SOCIÉTÉ HIPPIQUE FRANÇAISE I
11 est évident que plus un propriétaire a de cracks engagés dans une grosse partie, moins il risque, en jouant au train, le tout pour le tout, puisqu'il a plusieurs chevaux pour couvrir son jeu.
Nous allons même plus loin; et nous ne faisons que signaler le vœu du plus grand nombre ; chaque écurie ne devrait pas avoir le droit de faire partir plus de trois représentants dans une même épreuve, et le même cavalier ne devrait pas avoir le droit d'y monter plus de trois chevaux.
Cette mesure existe en Belgique, ou du moins y existait encore dans ces derniers temps ; elle y était fort bien vue et nous devrions l'adopter.
Nous ne voudrions pas non plus que les règlements fussent aussi durs pour les écuries modestes, et qu'un bon cheval fut frappé de non valeur parce cju'il ne galope pas assez vite.
Le classement, fait exclusivement au train, est odieux, en outre, il est incompréhensible pour le public à qui l'on ne distribue pas de chronomètres aux tourniquets; aussi se désintéresse-t-il de plus en plus d'épreuves qu'il ne peut ni suivre ni comprendre.
Nous voudrions voir la moitié des épreuves courues au train, l'autre moitié classée au mérite et après barrage. Dans ce cas, le règlement deviendrait plus sévère pour le minimum de temps accordé pour faire le parcours.
11 faudrait toujours, que l'une au moins de nos deux grandes le Prix Mornay ou la Coupe fut décernée au mérite.
Les catégories enfin adoptées, les parcours pourraient être plus variés et plus sévères. Il n'y aurait jamais plus de trois ou quatre parcours sans faute ; surtout si des gens du métier ; veneurs ou anciens officiers, étaient un peu plus consultés pour les établir.
Ces trois ou quatre sans faute recommenceraient le parcours complet ou une partie seulement pendant la décision du jury; et pour la plus grande joie du public, qui pourrait enfin débrouiller quelque chose dans le mystère du classement.
Nous ne connaissons pas de spectacle plus mortellement ennuyeux que celui de la Coupe de Paris, qui est pourtant notre grosse épreuve nationale.
Il y a quatre ans, j'étais très malade et la première fois depuis 25 ans. n'étant pas en selle, je dus, tristement assis sur une banquette rouge, assister à l'ennuyeuse exhibition.
Lamentable. antis])ortif, lugubre, tous les qualificatifs de Mme de
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Sévigné n'arriveraient pas à donner une faible idée de la monotonie du spectacle!
-La Coupe se courait donc au traiu, coninie la fâcheuse habitude en est prise.
Dans les premiers partants, il y eut un parcours sans faute, à une allure folle, fait par Riquiqui, le merveilleux petit cheval du capitaine Bomi^ard. Ce fut alors un tableau à la Crafty, impossible à décrire, chacun courant à tombeau ouvert pour battre la vitesse du camarade.
Taquets et obstacles volaient en Tair; les Habits Rouges, le corps en avant et l'étrier chaussé court comme pour une arrivée de plat, semblaient des déments ayant perdu la voie des chiens, et voulant arriver coûte que coûte à un chimérique hallali.
J'avais, assis à mes côtés, deux sportsmen étrangers dont je comprenais la langue. Ils eurent tôt fait de déguerpir, écœurés de ce spectacle si étrange et complètement ahuris par cette équitation de steeple sur une piste fermée.
La S. H. F. cherche à gagner du temps; nous allons lui souffler à l'oreille un petit moyen bien simple.
A chaque nouveau parcours, le concurrent se présente, salue le jury, se fait expliquer le parcours, débite ou entend un boniment, en attendant que la cloche sonne ou que le public traverse la piste.
Le public traverse la piste, mais pourquoi la traverse-t-il? Cette promenade, où les jolies promeneuses maculent le vernis de leurs escarpins sur le sable mouillé de la piste, est-elle vraiment utile.'' Nous n'avons vu nulle part ailleurs qu'à l'aris cette présentation, sur le ring, du i)ublic des deux sexes ; et les épreuves une fois commencées, la S. H. F. gagnerait beaucoup de temps à faire passer son monde dans les bas côtés, comme cela a lieu dans toutes les autres réunions.
Xe serait-il ]ias infiniment préférable également que les cavaliers fissent leur entrée en ])iste, avec un numéro sur le pcitrail de leurs montures, correspondant au numéro du programme (et que chacun ])Ourrait voir sans (|u'il fût besoin d'un affichage).''
Ils commenceraient ainsi leur parcours sans perdre une seconde. comme cela se fait à Dul)lin.
L'adoption de ces deux mesures réaliserait une économie de plusieurs heures dans un après-midi, puisqu'il serait gagné au moins deux minutes par concurrent ; et le public -erait tmit de -^uitc fixe
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sur le nom des partants— qu'il a grand peine à déchiffrer sur les luintaiuj tableaux.
Pour la distribution des récompenses, nous voudrions voir équilibrer les chances de chacun.
Ceux qui n'ont pas les moyens de se payer des cracks de 20.000 francs et, qui sont en possession de sauteurs quelconques, seraient fort heuieux de leur faire gagner des prix à leur portée, et surtout de gros prix de consolation à la fin de chaque concours.
Les vieux champions se rattraperaient sur d'autres épreuves.
Que l'on ne donne plus jamais aux infortunés Habits Rouges cet afïieux crève-cœur de faire un beau parcours sans faute sur un cheval propre, bien mis, bien monté, pour se voir octroyer, pour tout régal, la cocarde de la S. H. F.
Ce flot de ruban qui coûte un louis a-t-il assez l'air de se payer votre tête et celle de votre cheval? Parce que vous avez été une demiseconde moins vite que votre partenaire avec un cheval de meilleure classe, souvent mieux musclé, mieux monté, vous êtes éliminé avec la maigre consolation d'être enrubanné.
Un parcours sans faute devrait toujours être récompensé d'une façon appréciable et tout au moins retirer son entrée.
V'^oici des années et des années que nous entendons émettre ce vœu; je le claironne une fois de plus aux quatre coins de France, espérant enfin le voir exaucer.
Si les parcours sans faute retiraient toujours leur mise, la Société Hippique aurait tôt fait de trouver un moyen peur en diminuer le nombre.
Je disais tout à l'heure que la S. H. F. n'était pas assez généreuse à l'égard des Habits Rouges. Des faits tout récents seront plus éloquents que ma parole.
Entre cent exemples que je pourrais donner et sans parler du concours de Bordeaux de cette année où dans une épreuve d'obstacles les mises excédèrent de beaucoup le montant des prix, je citerai le Prix de la Préservatrice du Concours de 1910 de Paris, où il y avait 107 inscriptions, soit 2.140 francs d'entrée, et où il a été donné 2.000 francs. Est-ce admissible?
Le Prix Saint-Georges, où il y avait 123 entrées et où il a été donné 3.000 francs de prix, c'est-à-dire où la S. H. F. a débourse 5J0 francs?
Après cela, il n'y a ])lus qu'à tirer l'échelle!
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Nous avons gardé pour la fin le gros morceau, le plus indigeste ; celui de l'article premier:
(( A'(' sont plus qualifiés pour les épreuves d'obstacles réservées aux chevaux français et internationales de la Société Hippique Française et des Sociétés subventionnées par elle:
I" Les chevaux ayant pris part à des épreuves d'obstacles civiles de Concours Hippique pendant la durée du Concours Hippique de Paris.
2" Les c/icivux ayant pris part à des épreuves civiles de Concours Hippique pendant la durée d'un des cinq Concours de Province de la Société Hippique Française, dans un rayon de 400 kilomètres de l'un de ces cinq concours. »
La plus mordante critique que l'on puisse faire de semblables mesures, est de les étaler en pleine lumière sans commentaire.
C'est un peu comme si un épéiste de la Salle Ayat se voyait consigner les planches de sa propre salle pour avoir tiré dans une poule d'épée au Cercle Hoche.
Comme si Enghien et Alaisons-Lafhtte défendaient leurs gazons aux chevaux de Longchamp, comme si les guichets du Théâtre Antoine étaient fermés à un abonné du Français ; comme si le chasseur de chez X'oisin vous claquait sa i^orte au nez pour avoir été souper au Café de Paris !
La Société Hippique Française est tellement convaiiicue ellemême du mal fondé de cet essai de trust, qu'ayant une fois, paraît-il, appliqué cette mesure au cheval Abricot, elle a. l'année suivante, proclamé l'amnistie!
Sociétés de Province
En dehors de la Société Hippique Française, plusieurs Sociétés privées se sont constituées en Province offrant chaque année aux amateurs du cheval des réunions charmantes, et aux concurrents des prix qui vont toujours en augmentant.
La ])lupart des municipalités et des casinos ont compris qu'en favorisant les concours d'obstacles, ils travaillent fxmr eux, attirent ainsi une foule d'étrangers et enjolivent le séjour de leurs stations estivales, en même temps qu'ils encouragent l'élevage du cheval de la région.