CHAPITRE III
et qui était précisément celui qui embouchait le mieux son cheval tireur, vint un jour me trouver pour me dire que ce mors n'empêchait nullement le cheval de lui arracher les bras; je vis que cela provenait non du mors, mais de la manière dont il était ajusté. Je le plaçai d'une façon convenable et, cinq minutes après, le propriétaire me disait : a Mais je ne reconnais plus mon c cheval, tellement il est léger à la main, d
« Je donne ici la forme de cet excellent mors... et la façon de s'en servir! Il se compose essentiellement d'un mors droit ordi-
naire, avec un immense passage de langue de onze centimètres de hauteur, appelé gorge de pigeon.
a La majeure partie des chevaux que l'on achète à un certain âge, ayant habituellement été menés par de mauvais cochers, ont les barres absolument insensibilisées : il faut donc, pour les avoir légers à la main, trouver le moyen de faire porter le mors sur une surface vierge : mon mors, précisément, remplit le but cherché. »
Voici un autre moyen, préconisé par le même auteur, pour « tromper » le cheval qui tire :
« Vous décrochez la gourmette d'un côté, vous la passez autour de la muserolle et vous la raccrochez un peu serrée. De cette façon, elle porte sur une partie vierge, empêche le mors de jouer aussi facilement et rend le cheval plus souple.
« Je connais des gentlemen de toutes nations qui me disent que mes chevaux sont agréables à conduire et qu41s sont bien embouchés, car j aï souvent des chevaux coquins, ayant de mauvaises bouches ; mais je les ajuste de telle sorte que les dames peuvent les conduire. »
Combien Howletta raison! L^ajustage bien fait transforme un mors, que Ton croyait mauvais, en un mors excellent. Mais, à mon avis, le meilleur des mors de voiture (et de selle) pour les bouches fortes est bien le mors Swales, dont on trouve la description dans : Le cheval^ soins pratiques.
Barres à sensibilité inégale, — Nous avons indiqué plus haut le moyen : boucler au banquet la guide du côté où le cheval est le plus sensible, c*est-à-dire du côté où il tourne la tête en marchant appuyé sur la main. De l'autre côté, au contraire, boucler plus bas.
Travailler le cheval sur les changements de cercle.
Chevaux qui forgent, se coupent, buttent^ etc. — Voir, pour ces différents défauts : Le cheval, soins pratiques, du même auteur. Ne vous pressez pas d'accuser vos chevaux d'un vice de conformation; une voiture trop lourde, le manque de condition, une main trop dure, des guides trop flottantes, une mauvaise conduite, en un mot, sont la cause de ces accidents, qui disparaîtront aussitôt que votre cheval sera passé en de meilleures mains, ou que vous aurez corrigé votre ignorance ou votre maladresse (i).
Cheval peureux. — Le cheval, bien dans le mouvement en avant, passera tout de même auprès de Tobjet
(i) Voir ci-contre la planche concernant les guêtres protégeant les jambes des chevaux.
Guïtre de genou. Guêtre de tendon et de boutet.
DIFFÉRENTES GUÊTRES PROTÉGEANT LES JAMBES DES CHEVAf