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Une quadruple rivière de deux mètres, à intervalle de trois mètres ! !
Cet obstacle n'a pas eu une bonne presse et certes il ne l'avait pas volé?
A cette critique si méritée de la monotonie et de l'uniformité de ses parcours, savez-vous ce que répond la S. H. F.?
Qu'elle ne peut, à cause des concours d'attelage, parsemer la piste d'obstacles naturels !
Détestable raison, puisqu'à Bruxelles, au Palais du Cinquantenaire, qui n'est pas plus vaste que notre Grand Palais, M. Dupuich nous présente chaque année la plus délicieuse piste d'obstacles de campagne que puisse rêver un amateur?
Les voitures évoluent tout à leur aise entre les brooks, les banquettes, les fossés, le bull-finch, et la difficulté de contourner tout cela sans accroc, n'en fait que plus valoir le brio des drivers bruxellois.
Bien mieux, le jour du prix du Roi, sans qu'il soit nécessaire de modifier quoi que ce soit, un escadron des guides vient rendre les honneurs à Sa Majesté le Roi devant sa tribune.
A Spa, où l'enceinte est infiniment plus petite que les deux précédentes, les four in hands galopent entre les obstacles à pleine allure.
De même à l'Olympia de Londres, qui est la plus exiguë des pistes actuelles.
En quoi deux ou trois fossés de 2 mètres de large au plus (et avec ces fossés on peut faire des brooks, des oxers, des passages de routes, des doubles rivières, etc., etc.), en quoi, dis-je, quelques lauriers en pots et des sapins de Noël formant de verdoyants bull-finch, ou d'admirables sauts de volées, si on les fait précéder de barre ou de barrière, empêcheront-ils les voitures de circuler tout à leur aise?
Les équipages en voient bien d'autres dans le Strand de Londres ou à Paris, rue de la Paix?
Voulez-vous une meilleure preuve encore, que c'est un mauvais prétexte invoqué par des gens qui ne veulent rien innover par craintt de faire des gafifes s'ils volent de leurs propres ailes, ou de recevoir des leçons de gens de métier, qui. si on les met systématiquement à l'écart, ne se laissent pas pour cela attacher la langue comme leurs chevaux?
Je disais donc que la preuve la plus indéniable de ce que j'avance est ce qui se passe au Concours de Vichy.
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Je ne connais pas en lùu-opc nn endroit mieux >itué, une piste plus belle, i^lus spacieuse, se prêtant mieux à la création de tous les c-bstacles à travers pays. D'un côté, pour les voitures et les présentations en main, une large route empierrée ; de l'autre, et bordant cette dernière, une ])iste (|uadrangulaire gazonnée.
Gazonnée ! i'ardon, je m'exprime mal, c'est un gazon qui oncques r^e vit herses, fumier ou nitrates, un paillasson qui crève de soif. Les temps sont durs et la S. H. F. doit faire des économies.
A \ icliy donc, < ù la S. H. F ne peut invoquer le prétexte des Concours de voitures, elle n'a jusqu'ici rien fait de mieux que dans ses autres réunions, et son aversion y est toujours la même pour les terrassements, pour la pelle et pour la pioche
Elle avait beau jeu pourtant d'édifier sur ce magnifique terrain des banquettes qu'elle n'avait plus de raison pour démolir et (|ui se Leraient consolidées et tassées d'année en année, de planter des haies naturelles de sapins et d'épines, de monter des contre-hauts, de creuser des rivières, des fossés, des passages de loutes de tous les modèles.
Je ne suis pas surpris t}ue la S. H. F. n'ait rien fait de mieux à Vichy (]u'ailleurs ; elle se plait à tourner dans son même cercle à rebroussepoils du progrès ; elle n'en sortira que le jour où un autre service sera chargé de la confection des obstacles.
Ce qui me surprend davantage, c'est que la municipalité bourbonnaise et son Casino n'aient pas encore compris tout l'intérêt qu'ils auraient à créer et à subventicimer un grand Concours Hippique International dans la reine des villes d'eaux du Centre.
Cette innovation serait assurée du plus franc succès, car. à vrai dire, il n'y a jamais eu que sur les affiches un Concours Internationalen France.
A part l'écurie belge de M. Lœwenstein, personne n'est venu de l'étranger monter au Grand Palais, et contrairement à Bruxelles, à vSpa. à Saint-Sébastien, Paris n'a jamais eu le plaisir d'applaudir les uniformes de diverses cavaleries d'Europe.
A'ichy est situé an cœur de la France, pas trop loin de l'Italie, qui est devenue un centre sportif de premier ordre, ni de l'Espagne, où les sauts d'obstacles font fureur.
A l'appel d'un beau programme, tous les cavaliers étrangers viendraient en France se mesurer à nos Saumurois et faire admirer le brio de leurs chevaux et de leurs nouvelles méthodes.
En plus des sportsmen, il y a toujours à A'ichy la ressource dé
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luniibreux C()sni()])()lites cjui soignent lenr estomac, s'il est malade, ou prennent ce commode prétexte de villégiature pour venir l'abîmer s'il est encore d'aplomb.
Ces convalescents ou ces joyeux seraient ravis d'une distraction nouvelle.
Cette année, la S. il. F. a fait un louable effort et lancé un beau programme; mais ce n'est pas assez pour attirer les étrangers, et nous voudrions voir la \ ille et le Casino venir à son aide pour faire beaucoup mieux.
Nous serions heureux de voir \"ichy créer queh-ue chose dans le genre de Spa, avec un programme de 125.000 francs de ])rix ; ce serait ■un succès sans le moindre risque d'aléa.
La A'ille offre une somme bien supérieure pour une seule journée de courses ; nous n'en demandons pas plus pour une quinzaine de concours.
Un prix de 100.000 francs pour une unique épreuve de course ne rapporte certainement ])as à la cité, en visiteurs et en argent, ce que lui procureraient deux semaines internationales, attirant une foule de civils et d'officiers d'Espagne, d'Italie, de Belgique, de Suisse, voire même de Russie, où, grâce aux remarquables sauteurs importés par M. Van de Poêle, la ]iassion des courses d'obstacles marche grand train.
Le propriétaire d'une écurie de course mord, sans doute, à l'appât de la forte somme à cueillir, et accourt avec son jockey, son entraîneur, son cheval, mais il file au plus vite avec totit son monde dès le lendemain tandis que les écuries de concours amènent beaucoup plus de chevaux, autant, sinon plus de personnel, font un plus long séjour, laissent par conséquent à la A'ille. aux commerçants, aux hôtels et au jeu bien plus d'argent.
Tant pis si je prêche dans le Sahara, maïs je suis convaincu que Vichy se féliciterait d'avoir essayé d'un grand Event International (i).
(i) A.U moment de I'impression db cet onvRAOE nous avons appris que l'eftort réalisé cette année au Concours de Vichy faisait partie d'un projet d'ensemble beaucoup plus vaste et analogue à celui que nous venons d'exposer.
M. Du Teil, le distingué président de la S. H. F., s'est heurté, au ministère de la Guerre, à des règlements formels et s'est vu refuser l'autorisation d'inviter, suivant son désir, les officiers étrangers à participer en uniforme à un grand Concours International à Vichy. On s'étonne que des règlements surannés empêchent, en France, des manifestations sportives qui ont tant d'éclat dans les pays voisins.
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La même remarque, encore accentuée. i)eut s"a])pliquer à Nice.
C'est l'apathie de la municipalité, fermée à la compréhension de ses véritables intérêts, (jui a empêché jusqu'ici le Concours Hippique qu'ont tenté d'organiser quelques sportsmen avisés.
Classement au train
A l'article premier du Règlement spécial des Courses d'obstacles, nous lisons ceci:
Le concours des chevaux sautant des obstacles n'est pas nue course proprement dite.
A l'article 9, un peu plus loin, nous lisons encore:
Si plusieurs chevaux concourant les uns contre les autres franchissent les obstacles avec un égal mérite, le prix est donné à celui qui a accompli le parcours de l'épreuve dans le moins de temps.
Voici une logique qui eût rendu jaloux Pascal et Descartes, n'est-il pas vrai?
Les concours des chevaux sautant des obstacles ne sont pas une course, c'est entendu; mais, en attendant, il n'y a pas un prix qui ne soit décerné à la vitesse ; puisque partout, à Paris comme en province, les parcours de la S. H. F. sont si mal compris et agencés qu'il yi a toujours un nombre incalculable de sans-faute.
Les épreuves d'obstacles de la S. H. F. ne sont pas un steeple, c'est compris ; mais pourtant l'infortuné propriétaire d'un très bon sauteur, qui ne galope pas comme un cheval de Derby, n'a d'autres ressources que de s'en défaire à vil prix.
Le Créateur avait cru bien faire en faisant naitre sur la mappemonde terrestre des chevaux de toutes allures pour mieux satisfaire les govits divers des humains, mais il n'avait pas compté avec la S. H. F. et ses statuts !
A mon sens, ce classement a le double défaut d'être faux et injuste.
Il est faux, car il n'est pas prouvé jusqu'ici qu'un cheval de chasse et de concours soit supérieur à un autre parce (|u'il a plus de train en abordant l'obstacle. La S. H. F. le reconnaît si bien elle-même qu'en tête de ses statuts elle prend grand soin de faire remarquer qu'il ne faut pas confondre un cheval de concours hippique avec un steeplechaser.
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11 est injuste, en ce sens qu'il avantage énormément les poids légers, ceux qui peuvent le mieux se permettre de monter 'des petits chevaux galopant vite et près du sang, et qu'il handicape terriblement un cavalier lourd, qui est tenu de choisir un type de sauteur en rapport avec son poids et sa conformation.
Ce classement bizarre n'est pas venu, tant s'en faut d'une conception sportive, admettant que mieux un cheval saute dans une plaisante action de galop, puis il fait montre de classe et, par cela même, affirme sa supériorité sur un partenaire galopant haut et lourdement.
Là n'est pas du tout la vraie raison.
Ce pointage original a été adopté, parce que le nombre des concurrents augmentant d'année en année d'une façon gênante, et la S. H. F. n'ayant pas, comme Josué, le don d'arrêter le soleil, elle ne savait comment, en une seule journée, arriver au bout d'un programme terriblement chargé.
En fin mars, le crépuscule est, en effet, si dense au Grand Palais, que les derniers partants ont peine à trouver leur monture quand sonne la cloche. Les chevaux ne voient plus les obstacles, le public distingue mal chevaux et cavaliers, et ces derniers ont une première chance de se rompre le cou.
Ici donc, avec le train dangereux à l'entrée de la nuit, la S. H. F. est en défaut quand elle met en avant son désir de ne pas causer des accidents pour éconduire ceux qui demandent du neuf et des obstacles de chasse. Cette chevauchée à tombeau ouvert est autrement périlleuse que la conception de quelques obstacles nouveaux et bien faits, qui seraient les meilleures éliminatoires.
C'est une chose inouïe de penser que les Habits Rouges n'aient pas encore mal pris la chose. Les départs son tirés au sort, c'est vrai, mais cela n'empêche pas que, lorsqu'il y a cent partants et plus, les vingt derniers, c'est-à-dire ceux qui courent après 5 h. 30. n'ont pas la plus petite chance, et. par-là même, sont gravement lésés dans leurs intérêts.
La seule et vraie raison du classement au train est donc l'obligation d'écouler dans une journée d'innombrables concurrents.
L'habitude en est prise, mais la preuve n'a pas été faite jusqu'ici qu'un sauteur soit supérieur à un autre, parce qu'il fait plus vite un parcours de i.ooo à 1.200 mètres au plus, parsemé d'obstacles tous les 50 mètres, avec des doubles et des triples, et ceci non pas en galo-