CHAPITRE XI
T)u Concours Hippique à rEtranger
Les Concours de Belgique : de Bruxelles,
de Spa. -- Le T^oyal Horse-Show de
Dublin. -- Les Concours
d Espagne et d'Italie. -- Le Concours
de l Olympia de Londres
Concours de Belgique
Nous le disions aux premières pages de cet ouvrage et nous sommes heureux d'avoir à le répéter encore, c'est à la Belgique cjuc revient le grand honneur d'avoir été le boutte-en-train, le grand leader du Sport Hippique. Des sportsmen distingués, tels que \l. le comte d'Oultremont, et son infatigable secrétaire, M. Dupuich, ont inauguré, au Palais du Cinquantenaire, d'inoubliables fêtes du cheval: réunions civiles, raids ou championnats du cheval d'armes.
Xous ne saurions assez rendre hommage à leur inlassable dévouement à la cause que nous avons tant à cœur.
'Nous n'oublierons jamais leur prévenance pour le moindre de nos désirs, la bonne installation et les soins méticuleux qui étaient donnés à nos chevaux, l'hospitalité si cordiale que nous étions toujours sûrs de rencontrer pour nous-mêmes.
Les snobs de ce monde où l'on s'ennuie, où l'on brûle la vie à la vapeur comme si on avait hâte d'en voir la fin, prétendent c|u'une journée passée à l'Hippique vaut tous les soporifiques du monde?
S'il s'agit de Paris, hélas! nous ne pouvons qu'être de leur avis.
134 DU CONCOURS Hippiouii A l'jîtkaxgiîr
.\ la fin de mai, entre deux confortables express, s'ils veulent bien aller passer l'après-midi dans la cité bruxelloise, ils ne regretteront pas leur déplacement et reviendront avec une toute autre idée.
Ils verront, à Jlruxelles, une organi.salion hors ligne, une piste mœlleuse duvetée de sable fin, où des obstacles de campagne verdoyants et variés se dressent au milieu de mosaïques et de massifs de fieurs multicolores.
Ils verront de jolies .toilettes s'étalant dans de coquettes loges enguirlandées de roses, un public enthousiaste qui regarde et qui peut voir, qui s'intéresse et qui peut suivre la lutte ; toutes émotions interdites à l'infortuné Parisien du Grand Palais.
Ils applaudiront les meilleurs cavaliers d'Europe franchissant de gros obstacles de chasse, sans plus s'y casser les reins que dans les concours de France.
j\I. Dupuich, le sympathique secrétaire de la Société Royale Belge, a l'art sans égal de donner à ses jolis fence un aspect coulant et sautant.
Le cavalier ne s'aperçoit qu'ils sont durs (|u'en se retrouvant de l'autre côté. C'est le comble de l'art en la matière.
Gloire à la Belgique pour nous avoir arrachés à notre routine, à notre apathie, à notre torpeur sportive. Elle a montré qu'il existait à travers pays d'autres obstacles que la tri])le haie de genêts à taquet de bois. ... que le mur gcâteau monté et l'insipide douve mal faite, précédée de ses ridicules brindilles.
Gloire à la Belgique, pour n'avoir point oublié les officiers de France, après avoir comblé de faveurs ses Habits Rouges ; pour avoir inauguré ses splendides championnats du cheval d'armes, faisant ainsi vibrer à l'unisson notre fibre sportive et militaire.
Elle créa le raid d'Ostende d'inoubliable mémoire. Si. elle fut un peu trop sévère, la rude chevauchée sur la route empierrée de Bruxelles à Ostende, c'est (|ue l'on manquait encore de données sur l'endurance maxima sur route d'un cheval portant du poids; elle n'en fit juis moins naître cette noljle émulation, qui s'est propagée depuis lors au galop de course, dans toutes les cavaleries d'Europe.
Il eut ses critiques, le beau raid! Criticiue de gens simples qui voudraient que l'on fît des omelettes sans casser des œufs ; critique de Sociétés protectrices de la vie des bêtes, qui ne comprennent pas que, s'il faut des victimes humaines pour consacrer les progrès de la