso et de Lope? C'est possible. Tout ce que l'on peut dire, c'est que l'imitation de ces deux poètes n'y est nulle part manifeste, si l'on tient compte des similitudes inhérentes à un sujet de ce genre.

Bien longtemps avant Calderón, plusieurs poètes espagnols, sans parler de ceux que nous avons déjà, signalés, célébrèrent la gloire d'ildefonse et de Marie. Au xiu" siècle, Gonzalo de Berceo rime cette histoire, qui forme le premier de ses Milagros demuestra Sennora. Alonso-le-Savant lui consacre la deuxième de ses Cantigas. Un auteur anonyme du xiv^ siècle, connu sous la désignation de bénéficier ou beneficiado d'Ubeda, écrit en vers une Vida de San Ilefonso. Cristóbal Suarez de Vargas, contemporain de Calderón, publie en 1636 un poème en octaves de la Descensión de Nuestra Señora (1). Enfin, M, Menéndez y Pelayo signale (2), d'après les Index expurgatoires du xvii*' siècle, une comédie intitulée, comme celle de Lope, El capellán de la Virgen. On ne connaît que le titre de cette œuvre, attribué à Fernando de Zarate ou, plus probablement, à Antonio Enriquez Gomez, et dont les exemplaires furent détruits sans doute par ordre du Saint-Office. Je ne cite ici que les œuvres d'imagination. Innombrables sont les F/os sancíofi¿m, chroniques, etc., où cette légende a trouvé place.

En France, l'histoire d' « Hyldefonse et de la savoureuse Leochade » a été pour Gautier de Coincy, le point de départ d'un assez long poème (3). Vincent de Beauvais a recueilli à son tour

i. Toledo, Joan Ruiz de Pereda.

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