CHAPITRE X
T)u concours hippique en France — 'De la
Société hippique française
Des améliorations à apporter à ses concours
à ses organisations et à ses statuts
Concours de province
LA passion des concours et du cheval d'obstacle s'est prodigieusement développée avec le vingtième siècle, et c'est plaisir de voir que le pétrole et l'électricité n'ont pu parvenir à détrôner le sauteur de son piédestal.
Malgré la turbulente auto et le naissant aéroplane, les réunions sportives se font chaque année plus nombreuses et plus brillantes à travers l'Europe.
C'est à nous, les vieux Habits Rouges de France et de Belgique ; c'est aux officiers de ces deux pays voisins et amis, que revient la gloire de la survie du noble animal, dont les machines devaient amener la mort.
Le principal mérite de ce grand réveil sportif revient à M. le comte d'Oultremont, président de la Société Royale Belge, et à son infatigable secrétaire, M. Dupuich ; il revient également à M. Paul Lambert, l'organisateur des Féeries Hippiques qui se célèbrent à Spa au mois d'aoiàt.
Les grandes réunions, qui se donnent sous leurs auspices, en attirant les plus fines cravaches du globe, ont prouvé aux incrédules qu'il y avait de par l'Europe des coins où l'on aimait autant le cheval et où on savait aussi bien s'en servir que dans le Royaume Britanniciue.
Très nombreux, civils ou militaires, nous nous sommes rendus à
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SOCIKTK IIIPPIOUK FRANCAI^rK
l'a])pcl de ces vaillants tlévoués à notre cause ; et nous avons le droit de relever fièrement la tête et de dire, que partait, à Bruxelles, à Spa. a Ostcnde, à Turin, à Londres, si nous avons été à la peine, très souvent aussi nous avons été à l'honneur.
Donc en France, l'impulsion et Texemplc ont été donnés ])ar nous les humbles ; mais avons-nous été secondés dans notre lâche ]Kir nos grands metteurs en scène?
Je répondrai non hardiment, non sur toute la ligne; non. sans
M. DUPUicii. S[:cRETAn<i;
DE LA SOCIÉTÉ ROYALI'. Iliin'lQUK OK 15ELGIQUK
crainte d'être démenti; et je ^ais tâcher de [rouver (pic je pourrais bien avoir raison.
J'en viens naturellement à parler de notre grande Déesse, la Société Hippique Française.
Armée de lois féroces, rétive aux jjrogrès. imposant ses statuts et ses programmes, toujours les n;êmes aux Sociétés de province qu'elle subventionne, elle voudrait s'adjuger le monopole des Concours.
SOCIETE llIPPIOUK FRANÇAISE III
Tant que j'ai nu une sur .^es [)istes, sans le moindre souci de mon intérêt personnel et du (|r.and-dira-t-on, j'ai guerroyé tant <|ue j'ai pu de la plume et du ])ec, contre ses insipides parcours de triples haie> à taquets ou d'obstacles en carton ; et surtout ctjntre son peu de souci des intérêts et des revendications des malheureux Habits Rouges, dont elle étouffait les murmures et garnissait la bourse avec des kilomètres de tiots de rubans, roses et gris.
Je dois reconnaître que nous avons obtenu dans ces derniLro années de notables an:éli( rations surtout dans l'augmentation des prix, et ilans la distribution des obstacles.
Mais (lu'il reste cnci re tle progrès à réaliser, d'abus à faire disparaître, d'innovations à créer, pour que nos réunions Françaises ne paraissent pas si ternes, si dénuées de sens et d'intérêt à côté de celles fie Tétranger ; je devrais dire à côté de la plupart des réunions des Sociétés privées de province, moins riches pourtant, mais c[ui font beaucoup mieux.
D'où vient le mal et cette marche à rebours du progrès?
De ce fait monstrueux, incroyable, unique dans les annales d'un sport ; que pour l'organisation de ses concours, pour la rédaction de ses programmes, pour la distribution et le choix des oljstacles, pour les progrès à réaliser, les nouvelles mesures à p.rendrc, la S. H. F. a toujours mis à l'écart les premiers intéressés, c'est-à-dire le Habits Rouges.
\"ous me direz cpie la Société Hippique Française est une Société d'intérêt public qui a pour but avant tout l'intérêt des éleveurs et l'amélioration de la race chevaline en France.
Sans doute, et en ceci sa tâche est fort belle et j'y applaudis des deux mains ; mais là n'est pas la question.
La Société Hippique Française fait le plus grand bien à nos éleveurs en distribuant annuellement /CO.coo francs de prix ou de primes ; mais elle oublie trop ceux à qui elle doit tout son succès, ceux sans lesquels elle ne saurait exister.
Que la S. H. F. tente donc l'essai d'un concours à Paris ou quelque part ailleurs en province, sans sauts d'obstacles, ni habits rouges, m uniformes, vous verrez le royal four, le joli résultat aux tournu|uets. le gouiïre béant à la recette?
Qu'il soit décrété en haut lieu un feu de joie de tous les obstacles oui seront (en ce siècle d'automobiles à outrance) remplacés