‹ Dressage en liberté du cheval d'obstaclesChapitre 42 sur 61 · SOCIETE HIPPIQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

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par (les numéros sensationnels de chevaux de classe et de voiture, et vous verrez le réjouissant as])ect des bancjuettes vides?

Je sais ce que l'on dit en dehors de la S. H. F., et notamment dans l'Ouest. Aux récriminations des pauvres concurrents, il est répondu (|ue l'Ouest est im i)ays d'élevage, qu'il faut avant tout travailler pour l'éleveur, pour le Xorfolk et le postier breton, — (jue les sauts d'obstacles viennent en seconde ligne, et sont des horsd'œuvre.

Fort bien ! mais alors pourquoi ne pas les rayer complètement du programme, réduire encore les prix dont plusieurs sont déjà dérisoires? Pourquoi pas, puisque les courses d'officiers et de civils ne sont que des numéros sans importance et qui ne contribuent pas à la recette.

Je disais donc, pour en revenir à la S. H. F. (car je ne fais que commencer ma complainte) que jamais personne d'entre nous, pas plu? parmi les jeunes que parmi les anciens, n'a été appelé, convoqué officiellement comme porte-parole de ses camarades !

Ne sommes-nous pas pourtant les acteurs de la pièce qui se joue ; mais des acteurs qui n'ont pas le droit de discuter leur rôle ; à qui comme je vais le prouver, il n'est même pas laissé le temps raisonnable pour l'apprendre?

Pour éviter, sans doute, le mécontentement des uns ou la critique des autres, la S. H. F. a la facétieuse habitude de faire paraître son programme trois semaines à peine avant son premier concours. Je n'invente pas, ni n'exagère ; ainsi, en cette année 1910, le programme a paru vers le 15 janvier, et Bordeaux, la première réunion, ouvrait ses portes le 5 février?

Charmante attention, douce sollicitude

comme dit Rostand dans Cyrano.

Dans le monde de la cravache, nous goûtons peu cet étonnant procédé. Pris au dépourvu, nous ignorons quelle préparation donner à nos sauteurs ; si, par exemple, nous avons intérêt à vendre ou à conserver un cheval qui a le gros handicap ; s'il vaut mieux, au contraire, nous pourvoir d'un cheval neuf ou de classe? toutes questions pour lesquelles la S. H .F. a autant de souci que de l'avis des intéressés ?

Sans nous pourtant, je le répète à tous l<;s échos des Concours de France, qui rediront ma ritournelle au 33 de l'avenue Montaigne, personne aux guichets et néant aux tribunes?

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vSans vouloir en faire porter la responsabilité à la S. H. F., qui n'est pas libre de choisir une autre date, on ne peut s'empêcher de' constater que le Concours de Paris est lugubre, surtout la première (iuinzaine.

L'époque, qui n'est plus l'hiver mais n'est pas encore le printemps, est déplorablement choisie.

En cette fin de carême, les Parisiens ne sont pas encore revenus, se chauffant encore au soleil de la Côte d'Azur, ou bien ils s'abstiennent par dévotion.

Les femmes ne savent comment s'habiller ; ne pouvant encore se vêtir des seyantes nouveautés de saison, elles désertent l'Hippique par coquetterie ou grelottent, dans leurs fourrures, sur les banquettes, abanaonnées pendant la semaine qui précède Pâciues.

Les écuries en sous-sol sont abominables et donnent l'impression d'une promenade dans une nécropole; les chevaux y toussent et prennent la crève.

Il n'y a qu'une voix pour dire que le cadre ne vaut guère mieux que la saison.

Un projet est donc en l'air pour bâtir enfin un palais du cheval et des sports? Puisse-t-il se réaliser?

Depuis longtemps déjà, la S. H. F. devrait être dans ses meubles, libre de donner à son heure de grandes fêtes du cheval de jour et de nuit surtout, comme cela a lieu avec tant de succès au Horse-Show de l'Olympia, à Londres.

Les progrès réalisés dans la confection des parcours sont insignifiants ou ne sont guère heureux.

J'en donne un exemple:

Nous avons eu, il y a six ou sept ans, l'innovation de la banquette

irlandaise.

Jolie surprise, comme vous allez voir? v^avoureuse trouvaille qui a dû germer dans le cerveau d'un homme peu accoutumé à passer l'obstacle nouveau qu'il nous offrait en primeur?

Etant donnée l'obligation de mettre sur pied ce talus en ([uelques jours, à une époque où le gazon et la terre sont détrempés par la pluie ou le dégel, on ])ouvait peut-être trouver mieux, sans trop se fatiguer le cerveau ?

Pour ces raisons inséparables d'une hn d'hiver, c'est une dangereuse grimpette h verglas, et ce ne sont pas des crampons qu'il fau-

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drait aux fers du cheval pour s'y agripper, mais des skis de la mer de Glace.

La critique est aisée, dit-on ; mais, en l'occurrence, le remède ne l'est pas moins.

\^oulant à tout prix construire une banquette, au lieu de la ver-

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