‹ Drames religieux;Chapitre 61 sur 75 · Patrolofjie latine, L XCX à XCXV · texte numérisé non relu

Patrolofjie latine, L XCX à XCXV

dans le comté de Lancastre, écrivirent à lenr tonr cel te histoire. Leurs récits ont été insérés par Thomas Messingham dans son Florilegium insulœ sanctorum, Paris, Sébastien Cramoisy, 1624. L'élément fabuleux y occupe une place importante. Les miracles du saint s'y trouvent minutieusement relatés, ainsi que le voyage du soldat dans les profondeurs de la caverne infernale. On voit donc combien Ticknor était mal informé lorsqu'il écrivit que Montalban « ajouta à la légende ordinaire de saint Patrice ce conte étrange, tout entier de son invention. »

Mathieu Paris (1), Jacques de Vorágine acceptent cette légende, et successivement, après eux, une foule d'écrivains. Les uns n'y font qu'une brève allusion ; d'autres se complaisent à en retracer les détails; d'autres encore, comme nous l'avons déjà vu, la soumettent à un examen critique. Des relations manuscrites se répandirent en grand nombre. L'une d'elles, sous le titre de Purgatorium sancii Patricii, fait partie du códice Ee, 103 (pet. in-4, sur vélin, du xiv^ s.) de la Biblioteca Nacional de Madrid (2). Les principales Vies f/es Saints parlent de Patrice à la date du 17 mars. On peut consulter par exemple, pour ne citer qu'un ouvrage espagnol. Fias f^anctorum d'Alonso de Villegas.

Les premières rédactions en langue vulgaire apparurent au commencement du xiii® siècle, prenant pour matière les ouvrages de Jocelin et d'Henri de Saltrey. La plus connue est celle que rima une poétesse anglo-normande, Marie de France (3), qui résidait en Angleterre. Son poème comprend 3302 vers et elle le composa, comme elle nous l'apprend elle-même, afin de pendre accessible à la généralité du public le Livre du Purgatoire :

Jo Marie ai mis en mémoire Le livre de FEspm'gatoire, En romanz k'il soit entcndables A laïe gens e convenables.

1. Ou plutôt lloger de Wendover, qui écrivit, dit-on, les premiers livres de la Historia major c.n(jlorum, et auquel Maihieu Paiùs aurait succédé comme historiog'raphe du monastère de Saint Albans. Voir Grande chronique de Mathieu Paris, traduite par A. Huilard Bréholles, Paris, Paulin, 1840-44.

2. C'est une copie de la relation d'Henri de Saltrey. M. Friedel, professeur à l'Université de Liverpool, prépare en ce moment une noiice détaillée sur les différents textes contenus dans le ms. Ee, 103; entre autres sur le Purgatorium qu'il se propose de comparer au ms. de Bamberg, et au texte imprime par Colgan, Acta sanolorum veteris et majoris Scotige..., Louvain, 16-Í5.

3. ¡*oesies de Marie de France, publiées par Roquefort. Ouvrage déjà cité..

Vers cette même époque, les voyages merveilleux devinrent un thème littéraire extrêmement en faveur. Les uns satiriques et allégoriques comme La voie de Paradis (1) de Rutebeuf; d'autres, édifiants ou pittoresques. Il faudrait remonter jusque là pour chercher l'origine de certaines œuvres, bien différentes de ton et postérieures de plusieurs siècles, telles que les Histoires comiques des états et empires de la lune et du soleil, de Cyrano de Bergerac. Et Gulliver serait bien étonné sans doute en apprenant qu'il eut pour aïeul Messire Yvain.

A leur tour, les auteurs dramatiques du Moyen-Age usèrent de cette fiction, et l'on peut citer, entre autres, l'histoire d'un prévôt que la Vierge rappela sur terre, après sa mort, pour lui permettre de remplir certaine obligation contractée de son vivant. Il déclare avoir reconnu son frère au milieu des flammes et raconte en ces termes son arrivée au Purgatoire :

Et aussi c'un pourcel se voultre, Fu j'es peines de la voultrez Si tost conme g'y fu entrez, Ne jamais n'en cuiday partir (2).

De ces diverses légendes, il en est deux surtout qui nous intéressent. La première a pris naissance à la même époque et sous les mêmes climats que celle de saint Patrice. La deuxième, imprimée en Espagne au milieu du xvi« siècle, semble dériver de la précédente.

L'histoire de saint Brandaines ou Brandan est suffisamment connue en France depuis les publications d'Achille Jubinal et de Francisque-Michel (3). Ce moine irlandais vécut au vi'' siècle. Emerveillé par les récits d'un voyageur, il s'embarqua, en com-

1. Œuvre<! complètes de Riilebeuf, trouvère du xni^ siècle, publiées par Achille Jubinal, Paris, Daffis, 1874-75, 3 vol. de la. Bibliothèque elzévirienne. On trouve dans cette édition deux poèmes différents intitulés La voie de Paradis. L'un, t. II, p. 169,est l'œuvre de Rutebeuf lui-même. L'autre, t. III, p. 195, est anonyme.

2. Cy commence un miracle de Nostre Dame d'un prevost que a la requeste de saint Prist Nostre Dame délivra du purgatoire. Voir Miracles de Nostre Dame, publiés par Gaston Paris et Ulysse Robert, Paris, Firmin-Didot, 1877-93, 8 vol. T. II.

3. Achille Jubinal, La légende latine de S. Brandaines, avec une traduction en prose et en poésie romanes, Paris, Téchener, 1836. — Les voyages merveilleux de saint Brandan à la recherche du Paradis terrestre, légende en vers du xn^ siècle, publiée par Francisque-Michel, Paris, Claudin, 1878.

pagiiie (le plusieurs religieux, pour se lancer à la recherche du Paradis terrestre. Mais, avant d'arriver à son but, la petite troupe visite bien des terres étranges ou charmantes, et s'expose à bien des périls. Elle côtoie l'Enfer, poursuivie par un démon qui, nouveau Polyphème, jette contre elle des blocs incandescents; interroge Judas, lié au milieu des flots à un rocher que la mer flagelle sans cesse. Déjà l'on devine, informe et embryonnaire, la conception de l'épopée dantesque. Un passage de ce poème a directement rapport à saint Patrice, dont, au dire de certains auteurs, on ignorait la sépulture.

Voici la transcription de ce passage en prose romane, telle que la donne M. Jubinal :

« Je sui norris en Vabbéie saint Palrise par. L. ans et vuardoit le cimmetière des frères. Un jour avini que mes doiiens me demonstra le lin dhine sépulture où vns mors seroit ensevelis. Uns vieillnrs m^aparut que je ne connissoie mie et dist : — « Ne voeilliès mie biau frère faire cele fosse chi; car chou est H fosse d'un autre. Je dis à lui : — Biau père, kl ies-tu ? et il dist : — Pour coi ne me connoistu ? En ne sui j ou tes abbés'l Je respondí à lui : Sains Patrises est mes abbés; mais il dist: — Je suis sains Patrises. Je trespassai ier de che siècle. Cis liu est de me sépulture. Il me demoustra che liu: — Chi enfouerai no frère, et ne di à nului chou que je Vaidit... » (1).

« La légende de saint Brandaines, dit M. Jubinal, existe également en vieil irlandais, en gallois, en ancien espagnol^ en anglais et en anglo-normand. » Cette phrase, en ce qui concerne l'Espagne, fait allusion, je suppose, à la légende de saint Amaro, imprimée à Burgos, l'an 1552 (2). Les imprimeries populaires de la Péninsule, que l'on pourrait comparer à celles de Troyes, d'Epinal ou de Montbéliard, rééditent encore aujourd'hui ce petit livre, dont je possède un exemplaire datant de ces dernières années. Il ne difl'ère de ses aînés, sortis des presses de Juan de Junta, que par la langue, rajeunie et beaucoup moins savoureuse ; les détails sont à peu près les mêmes. Amaro était né en Asie. Comme saint Brandan, il part avec ses compagnons sur une barque qui aborde en diverses îles habitées par des communautés religieuses. Les glaces polaires retiennent captive

•1. A. Jubinal, ouvrage cité, p. 100.

2. La vida del \ bienaveturado saut / Amaro^ y de los / peliqros q passa, j hasta que llego / al Par ay so / terrenal. ¡ Alafin:FMe impressa lapresentej vida del bien aii'ëtur ado sant Amaro \ en la muy noble y mas ieal ciu / dad de Burgos. En casa ¡ de Juan de Junta a / veynie dias del I mes de febre ¡ro mil gui \ nieiitos \ y. L.ll, / años, f pet.in-4 golh

LE PUKGATOIUE DE SAINT PATiaCE '2 8 3

rembarcatioii, e( l'équipage deviendrait la proie des monstres marins, si la Vierge en personne ne daignait le secourir. Enfin Amaro pénètre jusqu'au seuil du Paradis, où il passe en extase deux siècles qui lui semblent plus courts qu'une heure (1).

J"ai cru ne devoir pas séparer les légendes de Brandaines et d' Amaro, quoique cette dernière ne se trouve pas ici à sa place chronologique. Si les épreuves qu'ils eurent à souffrir Fun et l'autre sont moins atroces que celles affrontées par Owen, c'est sans doute parce que leur vie avait été plus pure. Mais tous trois, qu'ils s'y aclieminent sous terre ou sur mer, ne tendent ils pas au môme but. — contempler de leurs yeux mortels la gloire céleste et le séjour des élus? Tous trois ne se dirigent-ils pas vers la terre promise du Bonheur, cet Eldorado enveloppé de brumes si épaisses, entouré de récifs si dangereux, qu'un pied humain ne s'y pose pour ainsi dire jamais.

Dante, auteur et héros à la fois de la divine épopée, fui le dernier à accomplir le sombre voyage. Son poème se réclame de L'Enéide, et si Virgile guide ses pas à travers les cercles maudits, c'est qu'il les avait déjà explorés en compagnie du fils d'Anchise. Mais l'iniluence des vieilles traditions irlandaises, qui s'étaient propagées peu à peu dans l'Europe entière, se fait sentir dans les rimes de l'illustre Florentin, dont le génie a refondu en un chef-d'œuvre impérissable diverses matières brutes, éparses çà et là.

A])rès le nom sublime de l'Alighieri, nous inscrirons encore celui de Rabelais, dont Fn-uvro vaste et puissante s'érige comme

i. Cette légende étant assez peu connue en France, je l'ai traduite tout au long, à la fin de ce volume, d'après fédition de 155?. — Saint Amaro a, paraît-il, réellement existé. Il vécut en Espagne, on ne sait au juste à quelle époque. Il était français d'origine, et le P. Florez, auquel j'emprunte ces détails {España sagrada, t. XXVII), a assimilé son nom à celui de saint Maur. Se rendant en pèlerinage à Saint Jacques de Galice, iVmaro s'arrêta à VHospilal del Re/j, voisin de Burgos, « et, ajoute Florez, il en est peu qui aient entendu parler de lui en dehors de cette province. » Là, il se dévoua à recueillir et à soigner les pèlerins qui tombaient, sur les routes, épuisés de fatigue et de privations. Après avoir accompli son vœu et visité le tombeau de l'apôtre, il regagna Burgos où il mourut plus tard en odeur.de sainteté. Au moment où il expirait, une clarté si éclatante illumina les airs que l'on crut voir la ville en flammes. Il fut enterré dans le cimetière de Vlîôpital du roi, devant l'autel d'une petite chapelle où son tombeau subsiste encore, entouré des ex-voto les plus bizarres : tableaux commémoratifs de guérisons miraculeuses, membres de cire, tresses de cheveux, etc.

un monument d'ordre composite, où le goût exquis de la Renaissance vient s'allier à l'imagination grimaçante du Moyen-Age. Les deux derniers livres de Pantagruel ne sont-ils pas comme une parodie de toutes les pérégrinations merveilleuses? Panurge faisant voile vers l'oracle de la dive Bouteille ne pourrait-il passer pour la caricature colossale des moines et des chevaliers dont nous venons de raconter les exploits ?

En 1506 parut à Lyon un livre portant le titre suivant : Le voyage/ du puys sa/ inct patrixj auquel lieu/ on voit les peines de/ purgatoire. Et aussi/ les ioyes de paradis,/ A la fin : Cy finist le voyage du puys/ sainct patrix. Imprime a lyon/ sur le rosne par Claude nourry / lan mil cinq cens et six le xx/ iour doctobre/ (1). C'est une nouvelle version — probablement la première en prose française, — du roman diabolique qui, cette fois, a pour héros u ung noble cheualier lequel estoit appelle Oben et estoit natif des parties dalemaigne » (2), Trois autres relations du Purgatoire, plus ou moins différentes de cette première, s'imprimèrent à Paris avant le milieu du xvi'' siècle (3), Peut-être ont-elles été imitées ou traduites toutes quatre d'un Purgatorium divi Patricii, imprimé à Memmingcn dans les dernières années du siècle précédent. Je ne me flatte pas, je l'ai déjà dit aux premières lignes de cette notice, d'établir une bibliographie sans lacune des ouvrages relatifs au patron de l'Irlande. Mon seul but a été de démontrer que sa légende, née vers le xi^ siècle, ne fut jamais négligée depuis et, suivant un cours ininterrompu, a été transmise par les monastères hiberniens aux théâtres de Madrid.

L'Espagne éprouva de tout temps une sympathie, intéressée parfois, mais sincère néanmoins, pour les catholiques de la Grande-Bretagne, particulièrement pour les Irlandais. Philippe II envoie l'Invincible Armada contre les hérétiques; en 1592, il fonde à Salamanque le Colegio de nobles irlandeses, etc. (4). Vers

1. Pet. in-4 goth. Une réimpression fac-similé de l'exemplaire unique, conservé à la Bibliothèque nationale de Paris, a été tirée à 42 exemplaires chez PoUet et Gie, Paris, 1839.

2.Valentin Schmidt {Die schai^spiele Calderoiis,E\herïe\d,i8bl,Y>- 424) signale une œuvre espagnole, publiée à Léon en cette même année 1506, et intitulée La cueva de san Patricio. Cette édition, dont je n'ai trouvé ailleurs aucune trace, est certainement celle de Claude Nourry, dont le critique allemand aura lu, je ne sais où, le titre cité en espagnol. Gomment expliquer autrement la coïncidence des dates et la similitude des lieux d'impression?

3. Voir le Manuel du libraire de Brune t à l'article Purgatoire.

4. Les Espagnols du xvn« siècle durent, je ne sais à quelle occasion

la même époque, diverses œuvres attirent sur saint Patrice l'attention des lettrés espagnols. C'étaient notamment : De vitd S. Patricii^Jiiherniœ apostoli, libri duo, publiés en 1587 par Ricliard Stanihurst chez le célèbre imprimeur anversois Christophe Plantin. Plus tard : Florilegium insulss sanctorum, de Thomas Messingham, Paris, Sébastien Cramoisy, 1624; Historié catholicse Iberniœ compcnJium, de Philippe O'Sullevan, Lisbonne, Crœsbeck, 1621, et, du même O'Sullevan, Patritiana decas, Madrid, Francisco Martínez, 1629. Fils d'Alonso Perez, l'un des libraires les plus en vogue de Madrid, Montalban n'eut pas de peine à consulter ces ouvrages, qu'il avait sous la main.

Il s'inspira des trois premiers pour écrire et publier en 1627 une Vie de saint Patrice (1). Ce petit livre se divise en neuf chal)itres. Les cinq premiers contiennent la biographie de l'apôtre, la description de l'île et de la caverne, le détail des formalités auxquelles étaient astreints ceux qui prétendaient y pénétrer. Les quatre autres sont consacrés aux aventures de Ludovic Enius. Cette histoire romanesque, semblable, par sa mauvaise exécution

avoir le dessein de débarquer en Irlande el de se porter au secours de leurs coreligionnaires. Le manuscrit P. V. — Fol. ; C. 17, n° le delà Biblioteca Nacional de Madrid ne laisse subsister aucun doute à cet égard. C'est un rapport sans signature, ni date, mais. postérieur à 1624, sous le titre suivant : Descripsion del Rey no de yrlanda, puer Los de mar, plaças fiierles, armas, muniçioites, soldados, pagados, Rentas Reales, (inimos de los naturales del Reyno. Sur le pli : Notiçij del Reyno de yrlanda sus puertos, fuertes, armas, soldados, ánimos de la gente, y el lugar tiempo y modo de su empresa. Ce mémoire contient des renseignements très détaillés sur les forces, les ressources de l'Irlande, l'époque de Tannée et le port les plus favorables à un débarquement, l'esprit de la population protestante et catliolique. Il y est dit en propres termes : « Les catlioliques ne désirent yïen tant au monde que de se voir délivrés de la crainte continuelle où ils sont de perdre leurs biens, leurs vies, par l'avarice de ces hérétiques sans âme. Ils n'espèrent rien que de la guerre et de la protection de Votre Majesté Catliolique, en laquelle, après Dieu, ils ont mis toutes leurs espérances... Celui qui écrit cette relation s'est entretenu avec plusieurs seigneurs catholiques, lesquels lui ont affirmé que, si le roi d'Espagne envoyait une flotle en Irlande, ils se déclareraient en sa faveur. Les unsont offert mille hommes, d'autres cinq cents, d'autres deux cents... L'époque la plus favorable serait le mois de septembre ou d'octobre. Avant 1 hiver, les ports les plus importants seraient pris et fortifiés, et le mauvais temps nous serait d'un grand secours, sur terre et sur mer, contre l'ennemi. »

i. L'édition que j'ai sous les yeux porte le titre suivant : Vida y purgatorio del glorioso S. Patricio, arzobispo y primado de //z6e/'nm, Madrid, Bernardo Peralta, 1723.

typographique et par sa ['orme lilLéraire, à, iaiil d'aiüres iv!es de savilfi <|ui se publiaient alors en Espagne, dut èlre accueillie avec une singulière faveur, puisqu'on la réimprimait encore cent ans plus tard (1). Le personnage d'Enius y aiîecte une physionomie très caractéristique de l'époque. Messire Owen est devenu sous la plume de Montalban une sorte de Don Juan soldatesque, fanfaron de vice qui, au milieu de ses aberrations les plus criminelles, conserve intacte sa foi et finit dans la sainteté. Cette étrange conception de la grâce, si chère aux écrivains dramatiques du XVII® siècle espagnol, a défrayé pendant longtemps leur théâtre de héros extravagants et sublimes. Le premier en date fat, si je ne me trompe, Cristóbal de Lugo, Vheureiix rufián de Cervantes, que suivirent bientôt le Leonido (2) de Lope, le Paulo (3) de Tirso, le Gil (4) de Mira de Amescua, l'Eusebio (5) de Calderón, le San Franco de Sena de Moreto, etc. La liste en serait trop longue.

Lope de Vega ne dut pas tarder à s'inspirer de l'œuvre de Montalban pour composer son drame El mayor prodigio. La Barrera, qui mentionne cette pièce dans son Catálogo del teatro antigvo español, commet une erreur en la rangeant au nombre de celles qui furent publiées seulement en éditions siíc/ír/s. L'exemplaire que j'ai vu à la Biblioteca Nacional de Madrid et qui provient de la bibliothèque d'Agustin Duran, comme celui que cite La Barrera, — c'est apparemment le même, — est folié de 141 à i 62, le verso du dernier feuillet en blanc. Il porte les signatures y, y 2, y 3, "y 4, z, z 2, z3,..., A% A^ 2, A' 3, et est incomplet des f°^ 152-153. Preuves évidentes qu'il ne s'agit point ici d'une suelta, mais d'un fragment de quelque Parte desconocida. Le titre est comme il suit : El mayor prodigio/ comedia/ famosa/ de Lope de Vega Carpió./ Representóla Aiiendaño./ A la fin de la pièce, le poète s'exprime ainsi par la bouche de Ludovico :

Aqui el autor livmilde à todos suplica le perdonen., dando fin.

El Purgatorio en la vida que este es El mayor prodigio que halló en historias escritas.

1. Le Catalogue of tke spanisk lUiranj de Ticknor mentionne une édition de Madrid, Alonso y Padilla, 1739. 2 La fianza satisfecha.

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