C-te d'amour, tableau de W'.nteau
le maitre-autel, elle est devenue l'orgueil de la (ialerie royale. A peu près contemporaine est l'entrée au Musée de la délicieuse sainte Agnès de Ribera, désignée tantôt sous le nom de sainte Marie-Madeleine, tantôt sous celui de sainte Marie-Egyptienne.
Lorsque fut entrepris l'inventaire de 1753. la Galerie du roi de Pologne possédait presque tous ses chefs-d'œuvre, ainsi qu'en témoigne la publication en deux volumes (1753 et 1757], d'estampes gravées, d'après les dessins de Charles et Pierre 1 lutin, ])ar des graveurs allemands, français et italiens. La Guerre de .Sept Ans arrêta naturellement l'essor du musée. Ses chefs-d'œuvre furent mis en siireté à la
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citadelle de Kœnigstein et n'en furent rapportés qu'en 1763, après la conclusion de la paix.
Pendant la seconde moitié du xvili" siècle, emplo3ée à réparer les
l'Imlu Aliil,.
La Vierge, dite de Saint-Sixte, par Raphaël Sanzio.
désastres subis par la .Saxe et à restaurer ses finances, la collection ne s'accrut que d'oeuvres de peintres secondaires, saxons ou fixés à Dresde par leurs fonctions ; c'est l'époque de Mengs et de Dietrich.
Anton-Raphaël Mengs (1728-1779^ fut astreint par son père dont le prénom : Ismaël dénonce l'origine Israélite, à dessiner durant tant d'années en Italie d'après les maîtres, que la facilité d'assimilation avec laquelle il empruntait dessin, couleur et composition à tous les artistes en faveur :
Raphaël, le Corrège, le Titien, fit illusion à ses contemporains sur son talent de simple imitateur. Aujourd'hui ses compatriotes eux-mêmes ne vantent plus son mérite. 11 est surtout représenté à la (ialerie de peinture par les portraits au pastel, de souverains de la Saxe, de peintres et de chanteurs contemporains.
Tandis (\uf. Mensjs s"ins])irait servilement de l'HcoIe italienne. Ernest
l'Iiolo Alinari.
Sainte Agnès, de Kibtra.
Dietrich 171 1-1774) pastichait plutôt les peintres hollandais, Mieris pour le faire méticuleux et propret. Van der Werff pour le ton des chairs, et, pour la composition de ses paysages avec figures, Berchem, si admiré au XVlir siècle et (|ui a de fort belles toiles à la Galerie royale lion ilessinateur mais peu personnel, sauf dans les croquis d'animaux et de paysages qu il traçait à Rome en 1743 et en 1756 et qui offrent un certain accent, il était essentiellement propre à professer dans une Académie.
LES MUSEKS DE DRESDE
En 1697. à l'exemple de Louis XIV. Auguste II avait fondé à Dresde une Académie des Beaux-Arts. Il avait d'abord placé à sa tête Chr. Pehlingà qui. en 1725, succéda Louis Silvestre. De nombreux artistes étrangers fixés à Dresde, furent admis dans cette académie, les architectes Le Plat, Jean de Bodt, ],onguelune, Manyocki, ■ — hongrois de naissance, mais élève d'Hyacinthe Rigaud on lui doit un bon portrait de Dinglinger, au Griincs Geivôlbr). Placée en I 764 sous la direction du peintre français Charles Hutin. — représenté lui-même à la Galerie royale par une Fil- Ictti' lisant une lettre dont la grâce juvénile fait pressentir la manière de Greuze avec une ingénuité plus vraie. — elle fut transformée en une sorte d'Ecole des Beaux- Arts, divisée en sections de peinture, sculpture, gravure et architecture.
Les nationaux n'y furent pas oubliés. Elle compta comme professeurs les architectes ExneretKrubsacius. les sculpteurs Paul Herrmann et Gottfried KnofUer, le pa}sagiste Alexandre Thiele. Œser qui décora le théâtre de Leipsick, Dietrich et Raphaël Mengs.
B. Belotto y enseigna la perspective, Adrian Zingg, formé à Paris aux leçons de Jean-Georges Wille, la gravure. Il était Suisse de naissance comme cet Anton Graff, de Winterthùr, appelé en 1765, par Hagedorn. Directeur général des Arts, à Dresde, pour \ professer la peinture de portrait et qui a peint, en pied ou en buste, nombre de ses contemporains, avec une science réelle du modelé.
Originaire de Suisse aussi, cette Angelica Kauffmann dont le talent, d'une grâce douceâtre, eut en Angleterre, à la fin du XVIII" siècle, autant
l'Iinlu Alinari.
Portr.iit de Raphaël Meiigs, par lui-même.
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de vogue qu'en France celui de M"' Vigée Lebrun. Avec elle, le siècle de la peinture aimable s'achève dans la fadeur !
Au XIX'' siècle, la Galerie de j)einture a subi des remaniements, sous l'influence des \ariations du goût Pendant le directorat de -Mathsci (1823-
Pholu Tamni-j
Portrait d'Anton Graff, par lui-même.
1845), on tira au Dépôt un certain nombre de toiles qui furent jugées dignes de prendre rang auprès des précédentes. Sous ses successeurs. Louis Schnorr de Carosfeld ^1846-1871), Julien Ilubner (1871-1882^ et K Wœrmann (1882-1 9 10;, des acquisitions nouvelles vinrent s'ajouter aux anciennes. On doit à l'initiative de Schnorr celle de quelques œuvres d'artistes italiens de la première Renaissance : Piero di Cosimo, Lorenzo di Credi ; l'entrée, en 1853. de quinze tableaux espagnols, provenant de la succession du roi Louis-Philippe, et du Crucifiement d'Albert Diirer.
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Dans les quarante dernières années, la direction des JMusées s'est efforcée d'accroître les richesses de la Galerie en œuvres de toutes les écoles. Les plus remarquables toiles qui y soient entrées dans cette période sont le Moitliii à cait d'Hobbema et l'harmonieux tableau de la Mort de sainte Claire peint par Murillo pour le cloître des Francis-
PIi.jIo Alinjpi.
Portrait de femme en vestale, par Angelica Kauffmann.
cains de Séville, de cette touche argentée et « mA'stique » dont parle Chateaubriand. Enfin on a donné accès aux Primitifs, si dédaignés au
xviir siècle.
La partie nord-ouest du rez-de-chaussée est affectée au Cabinet des Estampes, un des plus riches de l'Allemagne. Afin de racheter les inconvénients de l'exiguïté du local, les conservateurs renouvellent fréquemment la série des gravures exposées.
La Saxe est redevable de la création de ce Cabinet à Auguste II, qui en confia l'organisation à son médecin Heucher. 31ais la collection s'est grandement développée sous son successeur, grâce au savoir et au goût de Henri de Heinecken. nommé conservateur en 1746, et qui, très épris des gravures allemandes anciennes, l'enrichit de nombreuses pièces des XV et x\'i" siècles. Dans ce fonds, on peut admirer 18 figures de jeu gravées au burin en 1462 par le Maître des Jeux de cartes '. 124 feuilles du maître E. S. de 1466, des gravures de Schongauer, .Meknem. A Durer-, Holbein, Cranach, Flotner. IVililuiii^- (îrien, P.arthélemy et Sebald Rehani. Aldegrever et ses Histoires bibliques ou antiques, ou la splendide suite dessinée par Burgmair pour les Triomphes de Maxiniilicn. Heineckeno a décrit la collection dans un ouvrage publié en 1777, à Leipzig : Idée générale il' Il ne coUectioii d' Estaiiipes. lin 1763, à la mort du roi, son protecteur, il fut remplacé par le Hambourgeois Hagedorn, sous la direction duquel le Cabinet des Estampes fut ouvert à la curiosité des travailleurs. On y a recueilli également des dessins originaux de maîtres allemands et hollandais, des études et gravures des peintres saxons du xviii" siècle : Dietrich. Rajjhaël -Mengs, (Eser. Al Thielc. de /-ingg et de Chodowicki.
1. Apres le Cabinet des Estampes Je notre Bibliothé(|Ue nationale ((ui en possùile 71 dont une coloriée, c'est celui de Dresde qui détient h- plus ^rand nombre de ces épreuves rarissimes.
2. Parmi les ouvrages précieux à enluminures exposés à la Bibliothèque royale (Palais Japonais), se trouve le Traité autographe d'A. Durer sur hs Proportions du corps hunmiii, illustré de figures dessinées de sa main.
I'ImjI.i .\lin.ii'i.
L3 Mort de sainte Claire, par .\Iurillo.
Pholo Tamme.
La Grand'GSrde sur la place du château (1850). Au fond, les flèches de ]ii Sopbienkircïu [1S64) .