‹ Dresde, Freiberg & MeissenChapitre 8 sur 21 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LA DRESDE MODERNE

XIX" siècle et début du xx'-. — Période de lEmpire français. — Épuisement artistique. — Retour au moyen âge ; le romantisme. — L'école de Dusseldorf, son influence sur la peinture et l'architecture. — G. Semper et ses créations : Le Théâtre de la Cour, le Musée de Peinture. — Imitation du style Renaissance. — Monuments construits depuis 1870. — Le inoJcrn-styl ; agrandissement de la Ville. — Le Musée des Arts industriels. — Peinture et sculpture contemporaines. — Promenades et jardins. — La grâce de Dresde.

Les vingt premières années du xix'" siècle furent infécondes au point de vue de l'art. Toute sève créatrice paraît alors épuisée et la Saxe ne possède même pas un David

Retentissante du fracas des armes, agitée par les bouleversements politiques, l'époque napoléonienne, loin d'être favorable aux arts, cause des ruines : le 13 mars 18 13, malgré la résistance de la population, le maréchal Davout fait sauter deux arches du pont, rupture inutile puisque, Napoléon, quelques jours après, le fit rétablir pour le passage de son armée ; la grande bataille livrée le 26 août sous les murs de Dresde,

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amène de nouveaux dégâts dans le Grand Jardin. Puis, après les revers des Français, les Russes prennent possession de la ville. Ils y demeurent jusqu'à ce que le Congrès de Vienne ait réglé le sort de la Saxe, démembrée au profit de la Prusse, et celui de son roi. considéré comme traître, dépossédé et maintenu en captivité par les Alliés.

Naturellement, Tarchitecture. régentée par le classique Thormeyer. ne produisit rien pendant ces temps troublés, si ce n'est le pauvre monument élevé au général Moreau, par ordre d'Alexandre I", sur le coteau de Racknitz. .\lais la dictature du prince Repnin. gouverneur de Dresde pendant l'occupation russe, fut avantageuse aux habitants, en ce sens qu'ayant fait, pour sa commodité personnelle, bâtir un escalier à l'extrémité de la terrasse Brûhl. il ouvrit au public l'accès de cette terrasse qui fut surnommée le « Balcon de l'Europe ». L'architecte Schuhriclit, à l'autre extrémité, éleva le café-restaurant du Belvédère qui fut bientôt très fréquenté. Il a été reconstruit et agranili en 1841. par Wolframmsdorf.

A cette période se rattache encore un fait très important j)our l'histoire du développement de la cité. Dresde, dont la population, de ai 000 âmes seulement en 1699. atteignait 63000 habitants en 1732, étouffait dans ses fortifications. Après le bombardement de 1760 (qu'elles avaient été impuissantes à conjurer. Auguste III avait projeté de faire démolir l'enceinte et de remplacer les glacis et les fossés par des promenades. Mais ce projet n'avait pas eu de suites. En 1809, Napoléon avait prescrit la démolition des fortifications, la défense de la Saxe devant être assurée uniquement par la citadelle de Torgau. Cette démolition, interrompue en 181 2, à cause des revers de la camjjagne de Russie, fut reprise en 181 7 et menée à terme.

Dans la période subséquente, il n'y a à signaler que la construction de deux pavillons d'entrée à la Porte Blanche, édifiée un siècle plus tôt dans la Ncitstadt, et celle de la (irand'Garde de VAltstadt, bâtiment de st)de pseudo-grec, dû à l'architecte Schinkel de Berlin 1830 . Dans la sculpture, un seul nom mérite d'être cité, celui de Eranz Pettrich (1770-1844J ; encore ne trouva-t-il guère à produire son talent que dans les monuments funéraires. La rigidité glaciale du style Empire, convenait au dessin des cénotaphes. Il n'y a encore rien d'original, ni d'allemand, dans l'art saxon de cette époque.

La création de la Société des Antiquités de la Saxe, en 1825, rappela l'attention sur les œuvres des peintres et sculpteurs du moyen âge et permit de les grouper en un musée, actuellement installé au Palais du Grand Jardin. Cette résurrection ne produisit pas en Saxe une influence aussi

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profonde qu'en France. Cependant on peut faire procéder du romantisme le courant intellectuel qui remit en vogue l'architecture ogivale et produisit des pastiches tels que la fontaine Gutschmidt, érigée par G. Semper en 1843, sur la Place de la Poste, en souvenir du choléra qui épargna Dresde; l'extérieur gothique, avec deux flèches ajourées, plaqué en 1864 sur la Sophieukirche par Fr. Arnold, qui avait rebâti dans ce stvle sur la Burgcruiese, l'Ecole Sainte-Croix, fondée en 1557 par Auguste P'.

Salle des têtes du Château royal, bâtie par Woltrammsdorf, décorée par Bendemann 1 1842) .

Mais c'est là de ce gothique conventionnel et faux, correspondant à celui qui était goûté chez nous sous les règnes de Charles X et de Louis-Philippe et qui inspira les artistes de l'Ecole de Dusseldorf.

De cette école c^ui exerça une influence très marquée sur la peinture saxonne de 1830, provenait le peintre Bendemann qui fut appelé par le roi Frédéric-Aucfuste II à décorer les salles du château nouvellement reconstruites par Wolframmsdorf . Dans la salle du Trône, qui servait alors à la convocation des Etats, il peignit à fresque : au-dessus du trône, une « Saxonia », encadrée d'allégories: la Justice, la Sagesse, la Valeur et la Modération ; aux murs, les figures des grands législateurs de l'humanité, anciens et modernes. La frise représente le Cycle de la Vie humaine.

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depuis Tenfance jusqu'au trépas, en épisodes tirés des coutumes des Grecs.

Les sujets traités dans la salle des Fêtes sont également empruntes à l'antiquité. Kntre les quatre fenêtres et vis-à-vis, six figures sur fond d'or, personnifiant les Arts : Peinture. Architecture, Sculpture. Danse, .^lusique et Comédie. Ce sont ces deux dernières et celle de la Sculiilurc qui sont le plus appréciées. Les petits trumeaux supérieurs, représentent, sur fond d'or également, les Trois Grâces, les Muses, les Parques, etc. D'autres sujets, historiques ou allégoriques distribués en deux étages, remplissent les grands ]3anneau\. 11 y a en outre deux dessus de portes. Sur place, ces peintures, pleines d'intentions philosophiques, au dire de Droysen qui les a commentées, n'intéressent guère le visiteur, à cause de leur ton terne et fade, d'un classicisme à la Paul Delaroche. Sous le burin savant du graveur Hugo Bïirkner ([ui les a reproduites, elles acquièrent ]ilus de relief, témoigni-nl d un dessin habile et correct et même d'une assez grande variété d'invention

De Dusseldorf aussi vinrent Julius llùbner, qui peignit le rideau d'avant-scène de la salle de l'Opéra, construite de 1839 a 1841 par Gottfried Semper, et Ludw ig Schnorr de Carosfeld, ((ui fui directeur île la (ialeriede Peinture II a peu produit à Dresde. Aux murs des trois plus vastes salles du .Musée Historique, on a appendu. au-dessus des collections d'armes, les immenses cartons des fresques qu'il peignit pour la Ré.sidence royale à .Munich.

Dresde doit à Gottfried Semper les deux principaux monuments qui ont contribué à l'embellir dans la première moitié du xix' siècle, mais Semper qu'elle revendique comme un de ses plus remarquables architectes, n'était pas .Saxon. Né en 1804 à Altona (llolstein . il s'était formé à Paris et par des voyages en Italie et en Grèce. 11 fut appelé en 1834 à Dresde sur la recommandation de Schinkel et, dès l'année suivante, comme il était question d'élever une statue au roi Frédéric-Auguste I''" mort en 1827 (cette statue, œuvre de Reitschel, a été érigée en 1843, dans la cour du Zxcingcr), il établit un ])r()jet tendant à transformer entièrement les alentours de ce palais. 11 nous a conservé lui-même, dans la préface de sa description du Théâtre de la Cour, le plan de cette transformation.

On se rappelle que la galerie nord du Zwingcr, projetée par Poppelmann. n'avait jamais été élevéeetque, de ce coté, un mur en charpente fermait le palais. Cette clôture provisoire qui avait duré un siècle, .Semper la jetait bas ; il ouvrait la perspective jusqu'à l'Klbe. Les maisonnettes du « village italien » qui la bouchaient, il les rasait; il déplaçait aussi la

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Grand'CTarde et la rebâtissait parallèlement au fleuve Sur le prolongement des deux pavillons nord du Zh:inger, il édifiait, à l'est, la Galerie de Peinture : en face, une Orangerie et plus loin, le Théâtre de la Cour. Dans le milieu, des parterres. Ce projet n'était pas sans gran-

l'iKilu T.lllinie.

Fjc.ide intérieure du Musée de Peinture ^iSj5

deur. mais il fut probablement jugé trop dispendieux. On n'était plus au temps des prodigalités d'un Auguste Le Fort, mais sous un régime constitutionnel.

L'Orangerie fut placée ailleurs, là où elle est encore, dans VHer;ogin-Gartcii. de l'autre côté de l'Ostra-AIlcc Pour conserver la sA^métrie. Semper aurait remplacé l'Orangerie par un magasin de décors en

forme de portique, attenant au théâtre, avec logements pour les machinistes et les décorateurs. \'oisinage dangereux pour les collections du Zii'ingcr ! Par crainte de l'incendie, on préféra mettre un espace suffisant entre ces galeries et le théâtreet on sacrifia au nouvel Opéra une ancienne salle ouverte en 1755 pour les opéras italiens, rebâtie et transformée depuis lors. Quant à la Galerie de Peinture, pour laquelle le Bâtiment des Ecuries était reconnu insuffisant et défectueux à différents égards, les Etats de Saxe demandèrent <iu'e]le fût placée de manière à fermer le front ouvert du Zzcingcr. -Satisfaction fuL donnée à ce vœu.

C'est de la construction du théâtre que Semper eut d'abord à s'occuper. Admirateur de la Renaissance italienne, il en adopta le style pour la plupart des édifices qu'il créa pendant son séjour à Dre.sde, exception faite de la Synagogue pour laquelle il adopta l'ornementation byzantine et mauresque. I,a Galerie de Peinture atteste un ressouvenir de la Librcria de Saint-^larc, érigée à A'enise par Sansovino.

L'Opéra était conçu d'après un plan très simple, en forme circulaire, dont deux étages de jjnrlitiucs NUi)er]i()sés. .Sur les côtés, deux avant-corps avec frontons triangulaires ornés de sculptures par Rietschel, qui flanqua l'entrée principale de quatre statues de poètes et de musiciens allemands : Gluck, Schiller; ,^lozart, Ciœthe. Un autre sculpteur saxon. Ernest llaehnel. avait exécuté quatre statues de dramaturges anciens ou étrangers, que l'arcliitecte avait placées à la rencontre de la ceinture avec les ailes. Elles ont été affectées au nouveau Théâtre de la C(mr.

A l'intérieur, la forme de la salle, peinte en blanc et or, se modelait sur celle du bâtiment, à cela près que le cercle était légèrement infléchi en fer à cheval. Eacilité d'accès, heureuses proportions, dégagements l)ien compris, s'accordaient pour faire de cette salle d'opéra un théâtre modèle que les anciens amateurs préfèrent même à celui qui l'a remplacé.

Avant d'être obligé de quitter la Saxe par la répression de l'insurrection de 1849 à laquelle il avait pris part, .Semper a\ail réussi à faire agréer les plans élaborés pour la Galerie de Peinture et s'il n'en \it ])as l'achèvement. — car elle ne fut ouverte qu'en 1855. — il en commença la construction, qui, après sa fuite, fut terminée par licohnel et Kriiger. C'est un long bâtiment qui se raccorde au Ztcingcr, mais dont les lignes très classiques s'harmonisent assez mal avec le style mouvementé des galeries et pavillons de Poppelmann. La partie la plus intéressante est l'avant-corps central formant portail d'accès à la cour du Zicingcr, avec ses quatre colonnes corinthiennes, ses statues, ses hauts et bas-reliefs et médaillons, aux sujets tirés de la Bible ou de l'antiquité. Toute cette

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décoration sculpturale. eVune correction un peu froide, est due à Rietschel et à Heehnel.

Au centre du Musée, une coupole hexagonale donne jour sur une salle en rotonde où l'on a tendu contre les parois une double série de tapisseries du XVI' siècle, exécutées les unes d'après les dessins d'un peintre flamand que l'on suppose être Quentin .Matsys (elles proviennent du palais Briihli ; les autres sont une réplique des tapisseries commandées pour le Vatican, par Léon X, d'après les cartons de Raphaël actuellement à Hampton-Court. Elles ont été achetées en 1723, parle comte Flemming, à la succession du prince de Fiirstenberg, mort en 1704, évèque de Stras bourg.

La distribution intérieure de la Galerie, divisée en larges salles éclairées par le haut pour les grandes toiles, el en cabinets le long des fenêtres pour les tableaux de chevalet, est judicieuse : ce plan a été imité depuis dans la plupart des Musées.

Dans un chapitre spécial, j'ai parlé de la Galerie de Peinture ancienne et du Cabinet des Estampes qui en occupent le rez-de-chaussée et le premier étage. Le second est réservé à hi peinture moderne.

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Depuis le commencement du siècle, aucun nom n'avait brillé en Saxe, dans la peinture. Si l'on excepte un Leberecht Vogel. bon portraitiste, le Norvégien J. Chr. Claussen Dahl qui peignit des vues de son pays, les Mathsei, les Friedrich, les Vogel de Vogelstein

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ne méritent "uère de retenir notre attention. La peinture de cette époque et. plus tard, celle de Ludw ig Richter. n'est guère que de l'imagerie en couleur: attitudes sentimentales, troiiberdoiinsi/ius, d'une fadeur à la Léopold Robert, d'une convention lamentable, composition tellement académique qu'elle inflige un sûr ennui. Cet art désuet fut très goûté de 1840 à 1860 et même plus tard ; aujourd'hui encore, les tableaux de Richter inspirent une fierté profonde à ses compatriotes, qui lui ont élevé un monument sur la Terrasse. Né en 1S03. il a vécu jusqu'en 1884 et n'a cessé de produire des vues d'Italie ou des scènes de m<t'urs saxonnes.

L'allocation de crédits budgétaires, ordinaires ou extraordinaires, et l'institution de fondations artistiques privées ont permis, surtout depuis 1870 et plus encore, après 1880. d'enrichir le ."Musée moderne i)ar des acquisitions de tableaux dus à des peintres saxons ou étrangers. On y a admis des artistes austro-hongrois comme Makart et .Munckaczy. norvégiens, belges et anglais. Disons tout de suite que. grâce à l'intelligente initiative de .M von Seidlilz. Directeur des collections royales, la l-'rance n'est pas oubliée. Je signalerai le portrait d'apparat d'Henriette Sontag par Paul Delaroche. un Pu vis de Cliavannes exi-ellent et les célèbres Cijssi'iirs de pit-rrcs de Courbet. Du reste, nombreux sont les artistes allemands qui ont. depuis une vingtaine d'années. ])articipé à nos expositions et subi l'influence de notre école. Liebermann. (iotthard Kuehl, Fr. de Uhde sont aussi connus à Paris qu'à Dresde ou à Berlin Cette influence se partage avec celle de l'école de Munich, les directions de la peinture allemande contemporaine. A l'exemple de nos impressionnistes cjui ont débarbouillé la peinture française, une j'artie des artistes allemands s'est engagée dans la recherche des tons clairs ; d'autres ijréfèrent le coloris épais, dur. violent, le heurt de tons tranchés et qui. trop souvent, se repoussent, des maîtres munichois et suivent la technique du Bâlois Arnold Pxirklin.

Si c'est dans le genre de la marine et du paysage que se produisent les essais les plus artistiques, la peinture anecilotique, en Allemagne comme en France, n'a pas cessé, bien entendu, d'être très goûtée de la masse. Enfin le portrait a toujours trouvé en Saxe des interprètes habiles : Fr. de Ra\sky. Léon Pohle. Léo Putz. Paul Kiessling aves ses Trois sœtirs. l'A n'est-ce pas un portrait aussi que cette Sœur de Charité en Bohciiic. d'un visage disgracié si expressif, par Richard Mûller?

La peinture d'histoire ne perd jamais ses droits : les deux Preller. père et fils, Hermann Prell, avec son fiidds [scariotc, IL Hoff"mann. avec

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sa Fcilunc adultère devant le Clii'ist et son Jésus ciifa)it parmi les docteurs, succès de chromo, représentent cette institution d'état.

A partir de l'ouverture du Musée '1855) créé par Semper et sous le règne du roi Jean (1854-1873), le nombre des édifices publics resta stationnaire. Un critique d'art prussien, Aug. Demmin signalait même, en 1864, avec mépris, « l'état de vétusté, de décadence ou d'incurie » dans lequel étaient tombés les anciens.

Cependant, dès 1865, on avait commencé à restaurer les grands

Théâtre de la Cour (1869-1872). Devant, la statue équestre du roi Jean, par J. Schilling.

appartements du château ; mais ce ne fut qu'après la guerre de 1870, et grâce à l'allocation d'une quote-part sur la contribution de cinq milliards exigée de la France, que la physionomie de Dresde se modifia. Le Bâtiment des Ecuries (Johanneuni) fut restauré par Heehnel de 1872 à 1875, l'aménagement des étages disposé pour recevoir les collections d'armes et de porcelaines. Sur l'aile de VAugiistusstrassc, à l'extérieur, un peintre d'histoire, W. A. Walther, eut l'idée originale de représenter, dans un défilé équestre, la succession des princes de la maison de Wettin depuis Conrad le Grand, margrave de Meissen, les ducs de Thuringe et de Saxe, les Electeurs et les Rois. Pour équiper cette chevauchée, l'artiste s'est documenté au moyen des pièces d'archives, des portraits

anciens, des harnachements du Musée Historique. Ce sgraffitto fut terminé en 1876; mais, les intempéries n'ayant pas tardé à le détériorer, on en a assuré la conservation en le reproduisant en porcelaine de .Meissen (1907).

Le 7 septembre 1869, un incendie avait dévoré le Théâtre de la Cour. Sans rancune contre lémeutierde 1849, le gouvernement saxon confia à (t. Semper le soin de reconstruire ce monument. J, "architecte se borna à en fournir les plans ; ils furent exécutés sous la direction de son fils Man-

l'Iioto Taiiiiii«.

L'Académie des Beaux-Ans. — Façade sur la Terrasse {1890).

fred. La disposition est un peu différente de l'ancienne ; le stvle adopté est celui de la seconde Renaissance et non plus de la première. L'artiste a abandonné la forme circulaire pour un plan plus évasé et. tout en conservant les deux ailes de l'ancien bâtiment, il a construit, au centre, un avant-corps formant niche et surmonté d'un exèdre où le sculpteur Paul Schilling fait traîner ])ar des jianthères le char de Bacchus et d'Ariane.

Si la silhouette extérieure de ce théâtre peut prêter à la critique, surtout vue de profil 'l'avant-corps qui dépasse la terrasse du portique fait alors l'effet d'un énorme poêle allemand plaqué devant la façade circulaire), la distribution intérieure est digne d'éloges.

Les idées de Semper sur l'architecture avaient fait école. Pendant cinquante ans, les architectes de Dresde, Xicolaï entre autres, ont rempli ÏAiiinionstrtisse, la Bûrgcriviese et le quartier du Grand Jardin, de

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maisons privées et de villas dans le style de la Renaissance italienne. La même mode a régné en France sous le second Empire et jusqu'à 1880 environ. Ce style a été employé également pour les édifices publics; tels cjue le Tribunal de la rue de Pillnitz (1878-79', V Albcrtintiiii (1884- 1887) construit sur l'emplacement de l'ancien arsenal pour être affecté au Musée de Sculpture. Lipsius l'a adopté en i8qo pour l'Académie des Beaux-Arts, qui renferme des ateliers de sculpture, des locaux d'exposition, occupe sur la Terrasse un plan irrégulier et y met en saillie une façade

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Palais des Etats [SUiiiiiehatis] (1901-1907). Devant le portail, la statue équestre du roi Albert, par Baumbach.

de temple grec, avec sculptures au tympan de Paul Schilling et un dôme côtelé en verre. Près de dix ans plus tard, c'est aussi dans ce st3'le que Paul Wallot conçut le nouveau Palais des États, situé entre la Terrasse et VAiigiisfusstrassi' et qui a son entrée sur la Place du Ghàteau.

Dans la reconstruction du château roj-al, Frœhlich et Dunger, se sont, par contre, inspirés du style de la Renaissance allemande : pignons à étages, tours d'angle sur la Schlossstrasse et, du côté du fleuve, vaste pignon à consoles orné de la statue du duc Georges, aux lignes mouvementées, avec tourelles, crkcr soutenu par des cariatides, de manière à créer une façade monumentale analogue à celle qu'avait édifiée ce prince au xvi" siècle. Cette mode des pastiches de la Renaissance allemande a

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commencé vers 1890 et Ton eut dans ce goût, le Mctoriahaiis. dans la Secstrcissc et le Kaiscrrrstaitrant sur la place de Pirna. enfin toute une série de maisons de rapport dans \e Johannstadt, nouveau quartier construit sur le quai sud.

Comme Francfort, Ilambour;,;- du Berlin. Dresde devait subir Tem-

Façade moderne du Château royal, à l'angle de la Schlosssirassc et du Taschenheig.

preinte du modcni-styl. Chose singulière, la première tentative se manifesta dans la reconstruction de la Krcu^^kirchc, incendiée en 1897. Tout en conservant à l'extérieur son aspect xviu' siècle, les architectes Schilling et Griibner ont cru devoir transformer l'intérieur au moyen de quatre grands piliers portant une \oùte en coupole. Dans la Cliristiiskii\li( qu'ils ont 1)âtie à Strehlen, faubourg de Dresde, église que signalent de loin ses deux lourdes tours carrées, ils ont même supprimé les piliers. Le plus singulier, c'est qu'on a fait à \a Krcii^^k/rchc l'adjonction d'un porche

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couvert extérieur en modcni-styl, qui jure étrangement avec l'architecture « rococo « de l'église. En face, la Siiperinteiidantiir dresse un formidable et rébarbatif cube de pierres, tel une forteresse, qui se relie, du côté opposé, sur le Ring, à la Caisse d'Epargne et à la Banque des Etats

Façade du LliAtcau, reconstruite en 1S99, sur l'emplacement de Tancieiine façade de 1530.

de Lusace, car le modci-ii-styl s'est mis au service des financiers et trouve en eux ses protecteurs.

Quant aux deux énormes quadrilatères de bâtisses affectées par Lossow et Viehmeyer, aux Ministères, sur la rive nord, à la place des anciennes casernes du xviir siècle, démolies. — au nouvel Hôtel de Ville, élevé sur les plans de .M. .M. Roth et Bràter, en septembre 1910. — au

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nouveau pont Frédéric-Auguste, dessiné par .M. Kreis et plus récent encore, ce sont là des édifices utilitaires dont la première condition est de répondre, dans un état moderne, aux besoins des services publics et de la navigation. Comme conception architecturale, ils n'appartiennent à aucun st\ le déterminé et ils pèchent par It^ manque de caractère des genres hybrides. En outre, tout en tenant compte de l'énorme accroissement delà population', de l'essor prodigieux de l'industrie et du commerce en Saxe depuis (luarante ans. qui exigeaient l'abandon de locaux

Intérieur moderne de la Kicii\l;iiche (1900).

trop exigus, on peut se demander si dans l'examen des plans proposés, on n'a pas cédé à la funeste manie du Kolossiil . qui sévit actuellement en Allemagne.

Celui de ces édifices hybrides dans lequel on a le mieux combiné. à mon avis, une caractéristique locale, le Suttcldacli saxon, avec les réminiscences du « baroque » et de la Renaissance et les fantaisies du inodcriistyl, c'est le Musée des Arts industriels, Eliastrassc. ensemble de constructions irrégulières, à la fois Ecole et Musée, où l'on a recueilli certains débris du passé En tant que Musée, cette galerie n'a pas l'im-

I. De 100.11 m habitants en 1S55, elle avait dnublé en 18S11; elle a atteint 3gG.nii.) âmes

en i()iio et 5 |6.c au recensement de 1010, — ifrâce, il faut le dire, à timte une série

d"annexii>ns de faubouri-s et villages suburbains.

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portance des collections similaires de Berlin, de Munich ou de Nuremberg et elle renferme relativement peu d'objets produits par les industries d'art delà Saxe. Mais elle est admirablement disposée pour l'instruction des élèves, notamment en ce qui concerne la céramique, la verrerie et les tissages européens et extra -européens. Et les libéralités des ilonateurs ne peuvent qu'en augmenter de jour en jour les richesses.

Chiiiliiskirchc (1905), à Strehien.

"L! Albert in u m est un Musée de Sculpture à la fois rétrospective et contemporaine. Le peintre d'histoire H. Prell a décoré la cage de l'escalier de hautes fresques aux sujets antiques. A l'entrée dans le vestibule, le visiteur est accueilli par le magnifique buste en marbre d'Auguste II par Paul Herrmann. auquel celui d'Auguste III par le Français Coudray sert de pendant. Hommage légitime, car c'est à ces deux princes qu'est due la fondation du Musée où ont pris place aussi des objets provenant du Cabinet d'Art des Electeurs.

C'est sous Auguste II (entre 1723 et 1728) que furent achetées en Ita-

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lie les antiques des collections Chigi, Albani et lîellori, qui forment le premier fonds, et le plus important, du JMusée de Sculpture, plus une grande partie des bronzes rassemblés dans un cabinet du Griiiics Gewôlbe, originaux italiens ou reproductions d'antiques. Les marbres furent logés

IMiiilo 'l'umnii-.

Le nouvel Hôtel de Ville [Rathaus). Façade principale (1910).

d aljord au (irand Jar<lin, les uns dans le palais même, les autres dans les petits pavillons précédemment destinés à servir de lieux de rafraîchissement. V.n 1785. ils trouvèrent asile au rez-de-chaussée du Palais Japonais où ils demeun'Tcnt un peu plus d'un siècle.

Sous le règne d'Auguste 111. la collection des antiques — dont les pièces capitales sont les athlètes combattants, la statue d'Athéna Lemnia, attribuée à Phidias, la Vénus de Dresde, — s'était enrichie des trois statues

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trouvées en 1706 dans les fouilles d'Herculanum et qui furent données en présent au prince Eugène de Savoie. A la mort de ce prince, sa veuve les vendit 6000 écus au roi de Pologne.

KUe s'est accrue au xix" siècle, de vases grecs ou étrusques, de terres cuites de Tanagra et de Myrrina parmi lesquels il en est à sujets comiques, et de quelques beaux marbres grecs, par exemple une réplique de la vivante Ménade de Scopas. Elle est distribuée chronologiquement ; le visiteur est conduit depuis l'antiquité la plus reculée (art égyptien et assyrien) jusqu'aux dernières productions modernes.

Dans la collection des bronzes de la Renaissance et du xvii' siècle.

Musée des Arts industriels et Ecole des Arts décoratifs (1906), par Lossow et N'iehmeyer

il convient de citer l'énergique figure de Frédéric le Sage par Adriano Fiorentino, le buste de Christian I" fondu par Carlo da Cesare, celui de Christian II par le Hollandais Adriaan de Vries, dont le socle est d'une composition fort originale : devant l'écusson armorié, deux femmes nues. assises, joignent leurs mains. Au-dessus, accroché à la cloison, un relief en marbre taillé par J. Bohm, de Schneeberg, en 1674, représentant Jean-Georges II en prière, dans un superbe cadre de bois doré.

La sculpture moderne et la gravure en médailles française ont leurs représentants à VAlbcrtijiuin. A côté se voient les œuvres d'artistes saxons influencés par notre statuaire ou cherchant des voies indépendantes : Max Klinger, avec son Drame passionnel. Cari Seffner, qui a fait le buste de Klinger, Volkmann qui réussit fort bien les silhouettes de chevaux, témoin le bas-relief en marbre encastré dans la petite cour du Château ; parmi les médailleurs et fondeurs de plaquettes, Homlein qui a de l'accent, Hildebrand, Félix Pfeifer et Paul Sturm

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Ce sont là des artistes contemporains. Ce qu'il y a de singulier dans le rlassement àeVAlbcrtinuin. c'est que les principaux sculpteurs saxons du XIX'' siècle n'y sont pas représentés. Il faut donc chercher ailleurs, aux façades des monuments ou sur les places publiques, les oeuvres de Rietschel, Haehnel et Schillin;^-.

A Rietschel. élève de Rauch, Dresde doit la statue assise de Frédéric-Auguste l", dit le Juste, dans la lour (lu Zicin^ir. et la statue debout lie Cari .\laria di- Weber (i86o) placée entre le Xvinp/hJi hûcl et le Théâtre (le la Cour. L'n jk'u plus jeune, iltehnel lui a survécu trente ans. Il est l'auteur de la ])etite statue de sa/lit Gcoriics élevée auprès de la Sopliicnkirchc et de celle érigée en i8ji. devant l'Hcole Sainte-Croix, au poète guerrier rhé(jd(>re Kterner, à (|ui le souxenir patriotique des Saxons a consacré un ])etit musée dans sa maison natale, ). Kariicrslrcissc ' Ncitstadt . Cette figure de Kœrner exprime l'ardeur iu\énile. l'abnégation, l'enthousiasme, tandis que le monument à Frédéric- Auguste II. sur le Sciinuirkt. est plus ('(jnventionnel.

Elèvede Rietschel. Jolianiies Schilling a beaucoup ])ri)iliiil. I)aiis un mu sée spécial. 63, rue de Pillnitz, on a groupé après sa mort, les plâtres des statues qu'il a exécutées et dont la plus énorme, sinon la plus belle, est la colossale Gcrnuuiia du nKimiineiU du Xiederwald, commémoratif des victoires de 1870-71. A Dresde même, sa i)remiére œuvre importante fut la décoration de l'escalier de la Terrasse, consistant en quatre groupes : le Miilin, le Soir, le Jour et la Nuit. Cette décoration fut commencée en 1864. iJ une manière générale, ses statues d hommes \aleiu mieux (jue ses figures de femmes, d'une fadeur convenue.

La grande sculpture a d'ailleurs besoin d'atmosphère. Aussi e.st-ce sur les places publiques que nous rencontrerons la statue de la (( Mutter .Vnna », dressée par Henze derrière V Aniuiiln relie, et sur la l'iace du

Statue dupoète Kœrner, par Ernest Ha;hnel, sur la Bûrgenvieit (187 1).

LA DRESDE MODERXE

Château, l'obélisque en cuivre, commémoratif du millénaire des Wettin (1889).

Entre le Slaiulc/iûiis et le Théâtre de la Cour, Schilling- et Baumbach ont érigé les statues équestres du roi Jean et du roi Albert, en attendant celle du roi Georges, mort en 1906, après trois ans de règne, qui se profilera sur la rive de TElbe, débarrassée de ses constructions et pourvue d'un quai tout neuf. Ce loyalisme monarchique a le défaut d'en-

Escalier'd'accès à la Terrasse Brûhl avec les quatre groupes de J. Schilling.

combrer les places publiques et de fausser l'aspect des monuments dans l'axe desquels s'élèvent les statues.

Je préfère de beaucoup les fontaines même modernes, élevées sur les places de Dresde, car de tout temps cette \ille s'est signalée par son amour des Tritons, des Néréides et animaux aquatiques : celle du Voleur d'oirs, de Robert Diez. qui a aussi paré VAlbertplat^ de deux fontaines à grandes vasques : Eaux calmes et Eaux tempétneiiscs. et même la fontaine « rococo » de Hartmann Mac-Clean, hommage public au bourgmestre Stilbel, à qui la cité est redevable de ses embellissements en matière de voirie, d'adduction d'eau. C'est à lui, écrit W. Doënges, que Dresde doit d'être une « ville de jardins ».

Dans tous les quartiers, en effet, le printemps répand ses dons de

DRKSOE

verdure et d'ombrage A l'intérieur, c'est la Biirgcrwicse avec ses groupes et ses statues anciennes ou modernes : Vénus coupant les ailes à l'Amour de Baiimer et le Monument à Mo:{art d'Hosaeus, qui ne manque pas de rythme; c'est, extérieurement, à Râcknitz, le Jardin du Peuple; c'est le Wald-Park qui lont^e la rue de Blasewitz ; c'est, au delà des casernes tle la Neu.slaill . les houfjuets de bois de la Drcsduer

Photo T.iiiirne.

Fontaine des « Haux tempétueuses », par Robert Diez, sur \' Alberlphli (1894).

Hcide, en partie défrichée pour l'agrément des promeneurs. Partout l'air, les surfaces plantées, l'oxygène des feuillées contribuent à l'hygiène publique.

.^lais les plus charmantes promenades publiques, ce sont encore les anciennes : le Grosser Garten devenu le centre d'un quartier de luxe, les ombrages (]u Palais Japonais, répartis sur les parterres d'un jardin français et sur les pelouses d'un parc anglais, muni d'un belvédère donnant vue sur le cours de l'Elbe et le panorama de Dresde; c'est l'entourage verdoyant de deux faces du Zuingei\ avec sa pièce d'eau et ses terrasses plantées d'où j'ai contemplé, au mois de juin, de

LA DRESDE MODERNE

si rougeoyants couchers de soleil ; c'est enfin la Terrasse Brïihl, où flânent nonchalamment les vieux Dresdois et où tout étranger fait une station obligatoire. On conçoit que le spectacle des eaux vertes, au-

l'IuLc. Tanini.'.

Fontaine Stûbel sur le 5/»/;(7/'/«/^ (1901), P'ir Hartmann Mac-CIean.

dessus desquelles voltigent les mouettes qui remontent l'Elbe jusqu'à Dresde, du fleuve au cours rapide, — véhicule naturel vers Hambourg du trafic de la Saxe et des pays voisins, — ■ puisse faire rêver expansion maritime, <■ plus grande Allemagne » et autres chimères politiques !

Oserai-je conseiller aux Saxons de ne pas trop céder aux tendances mégaloiuanes qui régnent dans l'Empire, du moins dans le domaine de

l'Art où elles se traduisent par la maladie du Kolossûl ? Sulîjugués par

ces tendances, les architectes modernes auront tôt fait de détruire tout

ce qui constituait le charme de Dresde, son intimité, le sens des proportions, de la mesure, qui l'avait préservée des outrances du « baroque » et du « rococo ». Ils ont déjà écrasé le Palais de Courlande par le voisinage de cette lourde bastille crénelée qu'est la Préfecture de police, envahi les quais de l'Elbe de constructions encombrantes et prétentieuses, gâché la perspective, — entre la Hofkirchc et l'Opéra, — en érigeant au bord de l'eau, la haute cheminée du Calorifère pour les Musées, coupé la courbe du fleuve par le dos d'àne surélevé du nouveau jjont Frédéric-Auguste... C'est déjà trop 1

La beauté de Dresde, proclamée par ses visiteurs depuis trois siècles, est due, non pas seulement à « l'aménité de la situation », mais aussi à une sorte de caractère cosmopolite, résultant du croisement des courants ethniques venus du ^^^ nord et du midi, de l'est et de l'ouest, de

!^^ ' '^W'^V l'heureuse fusion de l'esprit allemand avec

les influences étrangères. Au nom dételle «lue notre civilisation a exercée sur la transformation caractéristique de la physionomie de Dresde et sur l'art saxon,

nous avons peut être, nous Français, le droit de dire à ses habitants : — La beauté de Dresde importe non seulement à la .Saxe, mais à

l'Europe. Dresde est le sourire de l'Allemagne . De grâce, veillez à

ce qu'elle garde ce sourire !

Réplique de VAthéna Lemnia de Phidias [Albnlimim).

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