CHAPITRE VII
exigeant, au cours du dressage, que le cheval cherche la main au lieu de la fuir, ce qui arrive presque toujours avec les gentlemen et les cochers inexpérimentés.
Le remiser est un reculer continu, jusqu'au point où il est convenable d'arrêter la voiture. Le terme vient de ce que, dans certaines occasions, le cocher rentre à reculons son véhicule dans la remise où on détellera le cheval.
Il sert aussi, surtout dans l'attelage à deux, à tourner dans un endroit trop restreint pour exécuter un tourner franc, même de pied ferme; ou encore pour remiser la voiture sur le même rang que d'autres qui attendent, pour sortir d'une file, etc.
Il y a plusieurs sortes de remisers : direct, oblique, circulaire.
La retraite oblique ou remiser oblique sert pour aborder un point quelconque dont on ne peut s'approcher autrement qu'en reculant.
La retraite circulaire et la retraite oblique servent surtout pour l'attelage à deux.
Nous en parlerons au chapitre concernant cet attelage.
Maniement de quatre guides four conduire un cheval. — Les deux guides, bouclées au filet et qui servent réellement à conduire, sont placées sur l'index et le second doigt de la main gauche. Les guides de sûreté sont sur le troisième et le quatrième doigt. La main droite opère ses changements, ses raccourcissements de guides, comme il a été dit plus haut. Les deux guides de sûreté restent toujours dans la main gauche, où le cocher les raccourcit au besoin avec sa main droite, l'une après l'autre, ou toutes les deux à la fois, en les prenant en avant de la main gauche^ ou enfin par le raccourcissement par derrière,
io6 DRESSAGE ET MENAGE
que nous avons décrit pour l'attelage à deux et à quatre. Lorsque les chevaux, devenus trop lourds à la main, ont besoin de l'emploi du mors, la main droite vient se poser sur les guides de sûreté et en fait sentir l'effet simultanément, ou quelquefois même n'agit que sur un seul cheval, celui qui montre le plus d'action et de résistance à la main.
Beaucoup de gens croient faire montre d'un grand savoir en conduisant leur modeste o bourrin » à quatre guides ; on s'imagine aussi que cette conduite nous amène facilement à celle du « four in hand » ; c'est là une grave erreur.
« L'usage des guides de sûreté, dit le marquis de Mauléon, doit être très restreint. On doit se borner à les employer pour des chevaux dont les bouches sont égarées à la suite de ménages défectueux, ou pour les chevaux très chauds qu'on soulage en changeant les points de contact du mors sur la bouche. »
En tout cas, ces guides supplémentaires devraient être de la même largeur que les autres pour ne pas glisser dans les doigts.