LE MUR DE PIERRE '' ST0NB;-WALL A DUBLIN
]\Ion ancien cheval Bistouri, est, je crois, le seul cheval français à l'avoir jamais gagné.
Le champion Stone Wall est un énorme mur, terriblement large à sa base, construit en galets de mer ronds et superposés.
Le premier tour débute à i'"50 environ; puis viennent les éliminatoires, le mur étant surélevé à chaque fois par un nouvel étage de pierres.
Les cinq années où j'ai eu la bonne fortune d'assister à ce beau
140 r)U CONCOURS IIIPPIOUK A I.'ÉTKAXGER
jump, je ne l'ai jamais vu gagner à plus de i'"95: janiai> je n'ai vu le saut atteindre deux mètres.
Mais, pour rester très au-dessous de la hauteur de nos championnats d'Europe (dont le record a été établi par le capitaine d'artillerie Crousse, passant la barre au Concours de J'aris à 2'"35 sur le célèbre Conspirateur), cet énorme mur, qui se dresse menaçant au milieu de la prairie, a un aspect autrement terrifiant pour le cheval, autrement impressionnant pour le cavalier, que celui de nos petites barres de championnat, qui sont arrangées de façon à tomber facilement et à être le moins dangereuses possibles.
Le spectateur est gagné par l'émotion de voir aborder à plein train ce formidable Wall, qui, par sa masse et ses abords, paraît encore plus gros qu'il ne l'est en réalité.
La monte des cavaliers est fort intéressante à suivre.
En Irlande, comme en Angleterre, du reste, et contrairement à ce qui se passe en Italie, en Espagne, en Russie, en Belgique, en France, fort peu de gentlemen pilotent eux-mêmes leurs sauteurs qu'ils confient à des hommes d'écurie.
Les lads d'Irlande montent dès leur plus jeune âge, comme ceux oui font l'entraînement dans les écuries de course.
Ceux d'Irlande montent comme leurs chevaux sautent ; ils montent de race ; si l'on peut critiquer la main durcie par les rudes labeurs de l'écurie, il faut reconnaître qu'ils ont en dressage et à la cliasse des cabochards et des insoumis sur lesquels feraient piteuse mine bien des écuyers d'école.
Vissés sur leur selle, sachant réparer avec les mollets et la fixité ce que le doigté peut avoir de défectueux, ils possèdent une assiette impeccable, un tact infini du cheval, un brio endiablé, quelcjue peu fait de gin et de whisky.
Une agréable diversion est offerte au public par le concours des poneys qui, montés par de tout petits boys, grimpent les plus grosses banquettes dans un rush fort amusant.
Nous avons souvent exprimé le regret que rien ne soit fait chez nous pour les petits chevaux. C'est fort dommage, car, sans parler de nos colonies déjà citées, nos départements du Gers, du Médoc et de
DU CONCOURS HIPPIQUK A L EÏRANXER I41
la Bretagne en élèvent d'excellents qui gagneraient cà être plus connus.
La S. H. F. sollicitée ])ar nous à leur sujet nous a donné d'excellentes raisons pour s'abstenir. C'est grand dommage, car ils