‹ Dressage en liberté du cheval d'obstaclesChapitre 32 sur 61 · DRKSSAGE SUR I.ES DOUBLES · texte numérisé non relu

DRKSSAGE SUR I.ES DOUBLES

L'aide ne doit donc dans aucun cas s'affoler, ni crier, ni courir, à moins d'en être prié, il ne doit pas quitter le cheval de l'œil un seul instant, et jamais le précéder de son fouet.

Son rcjle dans la manceuvre des poulies est encore plus délicat, comme nous le verrons plus tard.

Mon manège m'a donné bien du mal aux débuts, mais m'a procuré par la suite d'exquises jouissances.

Tranquillement assis au milieu de ma piste, il me suffit avec mes

PUSiriUN DE L'AIDK APPUYANT UN CHEVAL POUR UN SAUI DE VOLEE

vieux chevaux d'un appel de langue de temps en temps, d'un Hop d'encouragement envoyé au bon moment, entre deux doubles, d'un claquement de whip accélérant les dernières foulées pour un saut de volée ; d'un Oh ! calmant l'ardeur trop grande d'un cheval qui bourre, et ils mancTeuvrent comme des machines.

Enfin à un Oh! Oh! final (car c'est toute une langue que je leur parle ]:)ar monosyllabes), ils viennent chercher le morceau de sucre ou la carotte qui les récompense; et je ne parviens plus à m'en détacher.

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Dressage à la rivière

Cet obstacle parait le plus facile à passer sans effort dans une toulée de galop, et pourtant c'est celui qui donne le plus de mal à bien apprendre au jeune cheval.

Le miroitement de l'eau au soleil, le clapotement des ondes remuées par le vent, s'il s'agit d'une douve ; la profondeur de l'ombre incertaine, si c'est un fossé couvert, sont pour lui autant de sujets d'épouvante et d'angoisse.

Ce saut qui semble si naturel, si aisé, beaucoup de chevaux le prennent mal, le refusent ou le dérobent avec acharnement, partent de trop loin ou de trop près, voire même galopent à travers sans s'enlever.

Chez nous ils ne peuvent ni sauter de travers dans les coins, ni refuser, ni dérober. Notre tâche est donc bien plus aisée qu'au travail à la longe, où le cheval a toutes facilités de se payer ces différentes incartades, et de prendre ces mauvaises habitudes.

Nous allons démontrer comment nous procédons pour initier d'"abord le cheval à cet exercice qu'il appréhende ; comment ensuite nous remédions aux défectuosités du saut de largeur.

C'est un tort de commencer par des rivières ou fossés trop larges ; le grand maximum dans tous les cas, devrait être de deux mètres.

Sur le côté droit de ma piste, j'ai fait creuser un trou de deux mètres, ayant o'"8o de profondeur, le fond imperméabilisé par une couche de ciment armé et recouvert de gazon ou de sable pour le rendre plus doux aux sabots.

Comme cette rivière m'encombrait à certains moments ou était inutile pour les chevaux confirmés, j'ai imaginé un lourd et solide plancher en chêne, s'adaptant très exactement dessus, la couvrant ou la découvrant à volonté.

De cette façon, suivant les besoins, je lui mets ou je lui ôte sa couverture mobile qui serait assez solide pour supporter une voiture attelée ; avec quelques brouettes de sable il n'y paraît rien, et le cheval le plus massif peut sauter et galoper dessus.

Ma rivière pourrait donc être utilisée sans aucun inconvénient dans n'importe quel manège couvert. N'est-ce pas une innovation amusante à créer dans un de ces manèges ?

Il importe peu qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas d'eau dans le fossé-

DRESSAGi: A LA RIVIÈRIJ

rivière. L'eau ne sert (|U a habituer le cheval à son miroitement, mais elle n'a aucune action sur le mécanisme du saut de largeur.

Sur les deux berges du fossé et au ras du trou, il est très utile de bien fixer en terre deux gros rondins (|ui débordent du sol d'une dizaine de centimètres, et assez forts pour ne pas céder ni casser si le cheval vient à buter dedans.

Si celui-ci prend sa battue de trop près, le choc de ses sabots contre les barres rigides lui fait mal et l'invite à ouvrir l'œil.

S'il se reçoit trop court sur la berge opposée, la même correction l'attend.

Le dresseur se trouve donc armé contre les deux fautes habituelles du débutant qui comprendra vite qu'il faut partir à la bonne place, ni trop loin, ni trop près et se recevoir de même.

Quand le fossé est suffisamment profond, il est fort rare (jue le cheval mette les pieds dedans, et les deux barres en éveillant son attention allongent beaucoup son saut.

S'il vient à oublier dans le fossé une partie de lui-même, nous l'en corrigeons facilement en mettant deux petites barres de fer

DRESSAGE A LA RIVIERK

plein en croix à tieur de l'eau, si eau il y a ; au-dessus du trou, si la douve est sèche. Il s'y heurtera désagréablement les pattes et il ne recommencera jamais plus sa descente ou son bain.

Dans le cas d'arrét-refus, évitez une faute qui peut avoir de terribles conséquences, voire même causer la mort du cheval :

Xe forcez jamais le cheval à sauter de pied ferme un saut de volée.

Ne criez pas, ne courez pas.

L'animal perdant alors la tête, ferait un saut désespéré en chandelle, et pour peu que la berge soit glissante et le trou creux, risquerait de se tuer en se brisant les vertèbres cervicales, et cela si puissant qu'il fut, car il se trouverait dans l'impossibilité de se servir de son encolure.

J'en ai fait une fois la triste expérience en perdant ainsi une de mes meilleures juments, la pauvre Good Bye.

En cas de refus, l'aide devra donc entrer doucement dans le couloir, sans bruit ni geste, et du côté opposé à la tête du cheval ; face à l'instructeur qui ira se placer à une vingtaine de mètres de la rivière, également à l'intérieur des palissades.

Voyant arriver sur lui l'aide avec sa chambrière menaçante, le cheval fera demi-tour et cherchera à s'échapper du côté de l'instructeur qui le fouettera rigoureusem'cnt et le poursuivra dès qu'il aura le champ nécessaire pour la bonne exécution du saut.

S'il passe enfin correctement, avoir soin de le fiatter. ne pas lui en demander plus et le récompenser d'une friandise.

S'il renouvelle son arrêt, le prendre par la tête, qui, avant la

leçon, a été garnie du caveçon, et devant le fossé, à l'endroit même où il piétine en charognant, le caveçonner brutalement.

Après quoi le ramener en arrière de quelques mètres, l'actionner de la voix et du fouet. Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent il passera.

S'en tenir surtout à cette première marque de bonne volonté, le caresser et le rentrer.

Bien entendu, la douve de deux mètres peut être élargie à volonté en la faisant précéder d'un haie mobile garnie d'ajoncs ou de genêts et que l'on recule à volonté ; elle se prête en outre à toutes les combinaisons d'obstacles, tels que doubles et triples barres, brooks. oxer, fossés précédant ou suivant une barre.

Une rivière plus large serait, non seulement inutile, mais préjudiciable pour les premières leçons et ne comporterait pas ces nombreuses transformations.

Nous le répétons encore, la rivière- fossé est le seul obstacle vraiment dangereux pour un cheval laissé libre, surtout quand elle est précédée ou suivie de grosses barres nécessitant un saut haut et large.

Dans ce cas, un instant de distraction peut être la cause d'un accident mortel.

Dressage sur la banquette

Il existe des banquettes de tous les genres, la banquette classique, escarpée, précédée et suivie d'un petit fossé, le contre-haut, le contrebas, la double banquette de Pau (dite tombeau), le \"ol-Poom Belge, etc.

Quelle que soit sa forme, nous la faisons toujours sauter les premières fois à la longe

Le cheval est mis en confiance, quand il voit l'homme le précéder sur la banquette, sans lui lâcher la tête. L'instructeur, en passant derrière, a toute facilité pour appuyer l'animal, qui n'a besoin que de l'élan de 3 à 4 foulées pour arriver au sommet, où l'aide l'attend et lui laisse reprendre haleine et confiance avant de redescendre.

Il n'est donné qu'à de très rares sauteurs de pouvoir passer un gros talus dans une foulée de galop, de pouvoir arriver sur le faîte sans décomposer leur saut, les quatre pattes presque ensemble, et de

DRESSAGE SUR LA lîANOUETTE

DRIvSSAGE SUR I.A BAXOUETTK

se repousser des sabots de derrière ])()ur re])rendre le sol de l'autre côté.

Les Irlandais appellent ce temps « Quick the bank » ruer dans la banquette. Ces trois mots anglais peignent admirablement l'action de l'animal et le jeu de son arrière-main.

Pour la leçon des talus j'ai adjoint à mon manège une autre piste adjacente, donnant une assez longue ligne droite, parallèle à la première et sur laquelle sont espacés quelques obstacles de campagne, faits une fois pour toutes.

Après bien des transformations, bien des tâtonnements, je me suis définitivement arrêté à la forme de banquette que je vais décrire

et qui à elle seule réalise tous les types possibles que nous rencor.trons en concours ou à travers pays.

« Fossé de i™Fo de large, profond de o™8o centimètres, suivi d'un plan iiu'liné de C) mètres lui donnant l'aspect du Vol-Pooui BeUje.

(( Sur l'extrémité de cette pente formant plateau, est creusé un fossé de i^'so de profondeur, large de i'"30, figurant la double banquette dite « tombeau de Pau ». Bn bas du dernier talus large de 2 mètres et Jiaut de i"'8o, est un petit fessé de i"'20 que le chei'al dei'ra sauter, pour se recevoir à terre ».

Prise dans le sens du plan incliné, cette grimpette ne rebute pas le débutant, qui aura dû être confirmé auparavant sur les fossés.

Dans le but de mettre le cheval en cmirtance, les deux ou trois premières leçons devront toujours être données cà la longe, en faisant précéder le cheval par l'homme d écurie (ju'il connaît le mieux.

Après avoir franchi le fossé, il arrive sur le faîte où il est fort surpris de rencontrer le trou du tombeau. Cette apparition éveille son instinct de prudence, ce flair du danger et de l'imprévu qu'il doit acquérir sur les talus, lui fait ouvrir l'œil, lui apprend à ne jamais poser un pied sans regarder où il le pose, et à bien allonger son encolure en baissant son nez.

L'aide flatte le cheval, ne le bouscule pas, lui laisse le temps de réfléchir, et lui donne un morceau de sucre. Après qu'il aura passé correctement le trou, l'homme le prend et le laisse glisser le long de la pente pour arriver en bas.

La longe assujettie au caveçon doit être pour le travail des banquettes de 2 à 3 mètres plus longue que les dimensions usuelles, de façon à ce que l'homme puisse précéder l'animal de plusieurs mètres, sans risquer de le recevoir sur le dos.

Si le cheval refuse, l'aide doit laisser à l'instructeur le temps d'arriver à son secours. Celui-ci, après avoir fait reculer l'animal de quelques pas, l'appuie de sa chambrière, tandis que l'aide passe le fossé devant.

Pour tous les talus en général, ne recourez à la correction et au caveçon qu'à la dernière extrémité ! — il faut avant toutes choses faire aimer son travail au novice et pour y parvenir, la douceur jointe à un morceau de sucre fera mieux que plaies et bosses.

Exécuter le même travail en sens inverse ; et c'est alors la banquette classique droite et précédée du fossé cjui se présente au sauteur.

Il est bon de mettre à terre une grosse barre sur le bord du fossé, de façon à ce que l'animal parte de plus loin, sans quoi il arrivera sur la pente avec son nez et son poitrail, et point avec ses pattes.

Je dois à mon couloir de n'avoir jamais manqué un cheval sur les bancpiettes.

Grâce aux gâteries, qu'ils étaient toujours sûrs de trouver sur le sommet quand, à leurs débuts, îls décomposaient le saut derrière l'aide ; quand plus tard, laissés libres, ils franchissaient d'eux-mêmes les talus, ils afifectionnaient tous leur couloir.

Je m'amuse souvent à la belle saison à les laisser brouter l'herbe sur le faîte des plus grosses banquettes, ils y sont aussi calmes qu'en croquant l'avoine à l'écurie.

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