‹ Drames religieux;Chapitre 36 sur 75 · II · texte numérisé non relu

II

Une cinquantaine d'années environ séparent le deuxième acte du premier. A Récesvinthe ont succédé, comme rois de Tolède, Vamba, Ervigius, Egica, Witiza, et enfin Rodrigue. On sait comment ce dernier lit violence à Florinda, que les Arabes surnommèrent la Cava, et comment le comte Julián ou Ulan, père de la jeune fille, appela en Espagne les Sarrasins (3). Muza, gouverneur de la Mauritanie Tingitane, envoie en Andalousie son lieutenant Tarik. L'armée de Rodrigue est taillée en pièces après huit jours de combat continu, sur les rives du Guadalete. Muza, informé de cette victoire, prétend se réserver l'honneur et le profit de la conquête. Il mande à Tarik de ne pas pousser plus loin et d'attendre son arrivée. Mais le chef victorieux, sans tenir compte de ces instructions^ divise ses troupes en deux corps qui, après avoir ravagé les campagnes andalouses et s'être emparés des places principales, viennent se concentrer sous les remparts' de Tolède.

La ville ne comptait plus qu'un très petit nombre d'habitants, juifs pour la plupart. Des Espagnols, les uns étaient morts sur le champ de bataille ; d'autres erraient fugitifs, traqués par l'ennemi,

mis en vers par Gautier de'Coincy, Paris, Parmantier et Didron, 1857, p. 75 sg. Cette dernière édition, beaucoup moins complète que la précédente, ne compte environ que 1.350 vers. Dans l'une et l'autre, l'histoire d'Hyldefonse n'occupe que les 650 premicT's vers.

1. Lib. Vil, cap. cxx. — Cet ouvrage forme le tome IV des œuvres de Vincent de Beauvais, dans l'édition de Venise, 1591.

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