‹ Drames religieux;Chapitre 62 sur 75 · La devoción de la cruz · texte numérisé non relu

La devoción de la cruz

t. i; I'!;ugatoire de saint patiuce 2 8?

Et certains critiques désignent, en effet, ce drame sous le titre de El mayor prodigio, y el Purgatorio en ht, vida.

Le nom d'Avendafio nous permet d'assigner à l'œuvre une date approximative. Il ne peul être question ici que de Cristóbal de Avendafio el mozo, lequel mourut en 1635. La comedia de Lope fut donc représentée forcément entre l'année 1627, où parut le livre de Montalban «lui lui servit de modèle, et l'année 1635, où mourut son principal interprète.

Le premier acte se passe à Valence. Ludovico nous est présenté comme un débauché, bretteur, brelandier et, qui plus est, tire-laine (... de noche capea...), prêt à tous les crimes pour se procurer de l'argent. Il sort d'un tripot ayant encore perdu. Plaintes de Teodosia, sa cousine, qu'il laisse toujours seule et dans la misère, après l'avoir enlevée de son couvent. N'ayant plus ni bardes, ni bijoux, elle lui propose de se vendre elle-même comme esclave. Ludovico l'engage à se prostituer. Survient un bourgeois qui, désirant se venger d'un ennemi, s'adi'csse au spadassin. Le meurtre sera bien payé. Ludovico accepte et court jouer la somme qu'il vient de recevoir. Celui contre lequel il joue est précisément ce Roberto qu'il doit assassiner. Il va l'attendre dans la rue. Mais voici qu'un papier se met à voleter devant ses yeux. Pendant qu'il s'efforce en vain de le saisir, Roberto passe et disparaît dans les ténèbres.

Ludovico revient, tenant le papier entre ses doigts : « Ya-t-il quelque chose d'écrit?... J'aperçois là-bas une lampe; à sa lueur je pourrai lire. Approchons. Elle éclaire une croix, et, au pied de cette croix, une inscription dit : Ici on a tu6 un homme. Priez powr ¿li/,' Voilà qui est de bon augure pour ce que je compte faire... Mais, ouvrons ce papier... Qu'est-ce? mon Dieu! Quelle vision épouvantable ! Quelle amère évocation ! Quel prodige effrayant! J'y vois peints l'image de la mort et des mots qui disent : Je suis Ludovic Enius!» Cette scène se trouve tout au long dans Montalban. Dans quel auteur ne se trouve-t-elle pas, au xvii® siècle espagnol, toujours nouvelle, déterminant toujours un frisson d'horreur (l) ?

Mais les présages les plus lugubres ne sauraient émouvoir longtemps ni profondément Ludovic. Il se prend de querelle avec un soldat qui sort de la maison de jeu et le tue. Et lorsque les gens de justice se présentent pour l'arrêter chez Teodosia, où il s'est réfugié en compagnie de Lupercio, il ouvre, l'épée à la main, un passage à sa maîtresse et à son ami.

L Voir p. 381 note 16.

28 8 NOTICK SUIV

Au deuxième acte, Ludovic, après avoir cherché vainement sur toute la terre Teodosia et Lupercio,qui se sont enfuis ensemble, revient en Irlande, son pays natal. De leur côté, les deux amants fugitifs y sont jetés par le hasard. Un paysan les recueille, et nous assistons à des tableaux de la vie champêtre, que Lope sut peindre avec tant de grâce. Seul, errant, désespéré, Ludovic, par une nuit d'orage, est sur le point de se pendre ; mais un sentiment inexplicable l'arrête : « Seigneur, s'écrie-t-il, protégezmoi! venez à mon secours! Miséricorde, mon Dieu! Pitié, Viergesouveraine ! — Il est trop tard, lui souffle le démon. Les oreilles de Dieu restent fermées à tes appels. — Non, il n'est pas trop tard. Jamais Dieu ne ferma ses oreilles au repentir. » Toute l'idée de la pièce est contenue dans ces vers. Ludovico, en effet, apprend l'existence du Purgatoire de saint Patrice. Il y court, Teodosia, qu'il rencontre, ne peut ébranler sa résolution. Il croit à une nouvelle embûche du diable, « mais que peut craindre celui qui est résolu à souffrir vivant le purgatoire ! »

Le troisième acte nous transporte dans le couvent des religieux augustins, gardiens de la terrible caverne. Un étranger arrive de Milan, attiré par sa renommée, « On vient de plus loin encore, lui répond un moine. D'ailleurs, vous arrivez à propos. » Et Ludovic, aussitôt, descend dans les profondeurs du gouffre, après avoir entendu la messe des trépassés. Les diables cherchent à le dissuader, mais un ange l'encourage.

,« Considère, disent les démons, le misérable sort de ces malheureux qui, sans trêve, livrés aux tourments, soupirent, condamnés à. une mort éternelle. Ces damnés, rouges comme braise, dont d'infernales couleuvres et des dragons déchirent la poitrine et rongent le cœur, ce sont les envieux. Ces furieux, armés de couteaux, de dagues et de poignards, qui, pleins de haine et de courroux se portent entre eux de mortelles blessures, ce sont ceux que le monde appelle vindicatifs. Ceux dont des cadenas ont peine à feimer la bouche, ce sont les médisants. Ceux que tu vois là-bas, liés à des colonnes de feu, la ligure pale, les yeux mordus de scorpions 'd'où crépitent des étincelles, ce sont les ingrats. Ceux que tu aperçois suspendus par les pieds, laissant traîner leurs t'êtes parmi des serpents qui assouvissent sur elles leur férocité, ce sont les orgueilleux, que hait le monde. Tous ces tourments, sans parler de beaucoup d'autres encore, te sont réservés si tu persistes en ton dessein. Tous tu les mérites, car tu as commis toutes les fautes. »

Mais Enius poursuit sa route sans faiblir et arrive, après avoir triomphé de diverses épreuves, dans une prairie enchantée où

des sources murmurent, où mille oiseaux confondent leurs chants, où s'épanouissent des fleurs suaves, sous une lumière éblouissante. — Cette description, sous la plume de Lope, est d'une poésie délicieuse (1). — Un noble vieillard s'avance : « ïu as vu, dit-il, tout ce qu'il t'est permis de voir. C'est ici la Cité de Dieu. » Ludovic voudrait y rester à jamais ; mais Patrice s'y refuse. Après sa mort seulement le criminel converti obtiendra cette faveur. Revenu sur terre, il tombe dans les bras de Lupercio et de Teodosia, accourus avec les paysans du voisinage. Toutes les haines sont oubliées. Lupercio et Ludovic prendront l'habit religieux; Teodosia se retirera dans un couvent. « Allons, mes pères, dit Enius, venez, que je vous fasse le récit de mes aventures prodigieuses. J'en suis encore tout tremblant. »

Calderón puisa largement dans le livre de Montalban, dont il a mis à profit les moindres détails et dont des phrases entières ont passé dans sa comédie. Mais il est incontestable qu'il a connu, étudié et refondu en bien des passages la pièce de Lope de Vega. Témoin la scène où Ludovic trouve sa maîtresse sur le chemin de la caverne, scène assez insignifiante en somme, mais d'après laquelle Calderón a conçu l'admirable rencontre d'Enius et de Polonia. El mayor prodigio, qu'il ne faut pas ranger, hâtons-nous de le dire, parmi les meilleures œuvres de Lope, est une composition sans consistance, à l'intérêt toujours fuyant, une série d'épisodes souvent heureux, mais mal enchaînés et d'où peu d'émotion se dégage. El purgatorio de san Patricio étonne par son outrance. Les figures en sont comparables à ces colosses assyriens qui, sans efi'ort et d'un geste vigoureux, emportent sous leurs bras des lions. Leur stature semble monstrueuse, dans les salles mesquines d'un musée, mais devant des horizons sans bornes, sur les murs d'un temple monumental, ils reprennent leurs vraies proportions. Démesurés, comme eux, se dressent les personnages du drame. Mais ce n'est pas seulement au physique qu'ils sortent du cadre ordinaire de l'humanité. Leurs passions, ne connaissant pas de lois, se déchaînent en des violences terribles, entraînent tout sur leur passage. A ces forcenés, il fallait donner pour milieu une nature tragique, bouleversée à l'égal de leurs âmes. Comme elle difiere de la verte Erin que l'on imagine communément, cette Hibernie de Calderón!— sombre Thulé que

4. On peuL Hre celte description dans le livre de M. Adolf Schaeffer, Geschichte des spanischen nationaldramas, t. I. p. 202-3. Je regrette de ne pas la donner ici, mais elle perdrait trop à être traduite séparément.

.li"

battent les tempêtes, où, parmi les brouillards, des antres inexplorés s'ouvrent dans les broussailles ténébreuses des forets. Et, au milieu de ces horreurs, quel n'est pas le charme de ces rares échappées où nous voyons verdoyer une prairie, où nous entendons gazouiller un oiseau! Avec quelle grâce se détachent, parmi ces barbares, la touchante figure de Polonia, la physionomie si douce de Patrice !

Calderón, ici comme en bien des cas, a fait preuve d'un jugement très sûr et d'une grande expérience dramatique en nous présentant côte à côte le saint et le bandit dont les destinées finissent par se confondre (1). A ce point de vue, on pourrait considérer son drame conime la contre-partie de la thèse exposée par Tirso de Molina dans El condenado por deiconfiado. Notons encore que ce qui était action au premier et au troisième acte de El mayor 'prodigio est devenu récit dans El purgatorio de san Patricio. Le Ludovic Enius de Calderón ne saurait commettre sous les yeux des spectateurs toutes les atrocités qu'il enumere avec une forfanterie si gouailleuse. Il en va de même pour le tableau de l'Enfer. Dans la vision qu'en eut le génie païen, la majesté le disputait à l'horreur. Mais le christianisme, à force d'agiter ses flammes devant notre imagination, les a transformées en un épouvantail grotesque. Pleins de l'esprit du Moyen- Age, noQS nous figurons le diable sous une forme ridicule autant que repoussante. Son image matérielle n'excite guère ni notre pitié, ni notre terreur, mais plutôt notre hilarité. Sans doute on pensait autrement au xvii"^ siècle espagnol, où Satan, personnage familier des autos et des comédies religieuses, montait chaque joursurle théâtre. Calderón comprit néanmoins combien il serait impossible de représenter au naturel les supplices infernaux. H préféra les peindre dans ses vers, et son long récit final les évoque devant nous bien plus vivement que n'aurait pu le faire toute l'habileté des machinistes, tout l'art des décorateurs.

Les lecteurs du Purgatoire de saint Patrice ne seront pas sans remarquer les rôles des graciosos Juan Paulin et Llocia, assez différents de ceux que l'on voit d'ordinaire dans les comédies espagnoles. Le gracioso a généralement les vices du Pierrot français : fainéant, glouton, poltron, menteur, vantard, etc. capable d'ailleurs de dévouement. La graciosa est souvent coquette, mais dans une juste mesure. Ici, l'homme étale ingénument son cynisme, et la femme sa lasciveté. Pareille hardiesse attira à

1. Nous avons vu que Patrice vivait auiv^ siècle. G'estauxii^ siècle que Mathieu Paris place l'existence de Ludovic Enius.

Calderón les remontrances de l'autorité ecclésiastique, en bien d'autres cas moins sévère, et voici les curieuses observations qui font suite à son drame, dans le manuscrit Res. 7% 54 de la Biblioteca Nacional de Madrid :

(1)« Par ordre de Votre Seigneurie, monsieur le vicaire général, j'ai examiné cette comédie sans y rien trouver de contraire à notre Sainte Foi catholique, ni aux bonnes mœurs. Aussi V. S. pourrai elle accorder la permission que l'on demande pour la représenter.

« A Valence, ce 8 octobre 1640, au couvent de Notre-Dame du liemède, ordre de la Très Sainte Trinité.

« Fr. Juan Bautista Palacio, « Qualificateur du Saint-Office. »

« Que Juan Navarro examine cette comédie et donne sur elle son avis. »

1. « Por orden de V. S. el Señor vicario general he visto esta comedia y en ella no ay cossa contrariaa nuestra SaniaFee Calholica ni buenas costumbres y assi podra V. S. servirse en darla Ucencia que piden para que se represente.

« Fecho en Valencia, a 8 de octubre 1640, en el convento de Nuestra Señora del Remedio, Orden de la Santissima Trinidad,

« Fr. Juan Bautista Palacio, « qualificador del Sanio Officio.

« Yea esta comedia Juan Navarro y de su parecer.

« E bisto esta coinedia aprobada como aqui consta por Fray Juan Bautista Palacio, calificador de ta Suprema de Valencia, Religioso de la Santísima Trinidad, y quando se represento la primera bez en esta Corte la bieron otros hombres doctos, y entonces como censor deltas yce un reparo que buelbo acer agoró, que fue que ludovico enio en la primera relación que ace de su mala vida pinta escandalosamente un un sacrelejio de sacar una monja de un cómbenlo .' esto me pareció se quitase como se quito por ebitar el escándalo de oirlt, y asi me parece agora lo mismo, pues en el resto del romance en que pinta su tnalavida le sobran atrocidades. Asimismo en el gracioso que con nombre de manido en la primera jornada ace indecoroso, que el personaje fuese galán y no marido. Oy me parece lo mismo por ebitar el escándalo que se puede seguir del. Este es mi parecer.

« En Madrid, a 28 de octubre de 1652,

« Juan Navarro de Espinosa. »

Î9 2 NOTICE SLR

« J'ai examiné cette comédie, approuvée, comme il ¿ipperl cidessus, par Fr. Juan. Bautista Palacio, qualificateur de la Suprême-Inquisition de Valence, religieux de la Très Sainte Trinité. Lorsqu'elle fut représentée pour la première fois en cette Capitale, elle obtint l'approbation d'hommes éclairés. Mais, à cette époque, je formulai, enmaqualitéde censeur, une observation que je renouvelle aujourd'hui. C'est que Ludovic Enius,dansle premier récit qu'il fait de sa vie criminelle, peint en termes scandaleux le rapt sacrilège d'une nonne qu'il enleva de son couvent. Il me parut bon de supprimer ce passage, comme on le supprima en effet, afin d'éviter le scandale. Je suis encore du même avis, car, dans les autres parties du romance où il raconte sa vie criminelle, il y a des horreurs de reste. De même pour le gracioso qui, dans la première journée, joue un rôle abject de mari. lime parut bon qu'il fût désigné sous le nom d'amant, et non de mari. Je suis encore du même avis, afin d'éviter le scandale qui pourrait en résulter. Telle est mon opinion.

« A Madrid, ce 28 octobre 16S2.

« Juan Navarro de Espinosa, »

Disons enfin quelques mots des auteurs que Calderón cite, aux derniers vers de son drame, avec l'érudition aussi aiï'ectée que superficielle qui fut de mode en son temps. Cette liste se trouve dans l'ouvrage de Thomas Messingham, où Montalban la copia, non sans erreurs. Calderón, à son tour, a copié Montalban, — on va voir avec quelle maladresse. Il est étrange qu'aucun critique, jusqu'à ce jour, n'ait rétabli l'ordre et l'orthographe de ces noms, et n'ait donné à propos de chacun d'eux quelques renseignements indispensables. Valentin Schmidt l'avait entrepris, mais il dut s'arrêter en chemin, car il est loin d'avoir épuisé la liste assez longue qui termiae Le Purgatoire de saint Patrice.

La voici, telle qu'on la lit dans le texte espagnol :

Para que con esto acabe La historia que nos refiere Dionisio el gran Cariusíano, Con Enrique Saliarense, Cesario, Maleo Rodal fo^ Doniiciano Esturbaquense, MembrosiOj Marco Marulo, David Roto, y el prudente Primado de toda Ilibernia, Bela7'mino, Beda^ Serpi, Fray Dimas^ Jacob Solino, Mensigano,

Dionisio el gran Cartiisiano. — Denys le Chartreux (1394-1471), connu également sous les noms de Denys de Leewis,et de Denys de Ryckel, parce qu'il était né dans ce village, voisin de Liège. Fut surnommé Doctor ecstaticiis. Voir son célèbre traité De quatuor novissimis , dial. II. art xxviii.

Enrique Saltarcnse. — Henricus Salteriensis, Henri, moine de l'abbaye de Saltrey, dont il a été plusieurs fois question dans cette notice. Ecrivit vers 1 150 son traité De purgatorio S. Patricii.

Cesarlo... Esturb aqueuse. — Césaire d'Heisterbach (1180-1240), moine cistercien né dans le diocèse de Cologne. Voir ses Dialogi.

Mateo Rodulfo. — Ces mots ne désignent pas. comme l'a cru Calderón, un seul et même personnage. Ce sont les prénoms de deux moines anglais qu'il importe de ne pas confondre : 1° Matthieus Parisiensis, Mathieu Paris (1197-1259), moine bénédictin et historiographe de l'abbaye de Saint-Albans, auteur d'une Historia major Anglide (voir notamment p. 280 du présent volume); 2" Ranulph (et non Rodolphe) Hygden, moine bénédictin du monastère de Saint-Werberg, mourut en 1363 et laissa une chronique d'Angleterre, écrite par lui en latin et traduite en anglais par Jean de Trévise (1387) sous le titre de The Polycronycon.

Domiciano. — Erreur grossière de Caldci-on. Ce n'est pas un nom propre, mais la désignation de religieux dominicain {dominicano) dont Montalban fait suivre le nom de Jacobus Genuensis, Jacques de Vorágine, né au xiii^ siècle à Varaggio, province de Gênes, et auteur de la célèbre Legenda áurea.

Membrosio. — Boninus Mombritius, Bonino Mombrizio (1424-1482) né à Milan. Voir son Sanctuarii(m,sice vitœ sanctorum.

Marco Marulo. — Marcus Marulus (1450-1524), né à Spalato, en Dalmatie. Voir son Bene vivendi instituía typo sanctorum... lib. III, cap. III.

David Roto. — David Rothus ou Rothe, évêque d'Ossory. C'est lui, et non Bellarmin, qui fut vice-primat d'Irlande, de 1618 à 1650, année de sa mort.

Belarmino. — Le cardinal Robert Bellarmin (1542-1621), né à Montepulciano,en Toscane, auteur de différents ouvrages théologiques.

Beda. — Le vénérable Beda ou Bède, bénédictin anglais né en 735 et auteur d'un grand nombre d'ouvrages (voir p. 279 du présent volume).

Serpi, Fray Dimas. — F. Dimas Serpi, moine sarde de l'ordre des Frères Mineurs, publia en castillan une Chronica de los santos de Sardeña, Barcelona, Sebastian de Cormellas, 1600. Et, dans la

tàk

même ville, en 1004, un Tratado del Purgatorio contra Lutero y otros hereges. Voir ce dernier ouvrage, cap. XIV.

Jacob Solino. — Il s'agit ici non de Jacobus (?) mais de Gains Julius Solinus ou Solin, le célèbre imitateur de Pline. Ce fut vers le milieu du ni'= siècle qu'il écrivit son Polyhistor ou De situ orhis terrarum. Il n'a donc pu parler de Patrice, lequel naquit seulement en 371. Mais son commentateur, Joannes Gamers, fait une allusion au saint irlandais et cite dans son livre les vers de Claudien que nous avons donnés p. 277. Voir îoannis Camertis minoritani, artium et sacrœ theologise doctoris, in C. lulii Solini TTo'XtaTWûot enarrationes, Vienne, loa. Singrenius, 1520, cap. xxv. A propos de Solin, notons que cet auteur remarque déjà que les reptiles «t autres animaux venimeux ne vivent pas en Irlande, — particularité dont la légende fît gloire plus tard à saint Patrice.

Mensiganus. — Thomas Messingham, dont il a été plusieurs fois question dans cette notice.

Page 1