y gué nombre es el suyo
— Par patria y por nombre es Teuca.
2. Voir mes Intermèdes espagnols du xvip siècle, p. 310, et, dans le présent volume, le rôle du gracioso Ali (deuxième journée de La vierge du Sagrario).
3. Mystères inédits du xv siècle, Paris, Téchener, 1837, t. Il, p. 381. Sur les sibylles on peut aussi consulter Pedro Mexia, Silva de varia lección, 3a part., cap. xxxiv (ou la traduction française de Claude Gruget); Alonso de Villegas, Flos sanctorum, etc.
4. 1609. Voici l'article auquel M Jubinal fait allusion: « Non fiant in ecclesiis aligna in'Iecentia, nec reprœsententur giiae oculos proborum Catholicorum offendunt, et populum ad risum provocant : uti reprxsenlatio Prophelarum aut Pastorum in nocte Natalis Domini; cantus prssdictionum Sibyllarum... »
LES CHEVEUX DABSALON 19
article formel. Malgré son arrêt, il continua cependant à être question des sibylles à la messe des morts, dans la prose du Dies irœ, au troisième vers qui était ainsi conçu :
Teste David cum Sibylla.
Aujourd'hui on l'a remplacé par ces mots :
Crucis expandens vexilla. »
Michel-Ange, suivant un vieil usage, n'a pas craint de mettre les sibylles au rang des prophètes. Saiil, après avoir interrogé en vain l'Eternel, n'alla-t-il pas consulter la pythonisse d'Endor? Calderón pouvait donc, sans irrévérence, mêler la sienne aux héros de la Bible. Loin de se trouver déplacée dans ce milieu de légende religieuse, Teuca devient un des ressorts les plus essentiels de l'action, dont elle ménage ou suspend à propos l'intérêt. Ce personnage a été repris par le poète, sous les traits de la reine de Saba, dans son auto intitulé El arbol del mejor fruto, et dans La Sibila del Oriente.
Tamar, après son infortune, fut consolée et recueillie par son frère Absalon, A partir de ce moment, la Bible ne nous apprend plus rien à son sujet. Les dernières paroles que prononce la Tamar espagnole font allusion à cette incertitude : « Je vais, ditelle, m'ensevelir vivante dans le milieu le plus obscur. On ignorera si j'y vis, puisque l'on ignore si je meurs. » Mais, avant de se perdre dans l'oubli, elle joue sur le théâtre un rôle qui modilie sensiblement sa physionomie historique. L'héroïne principale ne pouvait disparaître tout à coup au milieu du deuxième acte. Calderón, d'accord encela avec Tirso et Godiiiez, la fait assister au meurtre d'Amon, à Baalhasor. Puis, "se remémorant, je suppose, certaines amazones de l'histoire sacrée ou profane, telles que Jahel, Judith ou Zénobie ; sacrifiant sans doute à son propre goût autant qu'à celui de ses contemporains pour les « belles guerrières », il n'hésite pas à l'associer aux luttes politiques du troisième acte. Pareille exception n'est pas sans exemple dans les mœurs antiques de l'Orient, et l'on s'explique fort bien que cette âme déjeune fille^ d'abord affectueuse et passive, se redresse, après l'outrage, toute frémis-^ante d'une farouche énergie.
L'histoire de David a inspiré quantité d'écrivains dramatiques de tous les temps et de tous les pays. Mais ils se sont attachés, pour la plupart, à transporter sur la scène la première partie
èO NOTICE SU«
de celto JiisLoire : la lutte contre (jolicilh, les persiVmtioMS de Saïil, ramitié de Jonatbas, les amours du roi avec Micliol, Abigaïl ou Bethsabée. Nous laisserons de côté (1) cette longue série de pièces qui n'ont qu'un lointain rapport avec notre suj(it, pour rechercher de préférence celles qui traitent d'Absalon ou de Tamar. Je ne me flatte pas d'en donner la liste complète, quoique je n'aie rien négligé pour éviter des omissions trop grossières.